Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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 Au bord du gouffre

 
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Jason Winchester
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Au bord du gouffre - Sam 14 Fév 2015 - 19:36
Rien… Plus rien… Il n’avait plus rien. Il n’aimait plus rien. Il n’était plus rien… Il n’était qu’une épave échouée au fond d’un gouffre. Une épave qui avait la décence d’essayer de le cacher à ses amis, mais une épave quand même. Il ne parlait plus à Marco (la seule personne en qui il avait vraiment confiance, excepté Kathleen) à cause de ce qu’il avait appris, sur ses pouvoirs et sur ce qu’il pouvait faire. Il lui en voulait de ne pas avoir pu sauver Kathleen… Et à cause de lui… À cause de ces créatures… Elle était morte. Elle était morte à New York. Égorgée, vidée de son sang… Il avait tout appris. Il avait tout su. Il avait frappé, il s’était débattu pour savoir la vérité et il avait été mis en détention… Mais au moins, il avait appris la vérité.

Elle n’avait juste été enlevée… Elle avait été enlevée, séquestrée, torturée et sa gorge tranchée et son corps laissé, sans cérémonie, à l’intérieur d’un des buildings dévasté de New York. Sa belle Kathleen… Morte… Il ne la reverrait plus.


Il marchait dans les rues, tel un zombie, essayant de s’éloigner de cet appartement lui rappelant tant de mauvais souvenirs. De cet enfant lui rappelant sa dulcinée, son âme sœur, sa moitié… Qui le détruisait un peu plus chaque jour, en se disant que, s’il n’avait pas été là, peut être que Kathleen serait encore là… Mais il savait que c’était retourner sa colère contre quelqu’un d’autre. Il n’avait personne à blâmer, autre que lui. C’est lui qui aurait pu sauver Kath s’il avait été plus réactif. S’il avait été plus rapide, il aurait pu plaquer l’homme et le frapper jusqu’à ce qu’il tombe inconscient.

Ruminant ces idées, Jason marcha dans Londres, sans but précis, finissant par arriver à l’une des emblèmes de Londres, le Tower Bridge. Il avait toujours aimé y venir. C’était un endroit important dans l’histoire de Londres, puisqu’il agit en tant qu’un des liens les plus important entre les deux rives de la Tamise, de la ville. Mais aussi son aspect historique (comme une grande partie de la ville en fait) avait toujours attiré Jason. Il s’était renseigné, il s’était questionné, il avait fait ses recherches. Et il n’avait cessé d’être surpris.

Mais pour l’instant, il n’y pensait pas. Il pensait surtout à ce que ce pont lui offrait. Un espace en hauteur, d’où il était facile de sauter. D’où il pouvait tout finir. Arrêter de se lamenter. Arrêter de souffrir. Et, par-dessus tout… Être de nouveau près de Kathleen…

Il s’appuya sur le rebord du pont et il soupira, en observant l’eau couler et les péniches et bateaux mouches circuler lentement sur la Tamise, sous le ciel lourd de pluie, si caractéristique de Londres. La journée semblait parfaite pour ça. Pour un suicide. On aurait presque dit que le monde avait tout préparé pour qu’il en finisse une bonne fois pour toutes.
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Re: Au bord du gouffre - Ven 20 Fév 2015 - 0:01

Ciel gris


Ce cauchemar incessant depuis le début de sa nouvelle vie continuait de le perturber cette nuit encore. C’était toujours le même scenario, toujours la même chose avec des détails en plus qui était de pire en pire. Si au début il voyait Emma se couvrir de sang maintenant il la voyait se désarticuler allant même jusqu’à se démembrer. C’était insupportable pour lui. Revoir celle qu’il aimait mourir chaque nuit de manière de plus en plus atroce, lui semblait être quelque chose d’insurmontable. Il n’avait toujours pas accepté sa mort et ne comprenait toujours pas pourquoi c’était lui et non elle que Deus avait choisis. Le destin funeste et inéluctable s’imposait ainsi aux hommes. Peut-être que tout cela était sa destinée ou il avait tout bonnement attiré sur lui la curiosité de la haute divinité, maître de tout, sans savoir pourquoi.
Ethan ne se trouvait pas exceptionnel, c’était même tout le contraire. Il se trouvait faible, trop frêle pour devenir une divinité à part entière. La conversation qu’il avait eu avec Priam ne faisait que le hanté. Il c’était découvert cette nuit-là. Un nouveau lui avait commencé à se forger et ce nouvel être devait surpasser l’ancien afin de devenir meilleur. Il n’était pas là question d’abandonner son humanité mais de prendre conscience de ses faiblesses et de tout faire pour les améliorer. Cette nuit alors que le soleil n’était pas encore levé, les draps lui collant au corps et la sueur coulant de son front, il se rendit compte que sa faiblesse était ses cauchemars. Il se devait d’accepter la mort d’Emma. Cela faisait si longtemps qu’elle était partit pour l’autre monde. Un univers qu’il espérait meilleur que celui dans lequel il était. Il n’y avait cependant peut-être aucun paradis. L’idée lui avait de nombreuse fois traverser l’esprit mais il essayait de ne pas si attacher. Il devait garder le minuscule espoir que sa chair et tendre était dans un monde définitivement meilleur. On cherche tous à se cacher derrière cette idée d’un autre monde ou une autre vie nous attend. Si les gens savaient seulement qu’il existait une voie menant jusqu’à l’académie des dieux. Il y avait bien une douce ironie à tout cela. Ethan aurait presque envie de dévoiler la vérité à un prêtre pour voir ce qu’il en penserait.

Il se leva se passant une main dans les cheveux. Ils étaient poisseux. La sueur de son cauchemar était toujours là. Il fallait qu’il gagne son combat contre son Emma onirique. Il ne pouvait pas vivre toute sa vie comme ça à se réveiller en plein milieu de la nuit transpirant et tremblant. Il fallait que cela cesse il devait faire son deuil. Il ne voyait comme seul moyen de parvenir à ses fins que de retourner sur les lieux de l’accident. Revivre la scène une dernière fois dans le monde réelle et non onirique. Etait-ce vraiment le bon moyen pour faire son deuil ? Il n’en savait strictement rien. Autant essayer.

Il venait de prendre sa décision. Un passage à la salle de bain afin de paraître un peu moins perturbé par sa nuit, un tour par l’armoire pour s’habiller, et il fila droit vers le port de l’académie. Il faisait encore nuit, il devait être trois ou quatre heures du matin, il ne savait pas vraiment et n’avait pas regardé le réveil, mais par habitude il savait que c’était dans cette tranche horaire que son cauchemar cessait. Il fut contraint de réveiller l’un des passeurs qui grommela de façon incessante. Ethan n’en avait cure il n’était pas là par plaisir mais par nécessité et ses deux pupilles rouges sang avaient de quoi dissuader quand elles se mettaient à lancer des éclairs. Et c’était bel et bien le cas cette nuit. Le vieux passeur ne mit donc pas longtemps à prendre son poste pour aller sur le chemin du monde des hommes. Ethan se rappelait être déjà passé par là avec Rain. Cette dernière incapable de ressentir des émotions n’aurait jamais à ressentir le même mal être que lui. Il y avait au moins un avantage à ne pas être affublé d’émotion mais on perdait tellement en contre-parti. Le jeune poussa un soupire tout en resserrant son écharpe autour de son cou. Il était véritablement déboussolé et cherchait à se retrouver. Comment pouvait-il devenir plus fort si les remords de sa vie humaine ne faisait que le hanté ? C’était une question bien difficile.
***

Londres le berceau de la vie humaine d’Ethan. C’était étrange pour lui de se retrouver dans ses rues qui lui était si familières. Le passeur ne c’était pas fait prier pour le déposé et partir le plus vite possible loin de l’apprenti dieu. Sans doute enverrait-il quelqu’un d’autre pour venir le chercher. Il fallait avouer qu’il n’avait pas été le plus agréable des passagers. Les lèvres closes, le regard perdu dans le vague allumé par une détermination froide il avait tout d’un psychopathe en puissance prêt à commettre un génocide. C’était étrange de le voir ainsi lui qui était la gentillesse même, une figure innocente, pourtant il changeait. La chenille laide devenait majestueux papillon. Pour lui c’était autre chose. Là où le papillon était gracile lui n’était que froideur et détermination. Petit à petit il prenait conscience de ses armes, des qualités de son don. Il devenait un dieu, celui qu’on s’imaginait froid et calculateur faisant souffrir l’humanité pour la renforcer.

Le bas de son visage caché par son écharpe il arpentait les rues tandis que le soleil commençait tout juste à se lever. La vie commençait à s’éveiller dans les mêmes instants, comme si la lumière avait toujours eu cet effet. Le soir venu une vie nocturne s’animait tandis que quand le disque solaire commençait à revenir elle s’éteignait pour permettre à un autre type de vie de s’éveiller. Les deux revers d’une même pièce coexistant en des temps différents. Les émotions des londoniens coulaient en Ethan comme il en avait pris l’habitude à chaque fois que son regard se portait quelque part. Il y avait beaucoup de sentiments différents, quelque fois il ressentait de la colère sourde et parfois une envie d’éclater de rire. Il était toujours aussi dur pour lui de faire la part des choses entre ses propres ressentit et ceux des autres. Aujourd’hui c’était toute fois plus simple car son cœur était séré par des émotions fortes et oppressantes. L’image d’Emma s’imposait de plus en plus à son esprit à chaque pas qu’il faisait dans la direction fatidique qui lui avait coûté sa vie. Etrange sensation lui donnant l’impression de faire un pèlerinage macabre.  

Southwark Park le lieu du rendez-vous mortel. Là où sa bien aimé se rendait avant de perdre la vie. Là oui il lui avait dit de venir pour son anniversaire en souhaitant lui déclarer son amour. Là où sa vie humaine avait pris fin en même temps que la sienne. Triste histoire que la sienne, celle d’une vie misérable où il fut toujours la victime. On aurait pu y voir une romance tragique digne de Roméo et Juliette mais il n’en était rien. Ethan n’avait jamais déclaré la flamme qui brûlait en lui pour Emma, le destin lui arraché cette possibilité en même temps que son cœur. Il arpentait donc le parc en cherchant à oublier les tourments qui l’habitait. La vie c’était quelque peu animé, il y avait très peu de gens pour parcourir les allés mais les écureuils gris étaient quant à eux présent courant en tous sens. L’apprenti dieu se rappelait que tout jeune il les nourrissait  avec l’autorisation d’une de ses nombreuses nounous. Un des rares souvenirs chaleureux de son enfance qu’il avait passé enfermés dans une maison vide. Emma avait toujours été là pour égayer ses moments solitaires comme la lumière d’une bougie au cœur des ténèbres. Maintenant elle n’était plus. Il devait se l’admettre.

Son regard tomba par hasard sur le banc sur lequel il avait attendu le jour du drame. Il s’y installa comme il l’avait fait ce jour-là. Il attendait ainsi figé sur ce banc de pierres blanches. Il ne savait pas ce qu’il attendait. L’apparition d’un fantôme ? Une vision ? Un souvenir ? Rien il n’en était rien, il ne se passa rien. Il était forcé de constaté que même ici il n’était pas capable de l’oublier, de faire son deuil. Elle avait été sa vie en un sens et il était mort dans l’espoir de la retrouver. Privé de lumière il ne pouvait plus vivre. Il avait attendu quelques jours avant de se donner la mort. Il avait assisté à son enterrement, sa mise en terre, alors que sa famille le regardait avec des regards qu’il sentait accusateur. Y était-il pour quelque chose ? Il se le demandait toujours. Peut-être devait-il arrêter de se poser la question… Le destin l’avait arraché à lui et à sa famille tandis que ce même destin avait fait de lui une apprentie divinité amené à diriger les hommes un jour. Les diriger vers quoi il n’en savait toujours rien mais il savait que c’était sa responsabilité et qu’il comptait bien l’honoré.

« Elle est morte, morte. Tu n’y peux rien. Accepte le putain ! »

Il avait beau ce le formulé cela ne changeait pas grand-chose. Il savait déjà tout ça mais ne comprenait toujours pas pourquoi elle revenait le hanté chaque nuit. Etait-elle là pour lui montrer sa culpabilité ? Lui délivré un message de l’au-delà ? Aucune idée. Il était perdu, il était seul…

Il se leva décident que s’en était assez. Rester ainsi dans ce parc ne changerait rien à son problème, il était tout bonnement incapable de renier ce qui le faisait souffrir. Accepter sa souffrance pour en faire une force, ça semblait si facile dit comme ça et pourtant c’était loin d’être le cas.

Ethan se mit à errer de rue en rue, sans véritablement faire attention. Ses sentiments étaient bouleversés sans dessus dessous. Il essayait de trouver une contenance en examinant les émotions des autres mais c’était peine perdu. Son déchirement intérieur semblait trop grand.

Le Tower Bridge icône architecturale vivante de Londres. Ses pas l’avait donc conduit ici vers ce lieu presque mythique qu’il avait arpenté de nombreuse fois à pied ou en voiture. C’était drôle comme l’eau était noire, comme le ciel qui s’assombrissait de minute en minute. Il allait pleuvoir encore et toujours. Les péniches et bateaux mouches circulaient inlassablement sur l’eau comme un balais sans fin. Il en avait toujours été ainsi, depuis des lustres. Le temps avait beau passé certaines choses étaient immuables, comme la tristesse qui semblait l’assaillir. Pourtant il ressentit quelque chose d’étrange, d’inattendu. Son regard se posa sur un homme blond accoudé au bord du pont contemplant l’eau tout en bas. Rien d’extraordinaire plein de personnes faisaient cela et ça n’aurait pas due attirer son attention. C’était sans compter sur ses capacités extrasensorielles qui étaient toujours active lui provoquant toujours les mêmes maux de tête incessants l’obligeant à se droguer à l’aspirine et autre substance.

Les émotions du blondin étaient fortes extrêmement puissantes. Elles submergés les siennes de manière presque égale. Il ne le sentirait pas dans toute sa chair qu’il ne l’aurait pas cru possible et pourtant c’était le cas. Leurs émotions étaient presque semblable bien que plus fraîche et donc plus saisissante de violence dans le cas du londonien. Ethan du stopper sa marche à quatre mètre de l’inconnu pour reprendre le contrôle de son don et retrouver ses propres sensations. Il y avait du bon et du mauvais à être une éponge émotive et c’était dans des cas comme celui-là qu’il devait prendre garde à ne pas sombrer.

Le fait est qu’il comprenait que trop bien ce flux d’émotion et qu’il savait aussi ce que cela pouvait avoir pour conséquence. Agrippant son écharpe il se mit à regarder par-dessus la balustrade fixant l’eau sombre en bas. Cela faisait une sacrée hauteur, un lieu idéale pour… en finir avec sa vie. Il y avait pensé quand il en était venu à cette extrémité, mais avait préféré se pendre avec sa ceinture suite à un nouveau commentaire d’internaute tout aussi blessant que les autres. Il n’avait trouvé aucune aide pour le sortir de sa tempête intérieur. Devait-il intervenir auprès de cet humain ? Question simple et réponse qui devait l’être tout autant. Il ne sentait rien de méchant en cet homme, rien indiquant que son âme était pourris par la noirceur. Pourquoi ne l’aiderait-il pas alors ? Peut-être car il ne s’en sentait pas capable. Il n’arrivait pas à faire son deuil alors aidé quelqu’un à faire le siens c’était encore plus dur. Mais le blondin contrairement à lui n’aurait peut-être pas la chance d’avoir une seconde vie. La vie était précieuse et même si son sens nous apparaît obscur il ne faut pas la gâcher.

Ethan soupira. Sa décision était prise. Il s’avança donc vers le géant devant lui, car en plus d’être blond l’homme était immense environ deux mètres. Il faisait pâle figure à côté mais quand bien même leurs conditions étaient bien différentes. Ethan avait été humain mais il ne l’était plus, comme cette ville qui avait été la sienne ne l’était plus vraiment désormais. Elle était comme une carte postal vivante, un souvenir remisés au placard rien de plus et rien de moins.

Il se plaça à côté du géant s’appuyant à son tour sur la rambarde en fixant l’eau et les bateaux mouches en contre-bas. Le blondin c’était retourné sur lui, surpris sans doute que quelqu’un s’approche ainsi pour le coller. Pénétrer l’espace vital de quelqu’un pouvait s’avérer dangereux mais Ethan n’en avait cure. Il dit alors quelque chose d’énigmatique et sans doute d’inattendu pour des oreilles humaines :

- C’est une belle journée pour mourir, le temps est triste et la chute semble assez grande pour tuer.

Trouvant un petit caillou au sol il le prit et le laissa tomber dans le vide comme un enfant ayant trouvé un nouveau jeu

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Re: Au bord du gouffre - Sam 23 Mai 2015 - 15:53

Acceptation




Le géant le fixa d’un étrange regard. Il était surpris. Qui ne le serait pas ? Ethan avait formulé tout haut ce qu’il pensait véritablement. L’apprenti dieu était sans doute le seul à pouvoir faire cela car il avait ressenti la même chose. Il l’avait vécu, ce moment fatidique ou son âme n’appelait qu’à sortir de son misérable corps et de sa vie pathétique. Le désespoir profond d’un humain qui ne possède plus rien. L’envie de mourir pour la retrouver. C’était naturel de se laisser gouverner par son chagrin et se donner la mort n’était qu’une des nombreuses fins logiques. Cependant les humains ne savaient pas qu’il y avait des chances qu’ils ne rejoignent pas les êtres aimés. Ils ne savaient pas qu’il existait une académie « d’élues » appelés à devenir des Dieux. Ils ne savaient rien. L’humanité toute entière n’était qu’un enfant à qui l’on apprenait a peine à marcher et à parler.

Ethan avait conscience de tout cela car il voyait cet autre côté de la situation. Si le monde était une pièce lui aurait été pile tandis que le blondin aurait été face. Ils vivaient tout deux sur des plans d’existences différents mais dans un même temps. L’un savait beaucoup de chose tandis que l’autre les expérimentées. L’apprenti dieu avait l’envie de le guider, de le mettre dans un chemin qui ne comporterait pas les mêmes obstacles que le sien pour ne pas qu’il endure les mêmes souffrances.

- Tu as le visage d’un suicidaire avec tes traits tirés et tes marques d’insomnies. Je connais que très peu de chose capable de transformer un homme en épave et l’une d’elle est un amour profond et arraché. Je ne sais pas si tu crois à toute ces religions dont on fait la propagande mais il y a peu de chance qu’en sautant ici et maintenant tu la retrouve.

Ethan perdit son regard sur les bateaux mouches passant en bas. Etait-il une épave tout comme le blondin qui se laissait portée par le destin tel un cours d’eau ? Il se le demandait soudainement alors que son nouvel ami ne disait pas un mot et se contentait de mettre les mains dans les poches tout en regardant lui aussi le fleuve en contre-bas. L’apprenti dieu n’osa pas le regarder mais il savait par son don que la profonde tristesse qui assaillait pour l’heure l’humain était en train de lui faire couler des larmes le long de ces joues. L’homme se voulait fort mais il ne l’était pas. Personne ne pouvait résister à un tel chagrin et c’était bien cette raison qui poussait tant de gens à se tuer ou à devenir de véritable légume. L’humanité était peut-être en perdition mais les apprentis dieux n’étaient-ils pas là pour ça ?

- J’aurais pu la sauver… Je suis pas arrivé à temps.

La voix du blondin était emprunte d’une tristesse déchirante. Ethan tourna vers lui son regard de braise et sentit aussitôt cette puissante tristesse l’assaillir et le submerger. Ce sentiment qu’il ne connaissait que trop bien était en train de le faire couler en même temps que cet humain. Il réussit à détacher son regard du géant mais se fut avec beaucoup de difficulté. Il prit son temps, respira lentement et chercha à retrouver le contrôle de ses propres émotions. Il ne savait que trop bien ce que ressentait cet homme. Il l’avait vécu lui aussi. Il avait perdu Emma et n’avait pas réussi à la sauver. Tout était sa faute. Voir devant lui quelqu’un ressentir la même chose lui donnait l’impression de se regarder dans un miroir. Ressemblait-il lui aussi à une épave ? Il y avait de forte chance que ce soit le cas. Il faisait des cauchemars chaque nuit et il devait sans doute paraitre très fatigué alors ses nerfs le tenaient encore debout. Pour combien de temps, il n’en savait rien. Ethan savait juste qu’il fallait qu’il fasse son deuil et que cette personne à côté de lui qui envisageait de se jeter dans le vide, devait en faire de même. Il ne savait pas s’il trouverait les mots justes mais il devait essayer.

- J’ai perdu la femme que j’aimais. C’était un accident mais souvent je me dis que sans moi elle serait encore en vie. Je ne crois pas en beaucoup de chose mais j’ai vu beaucoup de chose ses derniers temps et je suis bien obligé d’admettre… que le destin existe. Peut-être que c’était le destin de mon Emma de mourir dans cet accident et peut-être que c’était mon destin que de ne pas la sauver et d’être là maintenant à arpenter cette terre. Toute est compliqué et embrouiller dans mon esprit mais la réalité est là. Je suis debout alors qu’elle repose dans un cercueil. Il est dur de faire son deuil. On cherche tout le temps un coupable et on finit par penser que c’est notre faute. Pourtant… Au fond de moi je sais que je n’aurais rien pu faire.

Ethan se mit à gratter nerveusement la peinture écaillé de la rambarde. Il venait de dire ce qu’il avait sincèrement sur le cœur et c’était bien la première fois. Il réalisait soudain qu’il venait de faire un pas vers le deuil d’Emma. Un véritable pas après tant d’essai infructueux. Il venait d’avouer son impuissance. Pour la première fois depuis sa mort il prenait pleinement conscience de son implication dans l’accident. Il n’était pas le conducteur fou qui avait renversé Emma. Elle avait été là au mauvais endroit au mauvais moment, même s’il ne l’avait pas invité à le rejoindre cela aurait pu se produire sur une autre route un autre jour sans qu’il y soit pour quelque chose. Le destin avait été cruel mais ce n’était pas lui qui l’avait écrit.
Ethan se demandait soudain si le géant-miroir pensait la même chose, s’il comprenait vraiment qu’il n’y était pour rien. Sans doute que non, sa douleur semblait plus fraîche que celle de l’apprenti dieu. Il lui faudrait un long moment pour qu’il soit capable de faire ce pas en avant, ce pas seul dans cette nouvelle vie. L’apprenti dieu espérait qu’il ne commettrait pas comme lui l’irréparable mais il n’avait pas véritablement de moyen de le convaincre. Peut-être que du réconfort le remettrait d’aplomb mais quand on avait ressenti la même douleur on ne pouvait que savoir qu’il fallait tout d’abord qu’il s’aide lui-même avant d’accepter l’aide des autres.

- Continuons de vivre l’un et l’autre car s’il y a une chose dont je suis sûr c’est que les êtres que nous avons aimés ne souhaiteraient pas qu’on saute aujourd’hui alors que notre vie n’est pas encore terminé.

L’apprenti divinité se releva quelque peu et fixant une dernière fois le géant, il reprit sa traversé du pont. Il ne pouvait rien faire de plus pour cet homme. Il espérait que ses mots se frayent un chemin dans l’esprit embrumé du blondin mais il n’y avait aucune garanti à ça. Il était difficile de réconforter quelqu’un qui se plaisait dans son mutisme. Le géant ne semblait pas une personne capable de se dévoiler si facilement aux autres, c’était tout à son honneur mais à trop se renfermer on risque de se couper du monde. L’humain n’est pas fait pour vivre seul. La famille a toujours été un concept animal et le langage et en soit la preuve que l’être humain est un être social. C’était pour toutes ses raisons qu’Ethan croyait profondément en l’humanité. Il souhaitait voir cet humain de paix, cet être social et aimant continuer de vivre et de grandir. Pour l’heure cela lui apparaissait difficile car un étrange mal semblait affubler de plus en plus les hommes. La corruption, le désintérêt d’autrui et beaucoup d’autres émotions malsaines semblaient assaillir de jour en jour le cœur des hommes. Personne n’avait été là pour ce géant blond. Que ce serait-il passé si celui-ci avait décidé de sauter ? Quelqu’un aurait-il tendu sa main par-dessus la rambarde pour essayer de le rattraper ? C’était dur à dire. Pour l’heure, Ethan savait avoir fait son possible mais n’était pas certain que l’homme ne se jette pas dans la tamise. L’incertitude était un mal profond dont il avait jusqu’à maintenant le plus souffert. Il avait toujours douté de son implication envers Emma et surtout envers sa mort. Aujourd’hui il savait. Il savait qu’il n’y était pour rien, il savait qu’il n’aurait rien pu faire et que les circonstances de sa mort n’avait aucun rapport avec lui. Une invitation donnée n’était pas une excuse suffisante pour qu’il se victimise. Emma avait subi un accident ni plus ni moins. Il n’y avait aucun meurtre, un seul coupable était déclaré, le chauffeur de la voiture et cela se limitait ainsi à un fait divers sur une page de journal jauni et un cercueil neuf ou la jeune femme reposait.
Ethan c’était donné la mort ne se sentant pas soutenu, ne se sentent pas aimé. Il n’avait jamais pensé cependant que le seul être qu’il ait chéri, avec lequel il ait souhaité vivre sa vie, aurait souhaité qu’il poursuive sa vie d’humain. Cela ne lui était jamais venu à l’esprit à ce moment-là. Il avait seulement souhaité la rejoindre. Etait-ce égoïste ? Non cela ne l’était pas. On pourrait penser que son geste ne visait qu’à son bonheur personnel mais c’était une profonde tristesse que personne n’avait endigué qui l’avait poussé à ça. L’apprenti dieu avait été la victime d’un monde devenu trop dur et aujourd’hui il avait quitté sa peau d’humain pour revêtir celle d’un être surnaturel bien au-dessus de toutes ses considérations. Aujourd’hui Ethan acceptait la mort d’Emma, les raisons qui l’avait poussé à mettre fin à la sienne et enfin il prenait pleinement conscience de sa nouvelle vie.


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Re: Au bord du gouffre - Lun 25 Mai 2015 - 18:54

Grâce à Jason, Ethan se confie et accepte ce qui est arrivé. L’humain est un peu son sauveur, celui qui va lui permettre d’avancer… et pourtant, il ne l’aide pas plus que ça ? Et qu’arriverait-il si… le géant blond sautait ? Est-ce qu’Ethan s’en voudrait, là encore ? Se sentirait-il responsable ? C’est une question qu’il a oublié de se poser… mais heureusement pour lui, il y a de grandes chances que l’humain survive. Joie !

Mine de rien, Ethan, tu as construit le RP comme un solo, c’est bien rattrapé au fond ! Si Jason reprend le RP, il pourra sûrement s’en servir pour continuer et rebondir, je n’en doute pas. Quelques remarques concernant la conjugaison : tu as du mal avec le son é… entre « é », « er » et le passé « ait », je crois que tu n’as qu’à te relire avec un peu plus d’attention pour corriger et améliorer !
En 3 posts, je suis sûre que vous avez tout de même pu largement avancer dans vos histoires respectives… alors, bon courage pour oublier… ou pour simplement accepter !

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