Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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 Those who freeze to death

 
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Rain

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Those who freeze to death - Mer 27 Aoû 2014 - 17:02

« Ceux qui meurent de froid
sans que personne ne s'en aperçoive. »


« Les conditions pour que ce que je viens de dire s'applique à la place de la sentence initiale ? Que vous, Chargée de Discipline, soyez définitivement écartée de cette histoire. »

En fermant sa penderie, Rain se retrouva nez-à-nez avec son reflet, qui lui apparut à la manière d'un fantôme dans le miroir intégré dans la porte. Inhabituellement pâle. Chargée de discipline hein… Il lui semblait que c'était plus que cela. Bien sûr que cela l'était. Elle n'était pas que Chargée de Discipline. Sa tâche habituelle ne se résumait pas à courir entre les couloirs de l'Académie et à se pavaner sur les toits pour faire le guet… Non, il y avait également ces allers-retours en terrain ennemi, sur Terre. Ce n'était pas évident de tromper les renégats. Il fallait tenir en compte que ses adversaires n'étaient pas des humains mais des futures divinités. À la moindre erreur, elle était cuite, et une ribambelle d'autres infiltrés avec. Autant dire que c'était beaucoup de responsabilités.

Chemise couleur cramoisie impeccable. Holsters en cuir marron avec les deux pistolets gros calibre dont elle ne s'en séparait jamais. Pantalon militaire noir. Rangers couvertes de boue sèche. Sur le lit, un manteau suffisamment long pour cacher toutes les lames qu'elle amenait avec elle. Avec tout cela sur le dos, elle avait de quoi prendre une quinzaine de kilos. Et bien sûr, ne pas oublier le brassard rouge et or du Conseil, indication de son rôle au sein de l'Académie.

Le temps semblait se couvrir. Comme si la pluie torrentielle de la veille n'avait pas suffi. Peut-être lui faudrait-il mettre des gants ? Son regard accrocha alors ce fin anneau d'argent qu'elle portait à l'index sa main droite. Le soir où Alexander le lui avait offert en tant que présent, elle l'avait placé là sans savoir que l'emplacement pouvait apporter un sens différent. Et depuis elle ne l'avait pas retiré.

Son autre main vint chercher le bijou, avec une délicatesse presque étonnante de sa part. Elle le fit glisser de son doigt et le tint dans le creux de sa paume. Que devait-elle en faire ? Le garder ? Le jeter ?

Soupir.

Et la voilà qui sortait de sa chambre. Finalement, elle avait mis ses gants, histoire d'être sûre d'être protégée du froid. L'hiver n'était pas encore tout-à-fait terminé après tout. Sa main droite demeurait néanmoins serrée sur cette bague. Cette bague dont elle ne savait toujours pas quoi en faire. Son cœur s'emballait à mesure qu'elle marchait au travers de ce couloir la menant hors du quartier personnel des professeurs.

— Mathias Bauer au rapport ! Rien à signaler m'dame !

Le jeune homme ponctua son annonce d'un salut militaire soigneusement effectué. Rain se contenta de hocher la tête, pendant que l'apprenti-dieu chargé de la surveillance du port aux dimensions retournait à son poste. Elle se promena ainsi sur l'immense quai tout en gardant un œil sur la ribambelle de bateaux qui se présentait à sa gauche.

Régulièrement, elle venait inspecter ces lieux qui étaient toujours sous surveillance. Rien d'anormal en soi, il s'agissait de la principale entrée permettant de passer du monde humain au monde de Deus, et vice versa. Bien entendu, il existait une autre entrée, utilisée par les renégats, mais ça, les académiciens n'étaient pas censés le savoir. Pour l'instant, le Conseil se contentait de surveiller discrètement la zone, analysant froidement ses adversaires, identifiant les taupes… Tout vient à point à qui sait attendre.

Il fallait toutefois rester réaliste, les renégats n'étaient pas fous, du moins pas au point de tous se ramener à l'Académie. La plupart d'entre eux évitait de fréquenter à nouveau ces lieux. Prudence était mère de sûreté. Ainsi, la plupart des cas que Rain traitait était ceux d'élèves récalcitrants voulant se rendre sur Terre sans permission. Autant dire qu'elle n'était pas malheureuse de laisser cela aux surveillants.

Surtout aujourd'hui.

Aujourd'hui, elle n'avait la tête à rien. Et cette impression que tout se passait comme il se serait passé d'habitude, au détriment de sa propre personne, l'agaçait. Qu'importe qui meurt, qu'importe qui souffre, le soleil continuera à se coucher et à se lever chaque jour.

Le soleil. Son regard se porta sur les reflets dorés qui dansaient allègrement sur les vagues, avant de tomber sur cet anneau qui reposait toujours au creux de sa main. À nouveau, elle serra le poing et, sans vraiment réfléchir, balança l'objet au loin. Un plouf à peine perceptible, et l'anneau disparaissait dans les abimes de la mer.

L'anneau… disparaissait.

Disparaître.

Cette pensée fut le déclencheur de sa prochaine réaction. Machinalement, son corps avança vers le bord pour plonger dans la mer. Tout cela dans l'espoir de récupérer la bague, même si elle avait à peu près autant de chance d'y parvenir que de trouver une aiguille dans une botte de foin. Ce qu'elle oublia de prendre en considération néanmoins, c'était les souvenirs que pouvait provoquer cette sensation d'être sous l'eau. Cette sensation de couler, elle ne lui était que trop familière. Elle entendait à nouveau ces voix crier dans sa tête. D'un coup, c'était comme si tout air avait déserté ses poumons. Elle ne saurait si c'était de la panique, tout du moins c'était un état de torpeur complet.

Son regard se verrouilla sur un objet scintillant qui flottait quelque part dans l'eau obscure. Il lui fallait simplement traverser les quelques mètres à la nage. Mais les cris se faisaient de plus en plus présents dans sa tête, en même temps qu'elle se sentait privée d'air. Même ses forces semblaient tout d'un coup décidées à l'abandonner.

Sa main se tendit vers l'anneau au loin, alors qu'elle sentait quelque chose la saisir par derrière. Sa bouche expulsa quelques bulles.

« Non, Rain ! Laisse partir. Laisse partir… »

Surgissant de l'eau, la membre du Conseil s'agrippa à une corde et se hissa sur le quai, où elle s'affala lourdement. Passant une main sur son visage, elle leva les yeux et constata que personne ne se trouvait à ses côtés. Cette personne qui l'avait tirée en arrière, qui était-ce ? Cette voix, à qui avait-elle appartenue ? Elle ne savait plus trop, c'était familier et à la fois le souvenir était trop flou pour qu'elle en déduise quoi que ce soit. De toute évidence, cela devait être le fruit de son imagination.

— … Merde.

Et Rain se tourna ainsi vers la mer, à moitié allongée, complètement trempée, et surtout, définitivement perdue.




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Dernière édition par Rain Sinclaire le Jeu 16 Oct 2014 - 0:18, édité 1 fois
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Re: Those who freeze to death - Mer 27 Aoû 2014 - 21:28
Regard froid et sourire amical


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Ethan avait de nouveau vécu une tragédie. C’était le cas chaque nuit et chaque matin ce n’était que plus éprouvant. Son esprit s’acharnait à lui faire revivre la perte de cet être si aimé. Il n’en pouvait plus, chaque fois qu’il ouvrait les yeux il ne voyait que le vide de sa chambre d’étudiant. Elle n’était plus là, elle ne le sera jamais plus. Emma était morte percuté par une voiture. Il avait beau se répéter cette phrase un millier de fois son cœur et son esprit ne semblait curieusement pas vouloir l’accepter. Pourtant c’était là la stricte vérité. Cette jeune femme au cœur si bon était morte sans avoir eu la possibilité de devenir une apprentie déesse. Que pouvait-il bien arrivé à ses gens-là ? Est-ce qu’ils se perdaient à jamais dans les limbes de l’oubli ?
Ethan ne voulait pas croire en ça, il voulait pouvoir se dire qu’elle était encore là quelque part. Que son âme errait dans l’attente qu’il aille la chercher. Mais le jeune homme n’était pas dupe. Tout cela il se l’imaginait. Il se torturait lui-même en s’inventent des histoires sans queue ni tête.

Tout naturellement il se leva, se lava, se prépara à la journée qui l’attendait. Il était tôt le soleil ne c’était toujours pas levé mais déjà son crâne le faisait souffrir. Il était habitué à ce genre de traitement. La fatigue lui donnait des migraines et un seul regard échangé et son don l’augmentait encore plus. Il n’était pas facile pour lui de contrôler pleinement son domaine divin, il en avait conscience. Mais là partout où ses pupilles écarlates venaient à se poser il était submerger par des sentiments qui n’étaient pas les siens. Il en avait marre de tout cela. Il avait été un humain minable même pas capable de comprendre ses propres émotions ni de les faire partager et il était maintenant devenu un dieu en devenir dont le pouvoir était de ressentir les mêmes émotions que les autres. Il y avait bien un soupçon d’ironie dans tout cela.

Ethan prit une veste grise pour mettre par-dessus un pull noir en col v. Il se mit en quête d’une écharpe et d’une paire de gant. L’hiver n’était pas totalement terminé et le froid attendait dehors de surprendre les malheureux inconscients. Il trouva avec une grande facilité ses affaires. L’écharpe de soie rouge faisait ressortir son regard brûlant et les gants en cuir permettaient à ses mains de ne pas finir congelé.
Il ne prit pas longtemps à sortir du dortoir. Il était tôt, le soleil à peine levé essayait tant bien que mal de dispenser ses rayons bienfaiteurs. La nature commençait seulement son éveil tandis qu’Ethan se retrouvait lui en plein rêve éveillé. Par chance il n’y avait que très peu de gens dans les environs, son mal de crâne put enfin se calmer, lui laissant un peu de répit. Il envisagea subitement la solution de se perdre en pleine nature pour essayer de vivre sans ses maux de tête trop familier. Mais même dans la jungle la plus profonde il savait que des êtres vivants y étaient cachés. Son don était unique et il s’appliquait à toutes les créatures qui existaient. Il se mit à pousser un léger soupire. Il n’y avait donc rien à faire pour lutter contre son pouvoir, il devait se l’approprier entièrement, en faire son atout. Après tout maintenant il faisait partit de lui.

Son errance le mena au port des deux dimensions. Il n’était encore jamais venu dans ce lieu, mais il savait tout de lui. C’était ici que l’on permettait aux élèves de retourner sur la Terre. Ethan n’avait jamais vraiment pensé à y retourner, mais il se doutait que beaucoup de gens devait vouloir y aller. Après tout c’était là une bonne occasion de revoir ses proches et de savoir ce qu’il était advenu d’eux. Ethan avait laissé derrière lui sa famille, son père et sa mère, mais rien d’autre. Sa seul amie qui était aussi son seul amour, hantait maintenant ses cauchemars les plus sombres et quand à son existence elle c’était envolé. Oui, Emma avait maintenant dépassé sa vie de mortelle pour devenir… Devenir quoi au juste ? Ethan n’en savait rien. Elle était morte c’était tout. Un énorme point final avait été mis à sa vie.
De sa mère et de son père le jeune homme ne gardait que les meilleurs souvenirs, éloignant le plus loin possible dans sa mémoire les souvenirs de l’enfant incompris qu’il avait été. Tout cela laissait à croire que c’était lui qui était en deuil et non ses parents. En un sens c’était le cas, il était en deuil de sa vie d’humain. Sa nouvelle vie prenant maintenant la voie des dieux.

Ethan s’installa alors sur la rive, repliant ses genoux face à lui afin de les encercler de ses bras. Il admirait les reflets de l’eau. Tout le paysage semblait si onirique quand on le regardait dans cette surface vivante. Tout était si différent dans cette nouvelle vie et pourtant ce n’était qu’un reflet elle aussi. Après tout sa vie d’apprenti dieu était très similaire à celle qu’il avait vécu en tant qu’humain. Mais il y avait tout de même une différence extrême dans ses deux modes de vie. En tant que futur dieu Ethan se devait d’adopter un point de vue envers l’humanité. En tant qu’élève de la Deus Academia il se devait de la protéger, mais il savait très bien que d’anciens camarades avaient décidés de la détruire plus tôt que de l’aider à vivre. Ses gens-là étaient appelés des renégats et ils vouaient leurs nouvelles vies à détruire les humains. Où tout du moins ils n’en avaient rien à faire.
Ethan lui ne savait pas quoi penser de tout ça. Il avait été humain, il ne reniait en rien ce fait mais… Le doute c’était installé petit à petit en lui. Pouvait-il vraiment protéger l’humanité ? Il se trouvait déjà un peu plus fort qu’à son arrivé mais il avait conscience que cela n’était pas assez suffisant. Ce qui le troublait le plus était la nature même de l’humanité. Il avait reçu un don dans cette académie, celui de lire les sentiments des gens. Malheureusement pour lui cela lui donna une grande expérience de la nature humaine. Les sentiments les plus beaux étaient souvent cachés alors que les sentiments les plus mauvais étaient les plus exprimés. Il y avait bien des gens comme Tenshi capable d’une bonté extraordinaire, presque irréelle, mais ils étaient si peu nombreux. Comment pouvait-on protéger l’humanité d’elle-même ?

Le jeune homme prit un galet nerveusement et le jeta à l’eau. Celui-ci ne mit pas longtemps à couler dans un « plouf » magistral. Un son bien trop fort pour une si petite pierre. Ethan compris alors que quelque chose d’autre était tombé à l’eau. Se levant à moitié il se mit à scruter l’eau aux alentours, se guidant des ondes la parcourant. Il trouva l’origine du son rapidement. Quelqu’un était à l’eau.
Il ne prit pas la peine de réfléchir et se mit à marcher le long de la rive en direction du quai, qui était le lieu le plus proche de la personne. Son regard était fixé sur l’individu. Il était cependant bien trop loin pour deviner de qui il pouvait bien s’agir. Il ne distinguait qu’une masse noire sans véritable forme. Il devinait une masse de cheveux, un manteau, mais rien de bien précis. Son don ne l’aidait en rien avec une telle distance entre eux. En attendent la personne semblait se débattre faisant de grandes éclaboussures dans l’eau. Ethan ne savait pas quoi faire, de plus l’individu en question semblait s’obstiner à vouloir plonger sous l’eau. Les minutes passèrent et Ethan était toujours tirailler entre le fait de réagir ou laisser la personne se débrouiller seul. Mais comme mue par une lueur de lucidité celle-ci se détacha du fond du lac pour revenir sur la terre ferme.

Ethan poussa un soupir de soulagement, il s’attendait presque à voir quelqu’un se noyer devant ses yeux sans qu’il ne puisse rien y faire. La personne était assez proche pour qu’il distingue enfin sa silhouette dans l’eau. Il s’agissait de toute évidence d’une femme, mais son visage lui restait tout de même inconnu. Le jeune homme ne savait pas ce qu’il convenait de faire alors que la demoiselle était en train de s’extirper difficilement de l’eau à l’aide d’une corde pour finir à moitié allongé sur le quai. Poussant un étrange grognement qu’il ne se connaissait pas, il s’élança en direction de la jeune femme tout en étant en train d’enlever sa veste. L’air frais lui parvint alors plus directement et il se mit à avoir la chair de poule.
Ses pupilles rouges fixés sur la silhouette de la jeune femme de dos, il s’attendait à sentir une vague de sentiment le submerger. Alors qu’il se trouvait à peine à deux mètres d’elle il ne ressentait cependant toujours rien. C’était un phénomène nouveau pour lui et il se prit à penser que son don était en train de s’envoler. Ce pouvait-il vraiment que son don lui ait échappé et qu’il n’en dispose plus ?
Laissant de côté sa réflexion il se concentra sur l’action. Il se posta accroupis à côté de la jeune femme et lui tandis sa veste d’une main. Ses yeux de braises ne pouvaient cependant se détacher du visage de l’ex futur noyé. Ses pupilles semblaient lancer des éclairs, mais il ne ressentait rien de tel. C’était quelque chose de très perturbant, il ne comprit pas si cela venait de lui ou d’elle.
Ethan se mit à sourire espérant faire passer un message amical malgré sa totale confusion. Ses yeux se posèrent alors sur sa personne tout entière. Sur son manteau il y vit le brassard du conseil rouge et or. Ainsi il put se faire une meilleure idée de qui il avait à faire. Quant au reste c’était une jeune femme bien portante, voir même athlétique. Elle possédait cependant les formes qui convenait à son sexe même si ses vêtements étaient nettement masculin, voir militaire.

Ne joue pas les idiotes prend donc mon manteau. Avec ce froid et ton petit plongeon tu risques de gagner un séjour à l’infirmerie. Et je crois que vu ta charge ça risque de te poser des problèmes.

Ethan avait donc laissé sa timidité de côté pour attaquer directement la jeune femme de manière sarcastique. Son idée était simple il souhaitait pousser la jeune femme à se mettre en colère. Après tout elle avait un regard mauvais, mais est-ce qu’elle possédait vraiment des sentiments tout aussi puissants ? Il y avait des choses bien étranges à la Deus Academia alors pourquoi ne pas imaginer un être sans sentiments ? Tout cela laissait cependant Ethan perplexe.
En un sens cependant il était heureux, car si elle ne possédait aucun sentiment il aurait une discussion pour une fois presque « normal ». Comme autrefois lorsqu’il était humain. Mais l’existence d’un tel être soulevait d’autres questions beaucoup plus sombres. En effet tout être humain naissait avec son lot émotionnel, or si elle ne l’avait pas eu pouvait-elle seulement être humaine ? Ethan commençait à se poser bien trop de question, il espérait donc que la réaction de la jeune femme et son don lui apporte des réponses. Qui sait il apprendra peut-être comment protéger l’humanité d’elle-même.



HRP : Alors avec ou sans son bagage émotionnel ?


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Re: Those who freeze to death - Jeu 4 Sep 2014 - 16:00
Elle était donc ainsi étendue sur le quai dimensionnel, le buste redressé en appui sur son coude tandis que le dos sa main libre venait cacher ses yeux clos. À l'intérieur de sa tête se livrait un combat acharné. C'était comme si ses pensées étaient une pelote de laine et qu'elle était occupée à se prendre les pattes dans les multiples boucles du fil. Plus elle se débattait et moins elle s'y retrouvait. Pourquoi as-tu donc balancé ce foutu anneau ? Arrête d'y penser, ce n'est qu'un objet. Depuis quand es-tu devenue matérialiste ? Mais c'est tout ce qui me restait de lui ! Tu étais à deux doigts de le récupérer, alors pourquoi as-tu reculé ? Quelqu'un m'a empêchée de le faire. Qui ça ? ... ou quelque chose. Quoi donc ? Je ne sais pas. Je viens de jeter l'unique chose qui me relie encore à cet homme, je regrette mon geste, j'en souffrirai, j'en souffre déjà et pourtant j'ai l'intime impression que c'était la meilleure chose à faire.

C'était à ne plus rien y comprendre. Comme si elle se foutait de sa propre gueule. Tenez, elle venait de se changer à cause de sa balade sous la flotte hier soir, et la voilà à nouveau trempée, voire même encore plus qu'à l'origine. Franchement, si même elle commençait à se payer sa tête… elle ne pourrait pas vraiment en vouloir à ceux qui la verraient dans cet état. Non, elle ne pourrait pas leur en vouloir. En revanche, rien ne l'empêchait d'encastrer leur visage dans du béton. Encore fallait-il qu'ils fussent suffisamment inconscients pour rire devant elle.

Au milieu des murmures réguliers des vagues, des bruits de pas se distinguèrent, se rapprochant dans sa direction sans qu'elle ne puisse en définir l'appartenance. Retirant sa main de son visage, Rain se tourna vers le nouveau venu pour se retrouver nez à nez avec une veste tendue. D'abord, ce fut la surprise, et ensuite l'agacement. Ses yeux vinrent analyser avec froideur la bon samaritain du jour et, bien que cela ne dura qu'une fraction de seconde, bien que le changement fut aussi futile qu'un battement de paupières, ses traits se détendirent lorsqu'elle vit le sourire sur les lèvres du garçon.

Toutefois, les doux souvenirs qui ressurgissaient ne firent pas long feu car rapidement, l'inconnu prit la parole. Il se permit de la tutoyer, ce qui dans le cerveau de la jeune femme constituait une anomalie. Oui, on l'avait programmée de sorte à ce qu'elle vouvoie toutes personnes qu'elle croisait, alors à chaque fois que quelqu'un s'adressait à elle de la sorte, cela la faisait buguer. Bien sûr, elle avait appris depuis le temps que c'était une habitude chez beaucoup d'humains mais il y avait une chose qu'elle avait encore beaucoup de mal à assimiler : l'humour. Tout était saisi au premier degré chez elle, et naturellement, elle ne prenait pas les choses aussi bien que l'aurait pris une personne normale.

— Fichez le camp.

… Okay c'était sorti tout seul. Pourtant elle avait prononcé ces mots avec tout le naturel du monde, sans se presser, tout en soutenant sans ciller le regard flamboyant de son interlocuteur. Tout ce qui l'avait empêché de finir avec le visage encastré dans le béton, c'était qu'il n'avait pas tenté de lui forcer la main. Car Deus savait qu'il y avait des gens envahissants dans son académie. Ceux qui ne pouvaient pas concevoir que l'on ne veuille pas de leur aide et qui l'imposaient sans demander l'avis de personne. Ceux-là même qui évitaient de recommencer une fois qu'ils avaient testé ça chez Rain. Car la demoiselle, en plus d'être inapte en matière de relationnel, éprouvait une vieille aversion pour les contacts physiques.

Cependant, pour l'un comme pour l'autre, il s'agissait là des choses sur lesquelles elle travaillait depuis un bout de temps. Tentant toujours d'approcher de cette condition humaine, de comprendre au mieux le fonctionnement de cette race. Et il semblerait que sa dernière réplique n'était pas vraiment la réponse la plus appropriée à la situation. Enfin, si, elle l'était, d'un certain point de vue — le sien en l'occurrence, mais il lui fallait faire preuve d'empathie, ou au moins essayer. Tout ce que voulait ce pauvre garçon, c'était de l'aider, après tout, non ? Non, rien ne lui prouvait que ses intentions n'étaient pas mauvaises. Rien ne lui prouvait qu'il était sincère. Alors qu'il lui fiche la paix comme elle l'avait demandé et qu'on n'en parle plus.

Faute d'avoir trouvé une répartie susceptible de ménager le pauvre garçon, Rain se releva, douchant le sol par la même occasion et fixa la veste tendue un certain moment, avant de se pencher pour la saisir d'un coup sec. Elle l'examina d'un œil attentif pendant quelques secondes et finit par retirer la sienne pour la mettre. Chose faite, elle s'en alla tout bonnement, tout cela sans un regard supplémentaire pour l'apprentie-divinité à qui elle venait de chiper le manteau, ni un mot de remerciement, ni même quoi que ce soit d'autre.

Si habituellement elle parvenait à entretenir des relations plus ou moins basiques, actuellement, tout ce qu'elle avait appris avait viré dans le placard à balais de son esprit. Non, elle n'avait tout simplement aucune conscience de l'impact que pouvait avoir son geste sur autrui, de leur état d'âme ou de quoi que ce soit. À cet instant son cerveau avait tout bonnement refusé d'opérer correctement et d'appliquer ce qu'elle savait du fonctionnement humain. Certains aimaient dire que les femmes étaient différentes des hommes, et qu'elles savaient faire plusieurs choses à la fois. Rain était un cas à part, elle avait déjà tellement de mal avec une seule chose, et pour cela il suffisait que celle-ci fusse en rapport avec le comportement humain...




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Re: Those who freeze to death - Sam 6 Sep 2014 - 15:56
Humanité





Fichez le camp.

Voilà une entré en matière peu original et qui fit sourire Ethan. Mais ce qui surprit encore plus le jeune homme était que la jeune femme malgré cette remarque courroucée ne ressentait rien. Il n’y avait pas une pointe de colère en elle. C’était quelque chose de très perturbant pour Ethan, il savait maintenant qu’il se reposait trop sur son pouvoir. Et d’ailleurs était-ce lui qui bloquait son propre pouvoir ou c’était elle ? Il resta là à réfléchir tandis que la demoiselle se releva tout en l’éclaboussant.
L’eau sur son visage lui remit soudain les idées en place. La jeune femme prit alors la décision de prendre la veste qui lui était toujours tendu. Elle retira la sienne pour enfin enfiler le manteau d’Ethan et elle partit tout simplement. Le jeune homme ne mit pas longtemps à lui emboiter le pas. Elle marchait d’un pas rapide mais il n’était pas déterminer à se laisser distancer. Il continuait donc de marcher à ses côtés tout en faisant mine que cela était tout à fait naturel. En réalité il était en train de chercher un être vivant quelconque pour s’assurer que son don ne c’était pas envolé. Il jeta alors son dévolue sur un petite écureuil gris qui traversait la route. Il n’eut même pas besoin de se concentrer pour sentir les sentiments de l’animal.
Il ouvrit de gros yeux quand il comprit le sens de la situation. La femme à côté de lui n’avait aucun sentiment. Elle semblait en avoir mais ce n’était qu’un jeu d’acteur. Elle pouvait imiter les émotions mais elle ne les vivait pas. C’était quelque chose d’extraordinaire. Comment un être vivant pouvait-il naître sans émotion ? C’était tout bonnement irréelle mais il devait bien admettre la réalité. Elle était totalement dépourvu des sentiments et des émotions qui dirigeait la vie d’une être vivant. C’était comme s’il était en face d’une coquille vide juste bonne à imiter des sentiments et à obéir. Car oui quelqu’un sans émotions ne pouvait être qu’un pantin facilement manipulable, même s’il fallait avouer que la demoiselle semblait très bien vivre de son propre chef. Or elle avait sur sa manche le brassard du conseil, cela signifiait qu’elle avait des comptes à rendre au plus haut placé de l’académie. Est-ce que c’était eux qui lui avaient fait ça ou alors était-elle née ainsi ? Il y avait un énorme mystère qu’Ethan se devait de découvrir. Le seul problème était que cette dernière ne semblait pas très bavarde, elle lui avait même ordonné de fichez le camp. C’était loin d’être un bon début de conversation.

Euh… Je peux savoir où l’on va ainsi ? Pour ton information je suis Ethan Abberline et j’aimerais bien connaître ton nom.

La jeune femme continua cependant de marcher sans rien dire, comme s’il n’avait jamais été là. Ethan se plaça donc naturellement devant elle pour lui barrer la route. Il afficha son plus beau sourire.

Dit moi, quand est-ce que tu as perdu ton humanité ?

La question avait de quoi surprendre, mais Ethan était le plus sérieux du monde. Il voulait savoir et ne savait pas comment s’y prendre. La seule option qui lui était venu à l’esprit était d’affronter de face la demoiselle. Elle ne souhaitait que la tranquillité mais il espérait qu’il puisse piquer sa curiosité. Il espérait également qu’elle comprenne ce qu’il voulait dire. Après tout il n’était pas certain qu’elle ait conscience de son manque d’humanité. Cette femme était-elle seulement humaine ?
Un tas de question se posa dans son esprit mais il essayait de ne rien montrer. Si cette jeune femme devant lui était la réponse à ses questions. Il se demandait comment il pouvait aider les humains à combattre leur nature et il avait maintenant face à lui un être dépourvu d’émotion, bonne comme mauvaise. Elle était peut-être la clef d’une vie sans haine. Même si pour elle cela devait s’accompagner d’une vie sans amour. Ethan se demanda si un jour il serait capable de contrôler les émotions des gens, même si pour l’heure il était seulement capable de les comprendre. Pourrait-il un jour devenir un dieu qui apporterait la paix ? Il n’en savait strictement rien, il devait attendre que ses dons se développent et qu’il puisse trouver une idée pour aider les humains à combattre leur nature belliqueuse. En attendent il avait devant lui l’incarnation de ses idées les plus sombres et il était bien décidé de savoir si ses idées étaient les bonnes.



HRP : Désolé c'est un peu court.


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Re: Those who freeze to death - Mar 16 Sep 2014 - 2:22
Okay, visiblement elle était encore tombée sur l'un de ceux qui avaient de sérieux problèmes de compréhension. Il lui semblait avoir été claire et pourtant cet Ethan Abberline faisait tout le contraire de ce qui lui avait été demandé, si toutefois nous pouvons appeler cela une demande. Le jeune homme lui avait donc emboîté le pas sur plusieurs dizaines de mètres alors que Rain, elle, réfléchissait à un meilleur moyen de faire passer le message, sans avoir recours à la violence si possible. Non pas qu'elle ne contrôlait pas sa force, mais quand elle était poussée à passer à l'offensive, il y avait toujours cette petite voix dans sa tête qui lui criait de tuer. C'était ce pour quoi elle avait été créée après tout, et ce n'était pas du jour au lendemain qu'elle allait pouvoir réussir à maîtriser ces pulsions. Mais Ethan, lui, n'était pas au courant de tout ceci. Il insistait, lui demandant son identité après lui avoir révélé le sien, et avoir en prime demandé où ils se rendaient. Pardon ? Ils faisaient route ensemble ? Elle n'était pas au courant. Comme si elle allait lui dire où elle allait... en même temps cela allait être compliqué vu que elle-même ne le savait pas. Allait-il se vexer si elle lui répondait « un endroit tranquille où aucun Ethan Abberline ne poserait jamais les pieds » ? Trop de mystère.

Toujours était-il que vraisemblablement, il n'avait pas conscience de l'absence de réceptivité chez son interlocutrice, ou alors, il s'en fichait. C'était quoi son domaine divin déjà ? De mémoire, là comme ça, aucune idée. Il devait faire partie des nouveaux réincarnés dont elle n'avait pas encore lu les fiches. Et si elle ne se renseignait que par devoir, Ethan semblait beaucoup plus enthousiaste à l'idée de la connaître. Un peu trop sans doute. Trop pour sa propre sécurité d'ailleurs, car le voilà qui se plantait devant elle, l'arrêtant net dans son élan. Les mots qu'il prononça l'auraient de toute manière clouée sur place, tellement ils lui semblaient surgis de nulle part. Et pourtant ce n'était pas la première fois que l'on remarquait cette anomalie chez elle, ce n'était pas la première fois que quelqu'un s'interrogeait sur son humanité. Mais cela faisait toujours aussi mal, comme un coup de poing en pleine figure. Ou une balle de pistolet, visant en plein cœur le sujet sensible.

Sa main droite vint alors attraper la nuque d'Ethan, mais ce ne fut pas pour lui rouler une galoche, non, elle envoya juste violemment son front contre le sien. Comme ça. Headshot. Puis elle le lâcha et écarta d'un geste les mèches trempées de son visage, pour cacher la zone fumante de sa tête, parce que mine de rien, elle avait aussi eu bobo dans l'histoire, puisqu'elle possédait le Contrôle des Limites et non la Résistance en pouvoir commun.

— Quelle partie n'avez-vous pas saisi dans « fichez le camp » ?

Vu le ton employé, Ethan ferait mieux d'utiliser sa veste comme argument car la demoiselle était prête à aller plus loin qu'un coup de boule. Et dire que tout ce qu'elle voulait c'était d'avoir la paix, mais comme d'habitude tout le monde n'en faisait qu'à sa tête. Elle n'était pas un animal de foire bordel !

Un toussotement survint alors dans le dos de nos deux protagonistes. Derrière eux se tenait... eh bien, un écureuil. Oui, celui-là même sur lequel Ethan avait testé son pouvoir. L'animal, en plus de porter un ensemble chapeau/pull marin, les regardait gravement. De toute évidence, il n'était pas là pour demander un gland.

— J'espère que je ne vous dérange pas. A vrai dire vous tombez bien, ça m'évite de vous chercher dans tous les coins de l'académie. Monsieur Abberline et mademoiselle Sinclaire, les directeurs ont une mission pour vous.

Il sortit de nulle part un rouleau de parchemin. Vu la matière du papier, il n'y avait aucun doute, mais Rain demeurait tout de même perplexe. Des missions, elle en recevait régulièrement, mais cela faisait un bon bout de temps qu'elle n'avait pas opéré avec un nouveau. Et pour cause, la plupart des missions qui lui étaient confiées depuis qu'elle avait intégré le Conseil étaient classées secrètes. Étonnant qu'on lui glisse du sang neuf dans les pattes donc. Se penchant pour attraper la lettre que lui tendait le petit écureuil, Rain put y lire les consignes de son prochain « travail » : l'académie devait une fière chandelle à un allié humain, et en échange, elle lui avait accordé une escorte divine qui... qui... accompagnera ses trois gosses au parc d'attraction et veillera sur leur sécurité toute la journée.

— Très drôle, conclut la membre du Conseil qui referma la lettre avant de la tendre à l'écureuil. Et qu'en est-il de la véritable mission ?

— Mais vous venez de la lire mademoiselle.

Le regard de Rain demeura un instant bloqué sur l'animal, puis consulta l'expression d'Ethan afin de s'assurer qu'elle n'était pas la seule à trouver cela absurde. Non mais... du babysitting quoi. Depuis le temps qu'elle n'était plus professeur, on voulait encore lui confier des gosses, à elle ? Ils ne l'avaient pas bien regardée. Qu'est-ce qu'ils trafiquaient, les directeurs ? Désiraient-ils à ce point l'éloigner de l'affaire Alexander ? Parce que bon, vu le nombre de professeurs qui se tournaient les pouces à l'académie, il aurait été aisé de charger deux trois clampins de cela.

— Eh bien dans ce cas ce sera sans moi, et c'est mieux ainsi.

Sans aucun doute. Sauf s'il y avait des vilains monstres ou renégats dans l'histoire auquel cas, la lettre ne les avait pas informés de tous les détails. Au moins cela expliquerait pourquoi on avait fait appel à elle parce que là, il fallait avouer que la logique de la direction lui échappait. Parce que si c'était juste garder des enfants qu'elle devait faire, il valait mieux qu'elle tire sa révérence sans quoi ceux-ci risquaient d'y passer, ce qui n'était pas forcément le but de la mission.

— Hélas ce sont les ordres, ce n'est pas vous qui décidez.

— Au Diable les ordres ! Qu'ils aillent garder eux-mêmes leurs bambins si ça leur chante.

Qui avait dit que le Conseil était un modèle d'élitisme ? Oh, sans doute que la plupart de ses membres l'étaient, mais Rain n'était pas vraiment celle sur laquelle beaucoup prendraient exemple. C'était d'ailleurs son profil particulièrement ambigu qui lui avait servi de pass à la Guilde Noire... Mais ses objectifs n'étaient pas de l'ordre de la destruction de l'humanité ni même celle de Deus, à vrai dire elle s'en fichait de ces deux-là. Ce dont elle se fichait moins par contre, c'était le sort de ceux qui lui étaient chers, et dans l'immédiat Alexander venait d'échapper à la mort. Elle avait réussi à convaincre les directeurs, ce n'était peut-être pas le moment de leur faire une crise de rébellion, car ils pouvaient toujours revenir sur leur décision.

— ... Bon, je vais me changer.

Parce que oui, elle était légèrement trempée de la tête de pied, pour la deuxième fois de sa longue matinée. Alors il valait mieux qu'elle repasse par l'étape penderie avant de débarquer sur Terre. Pas sûr que se ramener toute mouillée lui vaudrait l'empathie des mioches.

Le petit écureuil à la tenue de marin, pattes croisées sur son torse, observa la jeune femme s'éloigner en direction des bâtiments de l'académie, puis se tourna vers Ethan, qu'il analysa d'un bref coup d’œil. Un petit sourire se dessina sur ses lèvres, révélant une jolie paire d'incisives.

— Toi, tu vas morfler, par contre.




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Re: Those who freeze to death - Ven 19 Sep 2014 - 16:43
Ecureuil


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Sans qu’Ethan puisse s’y attendre, il se fit saisir la nuque par la main droite de la jeune femme. Un geste des plus intimes qui le perturba énormément lui faisant faire de gros yeux. Mais il s’attendait encore moins à la suite quand la demoiselle trempée comme une serpillère envoya son front contre le sien. Il ne retena pas un petit « aie » tandis que l’attaquante s’écartait de lui.

Quelle partie n'avez-vous pas saisi dans « fichez le camp » ?

Ethan ne prit même pas la peine de répondre il était en train d’évaluer la taille de la bosse que ce headshot allait lui apporter. Loin d’être du genre à aimer se faire battre il était tout de même de plus en plus curieux de savoir qui était donc cette jeune femme du conseil. C’était la première fois qu’il voyait l’un de ses membres et pour couronné le tout elle ne ressentait aucune émotion. Le vide total. Ethan en était heureux tout en étant surpris. Enfin il pouvait tenir une conversation normale sans ressentir les émotions de l’autre. C’était presque comme durant sa vie d’être humain. Seul problème avec sa nouvelle « amie » c’était le fait qu’elle était loin d’apprécier la compagnie ou du moins la sienne. Mais le jeune homme n’était pas prêt d’abandonner la partie, il voulait tout savoir de cet être étrange et savoir si en elle il y avait des émotions mauvaises qui contredirait sa pensée sur le fait que l’humain était un danger pour lui-même avec de tels sentiments.
Un toussotement se fit alors entendre et Ethan se retourna vivement vers l’origine du bruit. Il vit que sa camarade en faisait de même. Se tenait alors devant eux un écureuil avec un chapeau et pull marin. Le jeune homme faillit rire quand il se rendit compte qu’il ressemblait trait pour trait à l’animal qu’il avait étudié quelques minutes plus tôt. Ce pouvait-il que ce soit le même et qu’il n’ait pas remarqué sa tenue auparavant ? C’était presque impossible et pourtant quand il posa ses pupilles écarlate sur le petit rongeur il due bien se rendre compte que les sentiments étaient les mêmes. C’était un fait étrange mais chaque être possédait une sorte de signature sentimentale propre à lui-même. Il était donc facile pour Ethan de savoir s’il avait déjà rencontré tel ou tel être vivant. Mais pour l’écureuil qui se trouvait devant eux il ressentit surtout beaucoup de sérieux et… d’irritation.

J'espère que je ne vous dérange pas. A vrai dire vous tombez bien, ça m'évite de vous chercher dans tous les coins de l'académie. Monsieur Abberline et mademoiselle Sinclaire, les directeurs ont une mission pour vous.

Ethan ouvrit de nouveau de gros yeux. C’était bien la première fois qu’il se trouvait face à un animal parlent. Le fait qu’il soit habillé était déjà un fait étrange en soit mais il avait déjà vu des femmes habiller leurs chiens dans des tenues excentrique alors un écureuil pourquoi pas. L’animal le surpris tout de même dans le contenu de ses paroles, il avait une mission à leurs confier à lui et à « mademoiselle Sinclaire ». Ses yeux se tournèrent naturellement sur la jeune femme qui depuis le début était en train de « goutter » sur le sol le transformant petit à petit en boue. Il esquissa un sourire ravi. Au moins il avait un nom de famille, le prénom il le trouverait plus tard. Quand il termina cette réflexion il lui revint en tête les souvenirs de sa dernière mission avec le griffon de pierre. Si toutes les missions étaient de ce genre-là, alors cela promettait d’être épique.
L’animal sortit soudain un rouleau de parchemin de nulle part. Il y avait de toute évidence de la magie dans l’air mais il n’y avait rien d’étonnant à cela dans cette académie d’apprenti dieu. Mademoiselle Sinclaire se saisit rapidement du papier afin d’en parcourir le contenu. Ethan lui attendit. Il était évident que ce serrait elle le chef et pas lui. Autant donc suivre ses directives et rester tranquille un moment. Il faillit cependant rire quand il entendit les paroles de la jeune femme et la réponse de l’animal coursier.

Très drôle et qu'en est-il de la véritable mission ?

Mais vous venez de la lire mademoiselle.


Les yeux de la jeune femme vinrent alors se planter dans ceux d’Ethan. Vraisemblablement elle le croyait complice d’une quelconque blague la visant. Or ce n’était pas le cas il était dans le même bateau qu’elle.

Eh bien dans ce cas ce sera sans moi, et c'est mieux ainsi.

Ethan regarda d’un air émerveillé la « sirène » refuser une mission émanent des directeurs. Elle ne manquait ni de cran ni de culot. C’était sans doute pour ses traits de caractères que la demoiselle avait été choisie pour intégrer le conseil. L’écureuil messager de l’autorité n’était pas vraiment d’accord avec la jeune femme.

Hélas ce sont les ordres, ce n'est pas vous qui décidez.

Au Diable les ordres ! Qu'ils aillent garder eux-mêmes leurs bambins si ça leur chante.


Ethan leva un sourcil interrogateur, la mission consistait à faire du babysitting ? Il comprenait mieux le refus de la membre du conseil, elle devait sans doute avoir mieux à faire qu’une mission de bas étage juste assez digne pour les petits nouveaux comme lui. Il poussa un soupire. Il n’était vraiment pas fait pour les missions dangereuses, même si pourtant il avait réussi à affronter quelques monstres dans l’arène avec Nasline.

Bon, je vais me changer.

La jeune femme devint alors soudainement raisonnable et partit sur le champ. Ethan l’aurait bien suivit mais le regard du rongeur messager et le sourire qu’il avait sur le museau le perturbait. Son don lui signala même que l’animal trouvait la situation drôle.

Toi, tu vas morfler, par contre.

Ethan leva de nouveau un sourcil interrogateur. Ce matin était riche de surprise et il était évident que cela allait continuer toute la journée.

Euh… Si tu le dit. Mais… Je peux savoir ce que tu es ? Une espèce d’écureuil magique ou un truc du genre ? Et tu es une femelle ou un mâle ?

Comme pour mieux l’observer le jeune homme s’accroupis devant l’animal tandis que ce dernier toujours les pattes croisés sur son torse le regardait avec un sale œil.

Je suis un écureuil c’est évident non ? Et je suis une femelle. Je sais que ça se voit pas avec ma fourrure, mais CECI est une tenue unisexe.

Alliant le geste à la parole la demoiselle écureuil fit un tour sur elle-même pour mieux montrer sa tenue. Ethan était loin d’approuver le fait que la tenue ne soit pas uniquement masculine, son crâne était rempli de cliché sur les femmes marin avec des jupes bleu.

Je n’ai jamais vu un écureuil comme toi, c’est… bizarre.

Le jeune homme ne savait vraiment pas comment dire cela autrement. Depuis son arrivé à l’académie pas mal de ses croyances avaient été bouleversés et en cette froide matinée cela ne faisait que continuer. Non seulement il était tombé sur un être vivant sans aucun sentiment mais en plus de cela il se retrouvait face à un écureuil messager parlent.

C’est VOUS qui êtes étrange monsieur Abberline et vous ne savez vraiment pas parler aux femmes !

La demoiselle écureuil lui tourna alors le dos tout en tenant sa tête bien haute en signe de dédain. C’était bien la première fois que le jeune homme se faisait remettre à sa place par une demoiselle avec de grandes incisives et mesurant trente centimètres de haut. Celle-ci avait d’ailleurs bien pris le soin de passer au vouvoiement pour le rabaisser encore plus. Il eut alors l’idée de détourner la conversation sur un autre sujet.

Dit moi cette mademoiselle Sinclaire et si peu sympathique ?

L’écureuil tourna légèrement la tête posant un œil brillant sur Ethan, cela ne présageait rien de bon et son don le lui confirma.

Tu t’intéresses à la demoiselle ?

Elle se retourna alors vivement comme si elle se trouvait devant un fait amusant qu’il ne fallait surtout pas manquer.

Oh après tu fais ce que tu veux. Il est vrai qu’elle est assez jolie.

La demoiselle écureuil lui fit alors un clin d’œil. Ethan resta stoïque en voyant le retournement de la situation cependant il expliqua son intérêt le plus simplement du monde.

C’est pour notre mission, que je n’ai d’ailleurs toujours pas lu. Tu pourrais me faire lire le parchemin ?

Trop tard jeune homme il y a un temps limité pour cela.

Ah bon ?!

Oui ! La mission est sans importance.


L’écureuil habillé en marin se mit alors à grimper en vitesse sur la jambe d’Ethan pour se jucher sur son épaule gauche et lui susurrer à l’oreille.

Je reconnais l’amour au premier coup d’œil et je te sens passionné par la demoiselle. Je peux te donner des informations sur elle si tu le souhaite. Mais ce n’est pas gratuit.

Ethan commençait à se dire que cet écureuil-là devait avoir pris un sacré coup sur la tête en tombant d’un arbre quelconque pour prendre des glands. Il se mit debout car la position accroupis commençait à lui faire mal. Il aurait bien contredit la petite écureuil mais quelque chose lui disait que les informations qu’avait l’animal en sa possession étaient de premier ordre. Après tout le rongeur était au service des directeurs il était donc possible qu’il connaisse les dossiers des élèves.

Tu veux quoi en échange ? Des glands ?

Pour qui tu me prends ? Un écureuil de bas étage ! Non les glands je laisse ça à ceux qui ne savent pas parler moi je veux de l’argent.


L’animal descendit alors de l’épaule d’Ethan pour retourner au sol. La demoiselle écureuil croisa alors les pattes sur son torse et se mit à toiser le jeune homme d’un air réprobateur.

J’attends.

Nerveusement l’une de ses pattes se mit à battre le sol. Il était bien difficile de parler à ce genre de créature. Elle passait d’un état d’esprit à un autre en une fraction de seconde. Ethan était perturbé par ses changements de situation incessants. Il se mit à soupirer et chercha alors dans ses poches la monnaie qui devait lui servir à payer son repas de midi. Une fois les pièces en main il les tendit délicatement face au rongeur pour que celui-ci inspecte sa paume.

C’est suffisant ?

La demoiselle écureuil pris une pièce dans ses petites pattes et croqua dedans comme pour s’assurer que celle-ci était bien authentique. Puis elle la reposa dans la paume d’Ethan. Elle se mit alors à fouiller à l’intérieur de son pull pour en ressortir une espèce de petit sac en toile. Et joyeusement elle se mit à ranger les pièces à l’intérieur. Alors qu’elle s’apprêtait à prendre la dernière Ethan referma sa paume.

Mes informations s’il te plait.

Le petit rongeur ne semblait pas apprécier ce geste qui lui bloquait l’accès à son trésor. Elle se mit alors à croiser les pattes sur son torse et à taper du pied en signe de mécontentement.

Bon puisque tu insistes, la demoiselle s’appelle Rain Sinclaire elle se trouve être un membre éminent du conseil à qui les directeurs font entièrement confiance. Même si pour l’heure ils émettent des doutes. Elle a été professeur de combat rapproché et son talent pour la guerre est inégalé. Quant à son domaine divin c’est le sacrifice. Donc je te le redis tu vas morfler. Je peux avoir ma pièce maintenant ?

Ethan ouvrit la paume et laissa la demoiselle prendre son due. Cette dernière ne se fit pas prier et partit au loin avec la pièce entre les dents.

Hey ! Tu pourrais au moins me faire lire l’ordre de mission !

Le jeune homme ne chercha pas à poursuivre le petit rongeur, il était beaucoup trop rapide. Le voilà donc avec un minimum d’information sur sa partenaire. De quoi donner froid dans le dos. En plus de cela il avait maintenant les poches vides. La journée ne faisait que commencer mais déjà il se sentait dans une position défavorable et dévalorisante. Est-ce qu’il sera toujours condamné à avoir le rôle du boulet ? En réponse à la question il poussa un soupire.



HRP : Ethan ne regardera jamais plus un écureuil de la même façon.


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Rain

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Re: Those who freeze to death - Mar 7 Oct 2014 - 0:39
— Ryukô, Satô, Yumi ! Venez par ici.

Monsieur Asano, propriétaire de l'entreprise éponyme, se mit à genoux tandis que les trois enfants, respectivement âgés de cinq, sept et huit ans, lâchaient leurs jouets pour venir se ruer dans ses bras. Il sourit de plus belle, les serrant contre son cœur sous le regard doucereux de plusieurs nourrices.

— Papa vous aime, papa vous adore. Soyez sages surtout, d'accord ? Et quand papa reviendra, vous irez au parc d'attractions.

Ses propos furent acclamés en chœur par ses progénitures. Il se releva alors et, une fois dans l'encadrement de l'entrée, se retourna et dressa son index devant ses lèvres pour leur intimer une dernière fois l'ordre de ne pas faire de bruit. Puis il s'effaça derrière la porte refermée.

***

— Et voilà, avec cette tenue, vous ferez une babysitter convaincante !

Popola brandit fièrement ses trouvailles, à savoir, un manteau couleur chocolat au col fourré mouton, ainsi qu'un ensemble jupe et bas noirs. De quoi satisfaire les caprices de sa jumelle Devola et elle en somme, car toutes deux s'étaient fixées comme but saugrenu de féminiser la garde-robe de Rain Sinclaire. Celle-ci, debout devant l'un des bureaux de la Salle du Conseil, décolla à peine ses yeux des dossiers qu'elle feuilletait.

— Rassurez-moi, je n'aurais pas à porter des talons hauts cette fois ?

— Dans un parc d'attraction ce n'est pas la meilleure idée, si vous arrivez à accrocher votre cœur, ce serait déjà pas mal !

La jeune femme aux cheveux rouges enchaîna sur une ribambelle de commentaires sur ses rangers, qu'elle aimait appeler "chaussures de bourrin", voire également qualifier de "vieilles et de "jetables". Rain ne l'écouta que d'une oreille distraite, concentrée sur ses recherches. Comment classaient-ils leurs dossiers eux ?! Il y avait un bordel incroyable dans ce tiroir, il était évident que depuis la disparition de l'ancien président du Conseil, ils étaient à peine assez pour les tâches exécutives, alors le travail de secrétariat avait été légèrement délaissé.

T… R… A… A… Ab… Ah, le voilà. Diantre comme les nouvelles âmes étaient nombreuses dans cette académie.

Après un petit instant d'hésitation, Rain finit par ouvrir le dossier. Ses yeux cherchèrent directement l'information qu'elle convoitait et lorsqu'ils tombèrent dessus, elle demeura un instant figée. Le mot inscrit sur le papier blanc ne semblait pas vouloir trouver sa signification dans sa tête, à moins que ce fusse elle qui lui interdisait d'avoir un sens. Non, elle s'était sûrement trompée de dossier. Pourtant, lorsqu'elle referma celui-ci, la couverture arborait bel et bien le nom qui l'intéressait. Alors les données étaient fausses, car elle refusait d'y croire, tout simplement.

Pourtant lorsqu'elle finit par sortir de la Salle du Conseil avec son "déguisement pour sa mission sur Terre", cette sensation de lourdeur était toujours là. Quelque part, une petite voix s'amusait à lui dire que la vérité était en effet extrêmement pesante… Inspirant profondément, Rain entama le chemin vers le port dimensionnel.

— Il me semble que ceci vous appartient.

La veste d'Ethan Abberline voltigea dans les airs tandis que la main qui l'avait balancée rejoignait sa jumelle dans les poches de Rain.

— Le rongeur est parti, j'imagine que nous allons pouvoir en faire de même. Nous avons une heure pour rejoindre le domicile de monsieur Asano, alors ne traînez pas.

Aussitôt, elle se dirigea vers le bateau le plus proche. Après avoir adressé deux mots au passeur, elle vint s'installer en face de son partenaire de mission. Un instant, elle bugua en le voyant, se rappelant de ce qu'elle avait pu lire dans le dossier, mais elle chassa aussi vite ce souvenir. Ce n'était certainement pas le moment de se laisser aller dans du personnel.

— Au cas où la mission ne se passait pas aussi paisiblement que prévu, serez-vous en mesure de vous défendre ?

Elle ne lui demanda pas s'il se sentirait capable de protéger les mioches, car celui qui ne savait pas se défendre ne pourrait défendre personne. Alors dans le doute, elle attendit qu'il lui donne sa réponse avant de lui tendre le seul couteau qu'elle avait amené avec elle, en plus de l'un de ses pistolets, caché dans sa veste en compagnie de quelques chargeurs. Il s'agissait d'un couteau de combat, fourni avec l'étui et les sangles permettant de l'attacher à peu près n'importe où.

— Sachez que cette arme peut aussi bien vous sauver que vous tuer, alors privilégiez la fuite autant que possible. Avec les mioches de préférence.

Après une vingtaine de minutes à voguer sur la mer, ils débarquèrent sur l'un des nombreux quais japonais. Une voiture les attendait plus loin pour les amener au domicile de leur futur "employeur". Ils passèrent donc une bonne grosse demie-heure dans une berline noire aux vitres teintées, sur une banquette arrière en cuir blanc, avec pour seule compagnie un chauffeur ayant un goût prononcé pour le rap américain. Peut-être que se retrouver avec des invités qu'il ne reverrait probablement jamais et qui n'avaient aucun intérêt à s'en plaindre à son patron l'encourageait à écouter ce qu'il voulait pour une fois…

La voiture finit par s'arrêter devant un pan de mur blanc avec une toiture en pagode. La porte principale était en bois massif et était équipée de heurtoirs couleur or. Le regard sondant les alentours, Rain s'extirpa de la voiture cependant que le chauffeur était occupé à gigoter devant son volant, au rythme de la musique, comme s'il avait complètement oublié les personnes qu'il était censé accompagner. Sans prêter davantage attention au bonhomme, la jeune femme s'avança vers la porte qui, vue de plus près, était légèrement entrebâillée.

Une cour intérieure s'offrait à leur vue, quelques bonsaïs traînaient par ci par là, soigneusement entretenus, le tout dans un décor on ne peut plus traditionnel. Une maison à unique étage trônait au milieu de celui-ci. Avec ses fenêtres en papier, ses planchers et ses murs en bois clair, cette petite propriété dégageait une impression de sérénité, de tranquillité.

Peut-être un peu trop tranquille ceci dit.

Au moment où Rain glissa sa main dans la fente de la porte pour la faire glisser sur le côté, son regard capta la présence d'une tache sombre sur le palier. Ce détail noté, elle décida de pénétrer dans le hall comme si de rien n'était. Elle n'eut pas le temps d'aller loin, à peine avait-elle dépassé l'encadrement de l'entrée que quelque chose s'abattit sur sa tête. L'assaillant se situait à sa droite, alors la membre du Conseil recula d'un pas, juste de quoi esquiver le coup de sabre qui fendit la zone où elle se tenait il y avait une fraction de seconde. Sa main gauche vint agripper le coude de l'homme, tandis que l'une de ses Rangers venait s'écraser sur le pied de celui-ci. Il n'aurait au final même pas le temps de regretter de s'être pointé en chaussettes. Le coup de coude partit, fulgurant, et son adversaire s'écroula sur le sol, raide comme une bûche.

Détournant son attention du corps étalé sur le parquet, elle croisa le regard de deux autres hommes en costume trois pièces, sabre en main. Il y avait de grossières tâches sombres le long du mur à sa gauche et un peu par terre. Ils ne semblaient pas là pour plaisanter, à moins que…

— J'ai vu suffisamment de sang dans ma vie pour différencier le naturel de l'artificiel. Alors expliquez-moi ce cirque.

Un bruit de claquement survint du fond du hall, suivi d'autres. Un homme vêtu d'une tenue japonaise traditionnelle se montra à eux tout en applaudissant. Lorsqu'il s'arrêta, son large sourire ne disparut pas pour autant.

— Ne vous inquiétez pas, je n'accueille pas toujours mes invités de cette manière, mais il fallait que je m'assure de certaines choses. À propos, saviez-vous qu'au Japon, il est impoli de pénétrer dans la demeure d'autrui chaussé ?

Le visage toujours aussi jovial, monsieur Asano désigna une petite étagère à côté de la porte, juste derrière le corps inerte de l'un de ses sous-fifres. Ne connaissant aucunement les traditions de ce genre, et comprenant encore moins leur intérêt, Rain ne put bien évidemment pas obéir sans se poser de question. De plus, pour un homme qui venait de leur envoyer trois mecs sur la tronche, il était culotté de parler politesse. Croisant ses bras devant sa poitrine, l'ancienne professeur arbora un sourire aussi factice que celui de son interlocuteur.

— Oh, vous n'aimez pas les chaussures ? Venez donc les ôter vous-même.

Une ombre passa sur le visage de monsieur Asano. Il n'avait jamais employé de personnes en qui il n'avait pas confiance et dont il n'était pas sûr des capacités à cent pour cent. Les compétences martiales ne suffisaient pas, il voulait de l'obéissance, de la discipline… ce que cette femme ne possédait visiblement pas. Peut-être que le jeune brun à ses côtés saurait rattraper la chose, ils semblaient former un drôle de duo. En tout cas, une chose était sûre, il ne confiait pas ses enfants à n'importe qui.




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Re: Those who freeze to death - Mer 15 Oct 2014 - 23:51
Babysitting


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Il me semble que ceci vous appartient.

La douce Rain était de retour et elle venait de lancer à Ethan sa veste d’un geste, tout en replaçant sa main dans sa poche. Elle avait une allure tout autre, plus humaine à vrai dire. Il était certain qu’il fallait mieux changer de look pour pouvoir passer plus inaperçus dans le monde des humains. Ethan en était quelque peu chamboulé. Il n’avait pas envisagé de revenir sur Terre et encore moins dans ses conditions. Aujourd’hui était vraiment une journée étrange placée sous le signe du bizarre. Il y avait eu tout d’abord cette femme avec qui le don d’Ethan ne marchait pas et dont il savait maintenant qu’elle ne ressentait rien, ensuite était arrivé cet écureuil doué de la parole et maintenant il y avait cette mission qui imposait un voyage sur la Terre. Comment tout cela était possible ? Il n’en savait rien mais il devait s’habituer à ce qu’il trouvait normal dans sa vie d’humain ne le soit plus maintenant dans sa vie d’académicien divin.

Le rongeur est parti, j'imagine que nous allons pouvoir en faire de même. Nous avons une heure pour rejoindre le domicile de monsieur Asano, alors ne traînez pas.

Très bien.


Ce fut la seule chose qu’il répondit. Il n’était au courant de rien sur la mission, le rongeur n’avait pas daigné lui montrer l’ordre de mission. Il avait eu cependant une maigre compensation avec les informations qu’il avait pu recueillir sur sa partenaire du jour. Cette dernière était vraiment l’être le plus étrange qu’il connaissait. Il ne comprenait toujours pas comment quelque chose si proche de l’humain pouvait ne rien ressentir. Peut-être qu’elle n’était qu’une machine ? Pourtant sa peau avait réagi à l’eau gelé du lac, il était presque certains de l’avoir vue se couvrir d’une chair de poule et de voir ses poils se redresser sous la tension du au choc thermique. Comment un tel être pouvait-il exister ?
Ethan était vraiment perturbé par l’existence de Rain. Il savait cependant qu’elle était douée en combat et qu’elle était même professeur à l’académie. Mais sa vie avant son arrivé à la Deus Academia il n’en savait rien. C’était frustrant de tomber face à quelqu’un dont vous ne connaissiez rien même pas ses pensées. Certes c’était le problème de tout le monde normalement, mais pour Ethan c’était une première. Depuis son arrivé il essayait de contrôler de mieux en mieux son don et il avait inconsciemment pris pour habitude de ressentir les émotions de son interlocuteur et donc de se servir de cette information pour interagir. Mais maintenant ? Comment pouvait-il savoir s’il n’était pas face à une boule d’émotion prête à exploser à tout moment ? Il pouvait juste voir que la jeune femme était d’un naturel froid, presque calculateur. Cela ne présageait rien de bon.

Ils arrivèrent tous deux au bateau. Rain dit quelque mot au passeur qui était un homme vêtue entièrement de noir et qui dissimulait son visage sous une capuche. Ethan ne savait pas grand-chose d’eux mise à part que ses hommes chargés de la navigation étaient tous identiques, du moins pour lui. Le noir devait être une couleur obligatoire lui semblait-il. En attendent que sa coéquipière se décide à s’installer il prit place sur le banc de bois, car il était évident que la demoiselle n’avait pas choisis le plus luxueux des moyens de commotion. Il s’agissait à vrais dire d’une barque, semblable au bateau parcourant Venise.
Rain vint s’installer face à lui et Ethan fixa ses yeux rougeoyant sur elle. Cette dernière semblait comme en transe dans sa contemplation. Elle se remit cependant très vite de sa stupeur.

Au cas où la mission ne se passait pas aussi paisiblement que prévu, serez-vous en mesure de vous défendre ?

Ethan resta perplexe devant cette question. Il se savait incapable de se défendre cependant il avait vécu une certaine expérience dans l’arène à côté de Nasline. Il ne savait donc pas vraiment quoi tirer de cette leçon. Il devait être capable de prévoir une attaque mais ça ne voulait pas dire forcément qu’il était capable de contre-attaquer. Toujours se défendre ce n’était certainement pas la solution.

Je suis certainement capable de savoir quand une attaque va se produire et donc de me défendre, mais il ne faut pas compter sur moi pour ôter la vie à quelqu’un.

Rain lui tendit alors un couteau de combat avec son étui et ses sangles pour l’attacher ou on le souhaitait. Elle ne retint cependant pas ses mots tout en lui donnant l’arme.

Sachez que cette arme peut aussi bien vous sauver que vous tuer, alors privilégiez la fuite autant que possible. Avec les mioches de préférence.

Ethan se saisit rapidement de l’arme et l’observa longuement. Il avait déjà vu des couteaux de chasse mais jamais des couteaux de combat fait véritablement pour tuer son adversaire. Il se rappelait son grand-oncle chasseur qui aimait dépecer le gibier après l’avoir tuer d’un coup de fusil. Il n’avait jamais aimé ni ce « sport » ni son grand-oncle. Autant dire qu’avoir une telle arme avec lui était loin de lui rappeler de bon souvenir. Cependant il remercia Rain d’un hochement de tête et se mit à sangler le couteau autour de sa ceinture. Son manteau que lui avait gentiment remis la demoiselle du conseil lui suffirait à camoufler cette arme. Il espérait cependant ne pas avoir à s’en servir.

Une vingtaine de minutes passèrent et Ethan avait l’impression que cela faisait plusieurs heures qu’ils étaient en voyage sur la mer. Le passeur tout comme Rain étaient loin de vouloir tenir une conversation enjoué. Le jeune homme se mit d’ailleurs à détailler sa coéquipière des pieds à la tête à la recherche d’un quelconque sentiment au fin fond de son âme. Rien, il n’y avait rien. Pas un seul sentiment. Pourtant son visage crispé devait bien signifier quelque chose non ? Elle devait sans doute être énervée par le fait qu’on lui ait collé un petit nouveau dans les basques. Si seulement Ethan savait ce qu’elle ressentait il se sentirait bien plus en sécurité. Car oui le fait que la demoiselle du conseil ne ressente rien était des plus inquiétants. Elle ne devait ressentir aucune compassion et à fortiori elle ne devait pas non plus connaître la haine. Il y avait du bon pour du mauvais.
En tout cas Ethan fut soulagé quand il vit un quai apparaitre non loin d’eux. Enfin c’était le retour sur la terre ferme. Le jeune homme se précipita pour quitter le navire tandis que Rain semblait l’observer d’un drôle d’air, à moins que ce soit là son état naturel. Il n’en savait rien et cela commençait à l’énerver quelque peu. Pour se calmer il se concentra sur son nouvel environnement. Sur des panneaux indicateurs il pouvait voir des kanjis. Ainsi donc il se trouvait au Japon. Il poussa un soupir de soulagement, au moins la mission ne se trouvait pas dans son pays natale.

Une voiture semblait les attendre. Alors qu’Ethan était sur la défensive Rain s’engagea volontiers dans la berline noire. Le jeune homme la suivit alors abandonnant ses réticences. L’intérieur du véhicule était en cuir blanc et les vitres étaient quant à elle teintées. Le chauffeur quant à lui avait un fort goût pour le rap américain et il ressentait pas mal d’inquiétude. Enfin le jeune homme retrouvait son don. C’était tellement rassurant pour lui de pouvoir de nouveau se reposer sur son don. Son agacement s’envola alors soudainement. Finalement il retrouvait ses marques.

Le véhicule finit par s’arrêter devant un pan de mur blanc avec une toiture en pagode. Une porte en bois massif était présente de manière ostentatoire. Ethan suivit sa camarade comme son ombre. Il la vit lancer des éclairs au chauffeur qui faisait mine de danser sur le rythme de la musique. Le jeune homme savait d’un seul regard que ce dernier était extrêmement tendu et qu’il faisait semblant de ne pas voir la jeune femme qui était en train de le dévisager.
Rain abandonna le chauffeur pour porter son intérêt au portail, celui-ci étant entrebâillé elle poussa un peu plus pour dévoiler ce qui se cachait derrière. Une cour intérieur apparut alors avec au milieu une maison avec un seul étage. Tout était dans un style très traditionnel. Par chance Ethan savait pas mal de chose sur les coutumes Japonaises grâce à son père qui lui racontait parfois ses voyages à l’étranger. Les lieux étaient vraiment tranquilles et le jeune homme comprenait mieux l’expression « jardin zen » qui décrit ce genre de cours.
Sa camarade avança d’un pas rapide jusqu’au panneau de papier qui définissait l’entrée. Le jeune homme quant à lui se rappela un des rites nécessaire dans ce pays avant de pénétrer dans une maison. Il prit donc quelques instants sur le palier pour se déchausser. Son père lui avait dit qu’il avait trouvé cela très déplacé d’obliger les gens à ôter leurs chaussures, mais le jeune homme n’était pas comme son père et il se plia volontiers au jeu des japonais. Après tout ce n’était là qu’une marque de respect.
Alors qu’il ne mit que quelques petites minutes à enlever ses baskets il entendit du bruit derrière lui. Il se précipita dans l’entrée pour voir Rain en plein combat face à trois hommes armés de sabres. L’un d’eux termina rapidement au sol tandis que les deux autres se tenaient un peu éloignés de la jeune femme comme prêt à bondir.
Ethan les observa rapidement et sentit leurs sentiments. Il n’y avait aucune colère, aucune haine, il n’y avait que du sérieux. Le jeune homme observa la pièce rapidement, il y avait comme du sang sur les murs. Décidément quelque chose n’était pas claire dans cette situation. Se trouvait-il fasse à des tueurs de sang froid qui ne ressentait rien à commettre un meurtre ?

J'ai vu suffisamment de sang dans ma vie pour différencier le naturel de l'artificiel. Alors expliquez-moi ce cirque.

Rain en disant cette phrase fit alors la lumière sur la scène qui se trouvait sous les yeux d’Ethan. Tout cela n’était qu’une mise en scène. Il n’y avait eu aucun meurtre et ses hommes étaient là comme garde du corps ou plutôt comme juge des capacités de sa camarade et lui. Après tout n’étaient-ils pas censés protéger les enfants du maître des lieux ?
Un bruit de claquement se fit entendre dans le fond du hall et un homme en tenu traditionnel apparu tout en les applaudissant. Un large sourire était peint sur ses lèvres et Ethan en un coup d’œil confirma la joie de l’homme. Il devait s’agir du maître des lieux.

Ne vous inquiétez pas, je n'accueille pas toujours mes invités de cette manière, mais il fallait que je m'assure de certaines choses. À propos, saviez-vous qu'au Japon, il est impoli de pénétrer dans la demeure d'autrui chaussé ?

Voilà encore une démonstration du fonctionnement des japonais. Il était naturel chez eux de testé leurs employés même si cela pouvait aller assez loin. Ethan eu cependant un sourire satisfait du fait qu’il ait pensé à retirer ses chaussures, même si celle-ci trainait sur le palier et non dans le casier prévu à cet effet.

Oh, vous n'aimez pas les chaussures ? Venez donc les ôter vous-même.

Le sourire d’Ethan s’effaça aussi rapidement qu’il était venu. Rain voulait-elle les tuer tous les deux ? Enfin il se doutait qu’elle arriverait à tuer ses adversaires mais ce n’était certainement pas son cas. Le jeune homme fixa son attention sur le maître des lieux et sentit que ce dernier était nerveux. Au Japon on employait pas des gens en qui on n’avait pas confiance. Or le test venait d’être passé mais la réponse que venait de faire Rain pouvait tout aussi bien compliquée la situation.
Le jeune homme poussa un soupire. Par chance l’homme parlait anglais et il c’était exprimé dans sa langue natale ce qui lui permettait de communiquer facilement. S’arment de courage il enjamba le corps du garde pour se poster devant le maître de maison. Il s’inclina face à lui comment son père le lui avait montré dans la reconstitution de la scène de la signature de son contrat. Il était important d’avoir la bonne inclinaison mais Ethan ne savait pas laquelle était la bonne, il ne se plia donc que de quelques degrés pour enfin planté son regard flamboyant dans celui de son interlocuteur. Ce dernier eut d’ailleurs un petit recul. Les yeux rouges n’importe où dans le monde étaient loin d’être naturel et souvent ils étaient associés au mal.

Veuillez excusez ma camarade, elle n’est pas très au fait des coutumes de votre pays. Il faut dire que je n’en connais pas beaucoup plus. Je me dois cependant de vous signaler que si nous avons été choisis pour cette mission c’est que nous sommes les plus qualifiés. Il est donc naturellement agaçant pour nous de tomber dans des tests improvisés. Rain est d’ailleurs une guerrière hors pair vous l’admettrez.

Comme pour approuver sa tirade il se tourna vers sa camarade et son assaillant qui semblait littéralement sonné si ce n’est autre chose. Cette dernière le regardait d’une drôle de façon les bras croisés sur sa poitrine. De toute évidence une telle posture n’était pas bon signe. Peut-être était-elle due au fait qu’il ait employé son prénom alors qu’elle n’avait pas daignée le lui donner ? Il reporta donc naturellement son attention sur son interlocuteur sans avoir la réponse à sa question.

Je l’admets volontiers et je suis ravi de tomber sur quelqu’un d’aussi polie que vous. Je suppose que si cette dame est la guerrière vous devez être le stratège qui la guide.

Oh ! C’est un peu plus compliqué que cela mais nous formons une bonne équipe.


Autant mentir pour ne pas inquiéter le maître de maison. Ethan lança un regard à Rain mais celle-ci était toujours aussi froide. Est-ce que son intervention allait suffire pour les sortir de cette situation tendue ? En fixant son attention sur son interlocuteur il sentit les émotions de ce dernier. Il n’était rempli que d’émotion positive, il ne décelait aucune inquiétude en lui. Il avait donc été convaincu par sa petite tirade.

Bien, bien, veuillez me suivre que je vous présente mes enfants.
Ethan suivit l’homme mais resta tendu d’autant plus qu’il sentait Rain derrière lui. Avait-il bien fait d’intervenir ainsi ? Ce n’était pas lui le chef et il c’était comporté comme tel. Décidément cette mission commençait mal. Le pire étant qu’il ne savait toujours pas en quoi elle consistait. En tout cas il était ravi que la présentation des enfants lui fasse gagner un peu de temps.

Après avoir traversé de nombreux couloirs le maitre de maison arrêta le groupe devant une porte en papier. Il plaça sa main dans le petit troue prévu à cette effet et fit glisser la porte sur le côté. Une salle de jeu immense fit alors son apparition. Une vieille femme était assise à genou sur un coussin, les mains sur les genoux et regardait les enfants jouer devant elle. Les petits monstres étaient au nombre de trois, deux garçon et une fille plus âgée.
La nourrice, ou tout du moins ce qui y ressemblait tourna son visage abîmé par l’âge vers le petit groupe. Le propriétaire des lieux était aux anges devant ses bambins. Voilà bien une chose qu’Ethan même s’il était né avec son bagage émotionnel humain, était bien incapable de comprendre. Il fallait bien avouer que sa relation avec ses parents étaient loin d’être harmonieuse. Il n’avait jamais vu sur le visage de l’un d’eux le même sourire que sur ce père japonais. Ce dernier venait d’ailleurs de se mettre à genoux les bras écartés pour que ses enfants se précipitent dans ses bras.

Papa est content de vous revoir.

Nous aussi, claironnèrent les enfants en chœur.


Une petite grimace se peigna sur le visage du jeune homme. Il n’avait jamais été heureux de revoir son père ou sa mère. Ils vivaient sous le même toit et leur relation s’arrêtait presque là.
Le maitre des lieux se releva, épousta son pantalon et désigna les enfants tour à tour.

Voici Yumi ma grande fille âgée de huit ans, Satô le second âgé de sept ans et enfin Ryukô mon petit dernier âgé de cinq ans.

Les petits monstres courbèrent à l’unisson l’échine en guise de bonjour. Ethan eu l’obligeance d’en faire de même et afficha un sourire de circonstance.

Vous êtes l’heureux père d’une belle famille.

Le sourire du père japonais se fit encore plus grand. Chose qu’Ethan pensait impossible. Il était débordant d’amour pour ses enfants et éprouvait une joie immense à être près d’eux. C’était vraiment troublant pour le jeune homme qui n’avait connu que des nourrices et peu fréquenté ses parents trop absents. Se trouvait-il devant la famille parfaite ? Il en doutait, il devait bien y avoir une ombre au tableau.
Vous avez raison jeune homme, j’espère d’ailleurs que vous prendrez bien soin de mes trésors durant mon absence.

Bien entendu.


Un, deux, trois. QUOI ??!!

La lumière se fit dans l’esprit d’Ethan. Il avait répondu machinalement sans se rendre compte. La mission que le rongeur lui avait cachée était en fait du babysitting ? C’était invraisemblable, il ne pouvait pas y croire. Pourtant tout collait. Il comprenait mieux la réaction de sa camarade quand elle avait lu l’ordre de mission. Lui n’en savait rien. Il se mit à siffler entre ses dents :

Foutu rongeur la prochaine fois j’en fais une toque !

Pardon ?


L’heureux père le fixait avec une moue interrogatrice. Ethan afficha un grand sourire.

Je me parlais à moi-même excusez-moi. En tout cas vous pouvez compter sur nous pour nous occuper de vos enfants après tout nous sommes là pour ça.

Oui et j’espère que vous ne me décevrez pas. Pour ce qui concerne le programme de la journée c’est Yuki qui va se charger de vous le donner. Je dois partir.


L’homme courba l’échine et partit en vitesse de la pièce. Ethan sentait en lui une froideur sans nom, celle que possédait les hommes d’affaires ou les mafieux. Très vite la vieille nourrice vient se présenter pour donner le programme de la journée au deux jeunes gens.
Le jeune homme n’en avait rien à faire et il se perdait dans la contemplation de la pièce.



HRP : Le duo de choc va garder trois bébés monstres. Vont-ils s'en sortir ? La suite au prochain Rp.


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Rain

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Re: Those who freeze to death - Ven 24 Oct 2014 - 4:19
Puis quoi encore ? Ce n'était pas parce que l'Académie les avait envoyés qu'ils allaient obéir au doigt et à l'œil d'un inconnu. S'il y avait bien une chose qui horripilait Rain, c'était que l'on tente de lui imposer une manière d'être ou de faire. Elle avait bien assez subi durant sa vie de mortelle pour tolérer encore ce genre de fonctionnement. Il y avait des gens qu'elle respectait, pour qui elle pouvait bien faire un effort au niveau de son comportement, mais cet homme d'affaires japonais n'en faisait pas partie. Elle qui était habituellement si fascinée par les sourires, celui qu'arborait cet homme sur son visage ne lui plaisait pas. Il y avait ce petit quelque chose qui lui plaisait et qu'elle ne retrouvait pas chez lui, et cela la dérangeait profondément.

Mais alors qu'ils se jaugeaient, tendus, Ethan fit son apparition dans leur champ de vision respectif, après avoir enjambé le corps du subalterne allongé près de la porte. Rain l'observa pendant qu'il s'inclinait devant le propriétaire des lieux et commençait son discours. Visiblement, il tentait de sauver la situation à sa manière. Et il y parvint avec une certaine aise qui avait de quoi rendre la membre du Conseil envieuse. Mais elle demeura plutôt concentrée sur ce qui se déroulait, méfiante vis-à-vis de leur interlocuteur, dont les deux larbins encore debout étaient toujours armés. Bien que tout cela fusse visiblement une mise en scène, ils n'avaient pour autant baissé leur garde. Sans doute redoutaient-ils de leur côté une hostilité de la part de la grande brune.

Tiquant légèrement aux mots « stratège » et « bonne équipe », Rain s'abstint néanmoins de prononcer le moindre commentaire. Ce n'était pas le moment de chipoter sur des détails, si croire en cela pouvait les aider à se magner le derrière et leur présenter les morveux, alors ainsi soit-il. Non mais. Ils n'allaient pas rester toute la matinée bloqués dans ce hall repeint au faux sang tout de même.

— Enfin ! Ce n'est pas trop tôt, fit la jeune femme en levant les yeux au ciel, alors que le propriétaire se décidait à les amener auprès de ses enfants.

Elle emboîta ainsi le pas à Ethan cependant que celui-ci faisait de même avec leur employeur du jour, et passa devant les deux hommes de main d'Asano qui furent quant à eux chargés de nettoyer les lieux. Eh bien oui, ils avaient jugé amusant de transformer le hall en scène de tournage, il fallait le récupérer intact maintenant.

Les mains enfoncées dans les poches de sa veste, Rain se laissait guider parmi les nombreux couloirs de la propriété. Tout en marchant, son regard faisait office de scanner et analysait les moindres détails des lieux. Dans sa tête, un plan de la zone dans laquelle ils se trouvaient actuellement commençait déjà à se dessiner, avec les potentielles échappatoires, les chemins les plus courts pour y accéder, le nombre de personnes avec qui ils partageaient ce toit, le nombre d'objets pouvant servir d'armes et tous les détails qui peuvent paraître inutiles à un humain normal. Tout cela venait envahir l'esprit de l'arme humaine sans lui demander son avis. C'était ainsi qu'elle avait été programmée, c'était ainsi qu'elle fonctionnait. Et puis à choisir, elle préférait être trop renseignée sur l'endroit où elle posait les pieds que pas assez.

Ils arrivèrent bientôt. Au milieu d'une grande pièce richement décorée se trouvait une vieille dame en position assise en compagnie de trois enfants qui devaient se situer dans la tranche des cinq à dix ans. Tous les trois se précipitèrent vers leur paternel dès son entrée, ignorant totalement les deux intrus qui se tenaient derrière celui-ci. Rain pour sa part demeurait imperméable aux piaillements des jeunes et des marques d'affection que la petite famille se témoignait. Pourtant elle aurait aimé comprendre, elle aurait aimé que ces émotions frôlent son cœur ne serait-ce qu'un tout petit peu. Mais il n'y eut rien. Elle ne fit qu'assister, complètement extérieure à la scène.

Ethan, lui, devait sans doute se sentir davantage concerné…

… Mais Rain omit de le consulter du regard. S'il y avait bien une chose, une seule chose dont elle avait peur, c'était le néant. Cette sensation de ne pouvoir rien ressentir, de ne rien savoir, de ne pas être… pouvait la saisir à tout moment et la plonger dans un profond malaise. Et elle préférait éviter autant que possible.

Préférant se concentrer sur les trois garnements qu'ils étaient censés protéger durant toute une journée, l'ancienne professeur put noter que Yumi, l'ainée, avait un comportement posé, tandis que Satô, lui, les regardait avec des grands yeux, un sourire aux lèvres. Caché derrière Yumi se tenait Ryukô. Lui, à partir du moment où son père avait fait les présentations, c'était comme s'il venait de réaliser la présence de personnages potentiellement hostiles dans la pièce. Il s'était alors réfugié derrière le dos de sa grande sœur et, les sourcils froncés, jetait de temps en temps des regards dans leur direction, tout en prenant soin d'échapper à toute échange optique.

Rain n'avait bien évidemment aucune idée de leurs états d'âme et s'y intéressait à peine. Aussi, lorsque les trois bambins s'inclinèrent poliment devant eux en guise de salut, elle ne put se résoudre à suivre le mouvement comme Ethan semblait le faire avec une aisance qui lui échappait. Pour la peine, elle détourna simplement les yeux, faisant mine de ne pas avoir vu le geste, à défaut de vouloir réagir vis-à-vis de celui-ci. « Heureux père d'une belle famille » hein… il fallait déjà qu'on lui explique ce qu'était un père et ce qu'était une famille. Au final, elle ne connaissait ces mots que par leur définition, mais ne possédait aucune notion de ce genre pour autant.

Bâillant bruyamment, Rain finit par croiser le regard de la nourrice, qui avait été chargée de présenter le programme du jour à la suite du départ du chef de la maison. Celle-ci ne semblait pas apprécier son absence totale d'éducation, mais à vrai dire la membre du Conseil arrivait à peine à comprendre ce qu'elle tentait de lui transmettre par le biais d'un simple regard, alors elle avait forcément un peu de mal à prendre le message en compte. Ce qu'elle n'eut aucun mal à noter, en revanche, c'était qu'ils allaient passer une journée d'enfer…

***

Et toi tu sais compter zusqu'à cent ?

— … Hein ?

Bercée par le rythme de la voiture, Rain s'était un peu laissée aller dans ses pensées. Elle se redressa vivement alors que le chauffeur à sa droite semblait s'amuser de la situation. Une petite main était agrippée sur l'épaule de son siège côté passager, laissant le visage de Satô s'approcher autant qu'il le pouvait. Et dire qu'elle avait cru naïvement que prendre la place de devant lui permettrait d'avoir la paix. La jeune femme jeta donc un regard noir à Ethan qui, relégué sur la banquette arrière avec les trois enfants, était selon elle responsable de ce dérangement. Elle n'eut néanmoins pas le temps de dire quoi que ce soit et sentit soudain qu'on lui tripotait les cheveux. Aussitôt, elle retira sa tête du dossier et découvrit Yumi juste derrière celui-ci.

Je peux les brosser ?

Du japonais. Mais oui, les gosses parlaient japonais, et visiblement, ils s'emmerdaient avec un Ethan qui ne connaissait naturellement aucun mot dans cette langue. Pourquoi le lui avoir collé dans les pattes encore ? Bonne question. Pour sa part, Rain possédait un registre de plusieurs langues dans sa tête. L'intérêt d'un être programmé à sa naissance, c'était qu'elle n'avait pas à s'embêter à les apprendre.

Non.

À peine avait-elle lâché son premier mot nippon que le chauffeur à côté d'elle s'exclamait, l'air d'un coup très intéressé par sa personne :

Oooh vous parlez japonais ?

« … Gros lourd » pensa très fort la jeune divinité.

Un peu.

Réponse concise, suivie d'un détournement de regard, pour bien lui signifier qu'elle n'avait aucunement l'intention de taper causette. Heureusement, cet abruti s'était abstenu de mettre ses bruits assourdissants... enfin sa musique de banlieue en présence des enfants de son patron. Sinon ce serait le pompon et, qui sait, peut-être l'élément déclencheur qui pousserait Rain à encastrer sa tête dans le volant de sa voiture.

— Ne vous inquiétez pas, je sais parler anglais un peu aussi, reprit l'homme dans la langue natale d'Ethan, au plus grand désespoir de son interlocutrice. Il le faut pour le boulot, vous comprenez ?

Aucune réponse ne lui parvint. La demoiselle aux cheveux noirs se contentait de regarder sa fenêtre. Il ne pouvait se permettre de trop s'attarder dessus puisqu'il devait se concentrer sur sa route. Il ne remarqua ainsi pas que les traits de Rain étaient devenus tendus. On pouvait, avec un peu d'imagination, presque lui dessiner un nerf saillant sur le front.

— C'est votre petit ami ?

Le canon froid d'un pistolet gros calibre vint rencontrer le nez du malheureux tandis que la voiture virait brusquement sur la droite dans un crissement de pneu.

— Un mot de plus et…

— Woh c'est bon du calme ! J'ai rien dit ! Je retire !

La berline zigzagua un moment sur l'autoroute avant de retrouver sa trajectoire rectiligne et paisible. Le conducteur, les mains crispées sur son volant, avait du mal à se remettre de ses émotions. Il respirait bruyamment, jetait des coups d'œil en direction des enfants et également d'Ethan comme s'il craignait que celui-ci dégaine une mitraillette à son tour.

— Mais qu'est-ce que vous faîtes avec cette arme ? Vous êtes au courant que vous êtes avec des enfants ?

Comme s'il ne s'était rien passé, Rain rangea son arme dans son holster caché sous sa veste, et se remit droite dans son siège, la mine impassible.

— Je prends mes précautions. Vous devriez en faire de même, la prochaine fois que vous songez à l'ouvrir.

***

Wonderland. Telle était l'inscription qu'arborait l'immense pancarte qui trônait à l'entrée du parc d'attractions. Claquant la portière derrière elle, Rain commençait à s'avancer vers la foule qui s'amassait devant, lorsqu'un toussotement se fit entendre dans son dos. Près de la voiture, Yumi tenait la main de son cadet Ryukô, qui était toujours réfugié dans ses jupons et qui refusait catégoriquement de prendre la main d'Ethan. Satô, lui, n'était rattaché à la troupe que grâce à sa sœur qui avait eu la présence d'esprit de saisir sa capuche. Son regard émerveillé et son grand sourire béat suffisaient pour faire comprendre que si on ne le retenait pas, il gambaderait sans plus attendre vers la file qui se créait devant le parc.

— Vous devez prendre les enfants par la main mademoiselle, précisa le chauffeur, accoudé sur le toit de sa voiture, en voyant que la grande brune ne réagissait pas.

On y va on y va on y va on y va on y va on y va… répétait Satô de son côté en sautillant sur place.

— Oh bouclez-la.

— Mademoiselle, voyons...

En quelques pas, Rain était revenue à la hauteur de Satô, quand elle remarqua un léger problème. Derrière eux, Ryukô se refusait à avancer, peu importaient les efforts de sa sœur pour le rassurer. Il restait là, blotti derrière le dos de son ainée, à regarder avec la plus grande méfiance dont était capable un être de cette taille ces personnes qui allaient l'amener.

Il veut pas avancer.

Avec une délicatesse qui lui était propre (Ô douce ironie), elle saisit le garçon et le souleva. Vu comment elle s'y était pris, elle aurait eu affaire à un sac de patates, la démarche aurait été la même. Elle attrapa ensuite la main de Satô et entama enfin le chemin vers l'enfer terrestre. Sauf que voilà, comme le disait si bien Sartre, l'enfer, c'est les autres. En l'occurrence, l'enfer, c'était le mioche qu'elle venait de se décider à porter par simple souci d'aller plus vite. Celui-ci s'était mis à pleurer, et bientôt à brailler, ce qui n'était guère agréable lorsque cela se faisait juste à côté de l'oreille.

Ah mais vous allez la fermer oui ? grogna Rain dans la langue du morveux en espérant se faire comprendre. Mais même avec ça, rien n'y fit, les cris du gamin redoublèrent, lui donnant furieusement envie de le balancer au loin. Au moins, accroché tête en bas à la pancarte du parc d'attractions, il aurait une bonne raison pour chialer.




Cadeau d'anniversaire de Yanichou:
 

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Re: Those who freeze to death - Mer 5 Nov 2014 - 0:17
Douceur





Bla bla bla bla

Ethan relégué à l’arrière du véhicule ne comprenait strictement rien à ce que disaient les trois petits monstres tout autour de lui. La barrière des langues n’aurait pu n’avoir aucune incidence sur son travail, mais après avoir sauvé le plus jeune des enfants d’une chute par la fenêtre ouverte du véhicule il se disait que cela allait lui poser un gros problème. D’autant plus que personne d’autre dans le véhicule ne semblait parler anglais. Encore heureux que la vieille nurse parlait la langue de Shakespear et qu’elle avait pu lui expliquer le programme de la journée. Seul bémol là encore c’est qu’il n’avait retenu de la conversation moins de la moitié des informations, mais d’après ce qu’il se rappelait ils se dirigeaient tous vers un parc d’attraction du nom de Wonderland. Les non-anglophones se sentaient-ils donc tous obliger de donner des noms anglais à n’importe quoi ? Pour Ethan c’était toujours quelque chose de drôle mais pour le coup il n’avait pas envie de rire.

Les petits monstres étaient bien décidés à enquiquiner leurs nounous du jour. Le petit Satô avait décidé de porter son attention à Rain et il lui agrippa l’épaule afin de l’obliger à la regarder. Cela lui valut un regard noir. Ethan eut droit au même regard auquel il répondit par un haussement d’épaule. Que pouvait-il faire ? Il ne comprenait pas un mot de japonais et il était totalement incapable de donner des ordres aux enfants à moins de jouer les mimes. Autant dire que cela enlevait toute crédibilité à son autorité.
Rain fit alors retentir un mot à la résonnance nippon. De toute évidence elle parlait japonais. Ethan fit quelque peu la moue. Il se sentait quelque peu désarmé dans cette mission. Garder des enfants n’avait rien de compliqué mais quand on se faisait accueillir avec des hommes armés de katana, cela présageait une journée très mouvementé. Ce monsieur Asano était-il si important ici ? Le jeune homme n’en savait rien et il était certains que son père ne lui avait jamais parlés de lui. Mr Abberline ne pouvait cependant pas tout savoir.
Quelques phrases furent échangées avec le chauffeur. Ce dernier semblait heureux de découvrir que Rain pouvait lui faire la conversation. Il semblait d’ailleurs très amusé par la situation alors que cette dernière lui répondait sèchement. Décidément elle n’était vraiment pas douée pour faire la conversation. C’était vraiment à croire qu’elle n’était en réalité pas humaine. Une espèce de cyborg venu du futur peut-être ?

Ne vous inquiétez pas, je sais parler anglais un peu aussi. Il le faut pour le boulot, vous comprenez ?

Ethan regarda le visage de son interlocuteur dans le rétroviseur du véhicule et se contenta d’un hochement de tête. Lui non plus ne voulait pas faire la conversation. Il était bien trop préoccupé par d’autre chose, comme l’énigme de l’existence de Rain. Comment un humain pouvait naître sans émotion ? C’était illogique et presque biologiquement impossible. L’adrénaline est une substance sécrété à cause de nos émotions et il y a énormément d’hormone qui agisse de la même façon. Rain était-elle biologiquement incomplète ? Etait-elle une nouvelle créature de Frankenstein ?
Les hypothèses et les questions se multiplièrent dans l’esprit d’Ethan tandis que le chauffeur le ramena vite à la réalité en posant une question il faillit le tordre de rire.

C'est votre petit ami ?

La question avait été posé dans un anglais approximatif mais suffisant pour qu’Ethan comprenne. Il ne savait d’ailleurs pas pourquoi l’homme avait posé la question dans sa langue natale. Alors qu’il retenait un rire qui lui aurait sans doute valu les foudres de Rain. Une lueur argentée vint se mouvoir sous ses yeux pour se poser sur le crâne du conducteur.
La douce Rain dans son immense bonté venait de coller au nez du japonais le canon d’un revolver, tandis que le véhicule prenait un virage inattendu. Ethan eut le réflexe de placer son bras en barrière devant les corps des trois enfants alignés sur la banquette arrière. Ses yeux étaient ouverts en grand figés dans une expression de surprise.

Un mot de plus et…

Woh c'est bon du calme ! J'ai rien dit ! Je retire !


La voiture zigzag alors un moment avant de retrouver une trajectoire normal. Le jeune homme avait toujours le bras tendu alors que le véhicule suivait de nouveau une ligne droite. C’est l’un des enfants qui un sourire amusé aux lèvres le lui fit baissé. À croire que les trois enfants étaient totalement habitués à ce genre d’évènement. S’il l’avait pu il leur aurait certainement posé la question, mais la barrière de la langue était infranchissable.
La surprise passé Ethan croisa les bras sur son torse avec un visage d’enfant boudeur. Comment cette femme pouvait-elle être membre du conseil ? Elle était plus digne du club des bourrins suicidaires que de faire partie d’un groupe d’élite chargé de tâche bien spécifique. D’ailleurs c’était quoi les tâches qui incombaient aux membres du conseil ? Voilà encore une autre question qui n’était pas prêt de trouver une réponse.

-_-_-_-_-_-_-_-_-_-

Those who freeze to death 1415142825-wonderland-logo

Une énorme pancarte avec le dessin d’un château féerique indiquait : Wonderland. Dessus on pouvait même y apercevoir des… poulpes ?! Oui, Ethan ne rêvait pas il y avait bien des poulpes sur cette affiche. Certes ils avaient l’air mignon mais quand on connaissait la véritable apparence de la bête c’était loin d’être aussi charmant.
Rain fut la première à sortir du véhicule une fois garé. Ethan devait donc une nouvelle fois se charger des enfants seul. Il tandis alors la main à Ryukô pour que celui-ci la saisisse alors qu’il c’était déjà emparer de la main de sa sœur. Cependant ce dernier ne semblait pas vouloir la lui donner. Il ne devait pas faire confiance à un étranger, ce qui était une réaction tout à fait normal. Satô quand à lui était prêt à se précipiter dans le parc mais sa sœur le retenait par la capuche. De toute évidence le gamin avait hâte de voir ses amis les poulpes.
Le chauffeur se mit alors à s’adresser à Rain :

Vous devez prendre les enfants par la main mademoiselle.

Ethan afficha un air de stupeur. Rain n’était pas du genre à se faire dicter ce qu’elle devait faire. Satô quand à lui c’était mis à sautiller sur place tout en parlent. Même si Ethan ne comprenait toujours rien le fin doigt que le petit tendait vers l’entrée ne pouvait signifier qu’une chose : qu’il voulait à tout prix rentrer à l’intérieur de l’enceinte du parc.
Rain cracha quelques mots venimeux tandis que le chauffeur répondit outré. Elle vint alors à la hauteur du gamin. Le jeune homme la regarda d’un air apeuré avec la main toujours tendu vers Ryukô. Il craignait le pire pour le garçon.
La jeune femme se saisit du garçon et le souleva devant elle comme s’il s’agissait d’un drôle d’animal à observer de plus près. Ethan en ouvrit la bouche. Mais qu’est-ce qu’elle était en train de faire ? Elle était tout bonnement en train de prendre le garçon sur son épaule et de partir avec. Au passage elle prit même le temps de se saisir de la main de Satô.
Le jeune Ryukô se mit très vite à pleurer puis à crier. Cela n’arrêta pas la jeune femme dans sa marche vers le guichet qui se mit à grogner quelque chose d’incompréhensible aux enfants. Ses derniers étaient terrifiés face à une telle réaction et Ethan le ressentait pleinement. Il reprit ses esprits, ferma la bouche, adressa un sourire aimable au chauffeur et se mit à marcher plus rapidement pour rattraper Rain qui avait pris une bonne longueur d’avance. Une fois assez prêt d’elle, il posa le plus délicatement du monde une main sur l’épaule non occupé. Comme il s’y attendait sa charmante propriétaire tourna la tête vers lui avec un regard noir.

Rain ? Je peux savoir ce que tu fou ?

La phrase eut assez d’impact pour la faire s’arrêter sur place. Il avait sans doute était bien trop familier avec elle, mais il s’en fichait royalement. Ce qu’il voulait c’est qu’elle s’arrête et c’est ce qu’elle venait de faire. Il en profita délicatement pour prendre le garçon de sur l’épaule de Rain et le faire descendre à terre. Ce dernier était toujours en larme et il essayait de retenir ses pleures avec ses petits poings fermés. Cette image aurait pu attendrir bien des mères mais Ethan n’avait pas l’instinct maternel. Sa mère non plus d’ailleurs ou alors elle ne l’aurait pas autant confié à des nourrices. Il fit tout de même ce qu’il pensait être la meilleure chose à faire, c’est-à-dire poser une main sur le crâne du garçon et lui caresser les cheveux doucement. Petit à petit les sanglots se firent étouffés et Ryukô cessa de pleurer.

Faire preuve de violence avec un enfant ne marchera pas. Si tu veux le calmer il te faudra être douce et attentionnée. Je me doute que cela est compliqué pour toi qui préfère la guerre au discussion mais nous n’avons pas le choix.

En guise d’ultimatum il prit la main de Ryukô, poussa de l’autre la jeune Yumi devant lui et invita Satô à les rejoindre. Il planta là la douce Rain pour s’avancer vers les guichets et prendre les billets. La veille nurse lui avait fournis l’argent nécessaire pour les acheter. C’est donc avec un grand sourire qu’il demanda à la jeune femme qui portait un badge en forme de poulpe :

Deux billets adultes et trois billets enfants s’il vous plait !


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HRP : Clin d'œil au poulpe du forum !


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Rain

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Re: Those who freeze to death - Lun 15 Déc 2014 - 0:56
Magnifique début de journée pour Rain Sinclaire ! Devoir disparaître aux yeux d'un proche pour le sauver d'une mort certaine n'était pas suffisant, il avait fallu qu'elle perde l'unique objet la rattachant encore à lui, qu'elle fusse responsable de cette perte, tout autant qu'elle fusse responsable de sa baignade glacée. Mais ce n'était pas tout. Il avait fallu qu'elle tombât sur un écureuil parlant et qu'elle se vît confier une mission de babysitting par ce même écureuil. Du babysitting, oui... Et ce fut ainsi qu'elle se retrouva avec un môme de cinq ans dans les bras. Le même môme qui martyrisait ses tympans tout en libérant toutes les larmes de son petit corps. Autant dire que l'envol était imminent pour le garçonnet. Il est pour qui, le direct pour la pancarte du parc d'attractions ?

Décollage dans 3, 2...

Des pas traversèrent le rideau de cri à son oreille. Une main s'apposa sur son épaule. Aussitôt, la jeune femme se retourna pour faire face à Ethan, son compagnon de mésaventure dont elle avait complètement zappé l'existence. Une fois son attention obtenue, le brun lui posa une question des plus étranges. Comment ça "qu'est-ce que tu fous" ? Cela ne se voyait-il donc pas ? Et s'il venait l'aider au lieu de poser des questions débiles ?

Rain n'eut que le temps d'ouvrir la bouche. Sa réplique en revanche demeura dans sa gorge, lorsqu'elle sentit Ethan s'approcher davantage pour se saisir du paquet hurlant qu'elle maintenait sur son épaule. Tenant le jeune Ryukô dans ses bras, l'apprenti-dieu se mit à caresser à répétition les cheveux de son protégé. Par elle ne savait quel miracle, sans doute la bénédiction de la Sainte Pantoufle, le mioche cessa de hurler et s'efforça même de calmer ses sanglots. Une main sur la hanche, l'autre agrippant toujours celle de Satô, Rain assista, interdite, à la scène, cependant qu'Ethan se décidait à reprendre la parole pour lui donner ce qui semblait être une leçon de comportement.

Comment se comporter ? Une question qui était sans doute évidente pour tout être humain ayant reçu un minimum d'éducation, mais qui se révélait être un vrai casse-tête pour quelqu'un comme Rain. On ne l'avait pas programmée pour entretenir des relations approfondies, son rôle s'était toujours limité au fait de repérer les cibles et de les éliminer. Les formules de politesse ainsi que son langage globalement soutenu n'étaient là que pour l'aider à obtenir certaines informations, sans plus. Les handicaps, plus nombreux qu'il n'y paraissait, avaient été mûrement réfléchis pour l'entraver dans sa vie en société. Ils s'étaient toujours assurés à ce qu'elle ne parvienne jamais à trouver son indépendance.

Je suis née ni pour aimer, ni pour être aimée, simplement pour tuer. Pour accomplir... la Volonté de mes créateurs.

Sa paume était découverte, ses doigts tremblant légèrement. Elle observait cette main, cette main que Satô venait de lâcher sans se poser de question, pour aller saisir celle d'Ethan. Avait-elle fait preuve de violence ? Était-ce mal ? Vraisemblablement. Douce ? Attentionnée ? Qu'est-ce que cela pouvait bien vouloir dire ? Quelle était la définition d'un tel comportement ? Comment l'adopter ? En était-elle seulement capable ?

« Je me doute que cela est compliqué pour toi... »

Comment cela, il s'en doutait ? Ah, bien sûr, il pensait qu'elle n'était pas humaine... et il avait sans doute raison. Avait-il également raison pour ses émotions, ou plutôt, l'absence de ses émotions ? Puisqu'il en avait fait son domaine, puisque c'était ce qu'elle avait vu dans son dossier, s'il pensait qu'elle ne ressentait rien, peut-être que c'était vrai... Dans ce cas, comment expliquer ces tremblements aux extrémités de ses doigts ? Comment expliquer cette impression de manquer d'air alors qu'elle se trouvait à l'extérieur ?

Ses doigts se replièrent sur eux-mêmes pour se resserrer en un poing. Non, il se trompait forcément. Après tout, il n'était que novice dans son domaine, il ne serait pas étonnant qu'il fasse des erreurs à son niveau. Elle ne ressentait peut-être pas aussi fortement les choses que les humains, mais un jour elle y parviendrait. Elle parviendrait à se détacher complètement de cette voie dans laquelle ses créateurs l'avaient imbriquée. Elle parviendrait à tracer la sienne.

— Donnez-moi ça.

La jeune femme s'était interposée alors que la guichetière exhibait les billets demandés par Ethan, billets qu'elle lui ôta des doigts sans cérémonie. Sous le regard outrée de l'employée, Rain s'éloigna avec les tickets d'entrée en direction du portillon, tickets qu'elle fit valider sans prononcer le moindre mot. Eh oui, c'était simplement sa manière d'attirer l'attention et de dire « Ouhou, je suis encore là ».

***

Accoudé contre le toit de sa voiture, le chauffeur personnel de la famille Asanô observa la petite bande disparaître derrière les files se pressant devant le parc. Il extirpa alors un téléphone de sa poche et composa un numéro sans quitter des yeux l'entrée bondée. Un déclic résonna à l'autre bout du fil, comme une invitation à parler.

— Tout s'est déroulé comme prévu, déclara l'homme, un grand sourire sur les lèvres, ils sont entrés avec les gosses, terminé !

***

— Qu'est-ce qu'ils nous veulent ?

Ce fut la question que Rain adressa à Ethan alors que les gamins piaillaient des mots nippons, excités comme des puces.

— Ah oui, c'est vrai, soupira la jeune femme, tirant une mine encore plus blasée que d'habitude (oui c'est possible), vous ne parlez que anglais. Et moi je ne parle pas le mioche, voilà qui est fort embarrassant.

Satô, le cadet et vraisemblablement le plus téméraire des trois, se mit alors à courir devant, suivi bientôt par sa sœur et son frère. Ils forcèrent ainsi leurs babysitters à accélérer le pas, mais pas pour longtemps. Un doigt pointé vers une grosse caravane d'où émanait une douce odeur de nourriture, Satô leur souriait. Ah, le langage corporel. Avec un soupir de résignation, Rain dégaina l'enveloppe que leur avait laissé le père des enfants. Non parce qu'il était hors de question qu'ils paient de leur poche, déjà qu'ils étaient forcés de supporter ses rejetons, non mais.

Il y avait foule dans le parc. Les enfants gambadaient çà et là, leurs familles à leurs trousses. Tous semblaient avoir trouvé leur place dans ce monde féérique, d'une manière ou d'une autre. Et pourtant tous n'avaient pas leur place dans ce décor de bisounours. Pour l'heure, ces mystérieux intrus avaient fait en sorte de rester discrets. Parfaitement camouflés, ils attendaient le moment propice...

— Dîtes-moi... Qu'entendez-vous par « douce et attentionnée », au juste ?

Ravalant sa fierté, Rain avait fini par lâcher ces mots à l'intention de son partenaire de mission. À leurs côtés, Satô et Yumi marchaient avec chacun une barbe à papa entre les mains. Toujours collé à sa sœur, Ryukô se contentait de grignoter un beignet au sucre. Tous les trois semblaient aux anges, et tous les trois s'arrêtèrent en parfaite synchronisation à l'apparition d'une silhouette plus loin. Satô poussa une exclamation, suivi bientôt de sa sœur, tandis que les yeux du petit dernier s'illuminaient.

Si un début de réponse avait été donné par Ethan, Rain ne l'entendit pas. Rapide comme une ombre, elle s'était interposée entre l'immense dragon rose en peluche et Satô. Le premier ne put jamais prendre le petit garçon dans ses bras. Son poignet se retrouva vite prisonnier de la poigne de la demoiselle au regard glacial et, malgré la tonne de rembourrage que lui offrait son déguisement, il ne put s'empêcher de pousser un petit couinement de douleur. L'instant d'après, il avait fini les genoux au sol, le bras retourné et une pression entre les omoplates, solidement immobilisé.

— Nom et intentions. Allez, plus vite que ça.

Autour d'eux, il y avait eu un mouvement de recul. Certains étaient choqués par la scène, d'autres dégainaient déjà leur téléphone pour l'immortaliser. Nul doute que c'était la meilleure chose à faire face au combat épique qui s'annonçait. Ce n'était pas tous les jours que l'on voyait une jeune femme faisant une clé de bras à un gros dragon rose, après tout.

Est-ce que la sécurité apprécierait néanmoins ? Rien n'était moins sûr...




Cadeau d'anniversaire de Yanichou:
 

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Re: Those who freeze to death - Ven 16 Jan 2015 - 1:17
Douceur & Douleur


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Donnez-moi ça.

Sans plus de cérémonie Rain venait d’arracher les tickets des mains de la guichetière tout en passent devant Ethan. En un sens il était ravi de voir que la jeune femme c’était ressaisit, dans un autre il savait que c’était là le début de ses problèmes. Un professeur de combat en colère ce n’était pas bon pour lui du tout. L’employée regardait Rain et lui à intervalle régulier avec un air mauvais. Oui, oui, c’était bien sa partenaire pour cette mission et elle agissait comme bon lui voulait. Cette dernière était d’ailleurs partit vers le portillon faire valider les tickets d’entrée.
Le jeune homme fit un haussement d’épaule et entraîna les enfants à sa suite. La suite des évènements promettaient d’être riche en émotion.

-_-_-_-_-_-_-_-_-_-

Les enfants étaient au comble de l’excitation ils sautillaient de partout. Ryûko  le plus timide de la bande était lui aussi plus enclin à s’amuser plus tôt que de se préoccuper du fait que son père n’était plus avec lui. Cela soulagea Ethan de voir que les enfants étaient ravi de leur visite au parc d’attraction. Que ce serait-il passé si les gamins avaient dit à leur paternel que leur journée avait été pourrit ? Le jeune homme n’osait pas imaginer la chose.
Les gamins se mirent alors à crier et à parler assez fortement tout en pointant le doigt n’importe où et en tirant sur les manches et le pantalon des deux acolytes.

Qu'est-ce qu'ils nous veulent ?

Comment voulait-elle qu’il le sache ? Il ne parlait pas japonais !
Le jeune homme la dévisagea d’un regard mauvais. C’était cependant peine perdu car Ethan était bien incapable de faire passer un tel message par ses yeux. Même quand il se voulait méchant il avait un air de gentil garçon. Il s’apprêtait à rétorquer mais elle fut une nouvelle fois plus rapide que lui :

Ah oui, c'est vrai, vous ne parlez que anglais. Et moi je ne parle pas le mioche, voilà qui est fort embarrassant.

À voir l’air encore plus blasé que la jeune femme affichait elle semblait trouver son coéquipier plus encombrant qu’autre chose.
Le plus âgé – Satô s’il se rappelait bien – se mit soudain à courir devant eux suivi par les deux autres. Ethan n’eut même pas le loisir de répondre à sa collègue qu’il était en train de faire une marche rapide et forcé à ses côtés pour suivre les petits monstres. Le gamin stoppa sa course devant une caravane d’où l’on sentait provenir une douce odeur sucré. Les enfants avaient faim de toute évidence et le petit index pointé dans la direction du marchand de gaufres – et autres aliments sucré qui vous plombaient les dents en deux bouchées – ne faisait que confirmer cette intuition.
Rain dégaina l’enveloppe contenant leur salue à tout le deux. Elle allait pouvoir contenter les enfants pendant quelques temps et ils seront tranquilles par la même occasion. Les deux plus grands préférèrent une barbe à papa tandis que le dernier se contentait d’un beignet au sucre. Ethan pris soin d’aider le petit dernier à se débarbouiller du sucre qu’il se collait au visage à chaque bouchée. Le petit était farouche et ce n’était pas évident pour lui d’accepter qu’un inconnu lui tripote le visage avec un bout de papier absorbant.
Il ne c’était jamais occupé d’enfant auparavant mais il savait naturellement quoi faire, se rappelant les gestes que sa nourrice avait eu à son égard. Tout cela lui semblait naturel même s’il voyait que pour la femme du conseil cela était un tout autre point de vue. Il avait l’impression parfois qu’elle le dévisageait complètement comme s’il s’apprêtait à faire une chose étrange ou encore pire à ouvrir la bouche et faire une révélation capable de bouleversé toute sa vie. C’était perturbant pour lui, alors dès qu’il le pouvait, il évitait son regard au point de lui tourner carrément le dos afin de faire son travail de babysitter. Le fait est que son rôle de papa-poule était entravé par la barrière de la langue une nouvelle fois. Il était incapable d’imposer sa volonté aux enfants sans siffler ou gesticuler dans tous les sens. C’était bien embarrassant quand l’on voyait tout le monde qui était dans ce parc. À croire qu’ils c’étaient tous donné le mot. Ce parc avait peut-être quelque chose de spécial après tout, mise à part des représentations de pieuvre/poulpe un peu partout. Mickey avait trouvé au Japon un drôle de concurrent.
Il siffla une fois de plus pour signaler aux enfants qu’ils allaient trop loin. Il n’aimait pas l’idée de devoir faire ça. C’était des enfants pas des chiens. Cependant il n’avait rien trouvé de mieux pour se faire comprendre, même si les premières explications de la manœuvre c’était faite avec beaucoup de gestes pour leur signifier de se rapprocher. Ils avaient pour autant vite compris ce que « l’étranger » voulait d’eux. Comme il en avait pris l’habitude à chacun de ses sifflements les nombreux parents braquaient sur lui un regard mauvais presque haineux. Il passait certes inaperçu dans la foule mais un non-japonais qui sifflait un groupe d’enfant japonais ce n’était pas courant pour autant.
Une fois le groupe de petits monstres à sa portée. Il entendit Rain lui poser une question :

Dîtes-moi... Qu'entendez-vous par « douce et attentionnée », au juste ?

Il faillit ouvrir la bouche. Il savait sa camarade assez fière et il n’aurait pas pensé lui donner un cours sur les émotions. L’apprenti dieu savait qu’elle n’en possédait pas, qu’elle était une enveloppe vide. C’était perturbant pour lui et ça devait l’être tout autant pour elle. Il ne savait pas comment il pouvait expliquer ça et alors qu’un début de réponse était en train de franchir ses lèvres, les gamins s’arrêtèrent en parfaite synchronisation – comme toujours – et il faillit leur rentrer dedans.
Il se demandait bien ce qui avait pu attirer leur attention alors que Satô se mit à pousser une exclamation bientôt suivi par sa sœur. Il aperçut alors ce qui les avait autant enthousiasmés : un homme déguisé en dragon rose. Il devait représenter l’un des personnages du parc, cela avait le mérite de changer des pieuvres. Ethan ne put empêcher un sourire de se peindre sur ses lèvres quand il vit Satô marcher doucement vers l’homme comme s’il s’agissait de la personne la plus fantastique sur Terre.
Les enfants étaient toujours drôles pour cela. Le moindre petit personnage de fiction pouvait très vite devenir une idole. Ethan se souvenait qu’il adorait regarder une série pour enfant ou les personnages pouvaient se transformé et porter des uniformes colorés leur conférents quelques pouvoirs au passage. Il en était à ce point fan qu’il s’amusait à prononcer la phrase magique des personnages pour imiter leur transformation, même s’il se rappelait bien que sa mère n’avait pas souhaité lui acheter le véritable déguisement.

Comme dans toutes les bonnes histoires il y a un méchant et pour Satô le méchant aujourd’hui était sa nouvelle babysitter au caractère de fer. Elle venait d’immobiliser la pauvre mascotte alors que cette dernière s’apprêtait à faire un câlin au petit. Les genoux au sol, le bras retourné, le pauvre homme couinait malgré l’imposant costume dont il était affublé.

Nom et intentions. Allez, plus vite que ça.

Ethan resta interdit un petit moment. Il ne comprenait pas la scène qui se déroulait sous ses yeux. Voyait-il vraiment ce qu’il voyait ? Rain en train de torturer une mascotte de parc d’attraction afin de s’assurer que ce dernier n’était pas… n’était pas quoi ? Un tueur déguisé dans une peluche géante de dragon rose ?
Le jeune homme secoua la tête comme pour se remettre les idées en place. Le petit Satô c’était mis à pleurer et comme par enchantement les deux autres enfants en avaient fait de même.
Il poussa naturellement les enfants dans le dos afin de les obliger à avancer devant lui pour se rapprocher un peu plus de la scène. Il ne pouvait pas laisser les gamins derrière lui le temps de régler cette affaire. Il y avait tellement de monde qu’ils auraient pu se perdre très facilement voir pire se faire enlever. Il fallait tout de même admettre que pour l’heure la foule c’était juste disposé en cercle autour de Rain et de son nouveau « jouet ». Le jeune homme ne savait pas comment si prendre avec elle. Il savait s’occuper de trois mioches en même temps mais une adulte rebelle experte en combat et sans aucune once de diplomatie c’était une autre paire de manche. Cherchent le moyen le plus court de résoudre le problème il s’approcha, se pencha sur le dragon et se mit à chercher un endroit où sa peau était visible. Il souhaitait utiliser son pouvoir mais il n’était pas certains qu’il soit efficace face à autant de rembourrage. Il savait qu’il n’avait pas le droit à l’erreur avec une femme prête à démolir le bras du pauvre homme au moindre problème. Il trouva alors un repli du costume dévoilant la peau du cou à nue. Il aurait été simple de lui enlever carrément son masque ou une autre partie de cet accoutrement rose mais il ne souhaitait pas ruiné l’enfance des gamins. Qui ne serait pas choqué de voir le vrai visage de Mickey ?

Il toucha délicatement l’homme comme s’il lui prenait le pouls. Une vague d’émotion le submergea en grande majorité de la peur et de la douleur. Il fallait dire qu’elle n’y allait pas de main morte dans sa prise d’immobilisation. Il n’y avait toutes fois aucune agressivité dans ce dragon rose. Il se releva donc et eu le réflexe de faire quelques mouvements avec son bras droit – le même que celui de la victime Rainienne – et lâcha de but en blanc :

Il y a aucune menace si tu veux bien le lâcher Rain ça nous éviterais de nous faire remarquer un peu plus.

Il fit un geste large afin de désigner la foule tout autour.

Je sais que nous sommes là pour garder ses enfants et les « protéger » mais nous ne pouvons pas essayer de faire ça discrètement et avec délicatesse ? Fait moi un peu confiance, si ce n’est en moi au moins dans mon pouvoir. Ce mec n’a aucune once d’agressivité et il est à la limite de se faire dessus.

Comme pour signaler qu’ils étaient encore là les enfants se mirent à pleurer encore plus fort. Ethan avait oublié qu’il fallait toujours leur porter de l’attention. Doux et attentionné. Il se devait d’expliquer ses termes à sa coéquipière, il ne savait cependant pas quand cela lui serait possible. En attendent il se mit à s’occuper des enfants et essuya leurs larmes avec un morceau de papier absorbant en trop que leur avait donné le marchant.



HRP : Rain viendra bientôt en dédicace chez vous dans vos librairies favorites afin de signer son nouveau livre intitulé : "comment brisé des rêves d'enfant en 10 leçons". Restez à l'écoute pour de plus ample information.

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