Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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 [quête] Un bond dans le passé - Un Sven à la cour de Louis XVI.

 
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[quête] Un bond dans le passé - Un Sven à la cour de Louis XVI. - Mar 2 Juil 2013 - 2:45
01 : 15
 
L’heure qu’indique mon réveil alors que je tente un coup d’œil discret vers celui-ci dans l’espoir de m’endormir comme par magie. Je suis allongé sur le dos, sur mon lit, dans l’obscurité oppressante de ma chambre. Le plafond tourne. J’ai la nausée. Je n’aurais pas dû abuser du gâteau à l’abricot que Janma avait préparé ce soir. Pourtant… il me semblait avoir été raisonnable. Il faut croire que non. Je soupire, tente de contenir ce qui se trouve dans mon estomac, et bien… dedans.
 
01 : 16
 
Deuxième coup d’œil. Je me sens toujours aussi mal. En même temps, il ne vient de s’écouler qu’une seule minute. Je soupire. Le plafond se fait menaçant, comme s’il allait me tomber dessus et me recouvrir sous ses décombres. Je ferme les yeux. Les rouvres. Les referme. Je n’arrive pas à dormir tant j’ai mal. Le plafond s’anime. Mince alors… Je commence à avoir une hallucination… Je souris béatement. Je ris, même.
 
01 : 30
 
Wouah. J’ai l’impression que la dernière fois que j’ai regardée, c’était il y a une minute, et pourtant, quatorze se sont déjà écoulées. Et je ne dors toujours pas. Et j’ai toujours envie de dormir. Et… et c’est le black-out total.
 
Lorsque je rouvre les yeux, je suis éblouit par la luminosité ambiante. Je suis dans une forêt, ou un bois. Le soleil est haut dans le ciel. Je regarde tout autour de moi, me redressant petit à petit. J’étais allongé dans un duvet de feuilles orangées. Ce doit être l’automne. Je frissonne. Je suis nu. Ou suis-je… ? Ou plutôt, qu’est-ce que je fiche ici ? Je me lève, cherche désespérément une trace de vie. Et j’entends des bruits de sabot non loin. Je me dirige donc vers la source de ce son. Je vois un cortège défiler devant moi. Je me dis que perdu ici, ce doit être mon unique chance de trouver quelques vêtements et quelques réponses, comme l’endroit où nous sommes. Je m’approche donc, doucement. Les cavaliers à cheval m’ignorent royalement. Non, en fait, ils ne me voient pas, bien trop concentrés sur la sécurité des gens qu’ils accompagnent. Mais alors que je me disais que j’allais rester là, planté comme je ne sais quel piquet, un carrosse richement décoré s’arrête. Une femme en ouvre la porte, choquée de me voir ici présent, dans le plus simple apparat, cachant désespérément le peu d’intimité qu’il me reste.
 
« Par tous les saints ! N’y a-t-il donc personne pour avoir pitié de cette pauvre créature, abandonnée au milieu de nulle part ? Que l’on me fasse quérir des vêtements pour cette jeune fi… ce jeune homme ?! »
 
J’acquiesce, frissonnant à cause du vent glacial qui me mord la peau. Quelqu’un arrive au petit trop pour me déposer une chemise sur le dos, me tendre des chausses, et une veste. La dame, une jeune femme blonde, vêtue d’une magnifique robe en velours bleue, finement brodée de brocart, la chevelure bouclée, relevée, et surmontée d’un chapeau orné d’une plume, m’invite alors à monter dans l’espace clôt, me fixant d’un air curieux et intéressé. Je me place en face d’elle, et le cortège reprend sa route.
 
« Dites-moi jeune homme… Je n’ai pas pour habitude de prendre des mendiants ainsi en route, mais votre physique atypique a piqué ma curiosité. Et puis quelque chose me dit que vous allez faire malheur à la cour du roi. Qui êtes-vous donc. D’où venez-vous ? »
 
Je déglutis. Pardon ? Ai-je bien entendu ? Cour du roi ? … C’est étrange. Je me sens limite plus heureux que surpris. Je veux dire après tout, des rois, il n’en existe plus. Enfin, pas des occidentaux. Et vu la dame, je ne peux douter de ses origines. Je regarde autour de moi, rapidement : des tapisseries brodées, des tentures finement travaillées, des dorures faites à la main… elle est riche. Je prends mon air le plus innocent, avant de me mettre à répondre, essayant de coller au mieux au vocabulaire de cette époque, essayant de ne pas avoir l’air de « trop basse extrace ». Je fais en sorte que des larmes me montent aux yeux, histoire d’avoir l’air bien plus fragile. Il ne faut pas que qui que ce soit se rende compte que je viens du futur… Mais je sens que ce petit bond dans le passé va m’être plus qu’utile, et que je n’en reviendrais pas les mains vides…
 
« Je n’ai malheureusement nul souvenir de tout cela, Madame. La seule chose qui me vienne à l’esprit est « Sven ». Cela doit surement ce qui me sert de prénom… »
 
Elle ne me lâche pas du regard, buvant chacun de mes mots, frissonnant en m’entendant parler. Cette femme me fait peur. J’ai l’impression qu’elle va me sauter dessus pour me dévorer. Mais elle ne le fait pas. Elle continue à me poser des questions, encore et encore, mais je feins de ne pouvoir lui répondre, par défaut de ma mémoire. Elle se réjouit de ma condition d’amnésique. Elle prétend qu’elle pourra jouer un tour à la cour. Je ne comprends pas tout de suite de quoi elle parle, mais tant pis. Je ferais ce que bon lui semble, tant que je peux côtoyer les figures les plus illustres de l’histoire de ce qu’il me semble être la France. Et à en juger par la mode, je dirais XVIIIème siècle.
 
 Au bout de nombreuses heures de route, nous finissons par nous arrêter. Je jette un coup d’œil par la fenêtre. Dehors, il fait nuit noire, mais quelqu’un nous attend avec une torche.
 
« Bienvenue à Versailles, votre Altesse. »
 
Je lui jette un regard effarée. Elle me sourit, avant de m’entrainer avec elle à travers les jardins. Je suis en compagnie de Marie Antoinette… Moi, Sven, simple prostitué de Londres du XXIème siècle, suis en compagnie de la reine de France du XVIIIème siècle ! Je jubile intérieurement, mais ne laisse rien paraître. Nous marchons quelques instants, guidés dans la pénombre par ce servant. Et puis finalement, après de nouvelles longues et silencieuses minutes de marche, nous arrivons devant un petit palais. J’en déduis que c’est le Petit Trianon de la reine, ô combien célèbre. Et celle-ci ne tarde pas à me le confirmer.
 
« Ceci est mon temple, Sven. Vous logerez ici quelques temps, sans vous faire trop remarquer. Je vais vous trouver des vêtements à votre taille. Cependant… vu votre délicate figure, vos longs cheveux de jais, et vos manières, je ne pense pas qu’il soit très sage de vous faire habiller en homme. »
 
Je la regarde, quelque peu surpris qu’elle me face pareil sous-entendu, puis je souris.
 
« Je crois qu’il importe peu la manière dont je sois habillé, votre Altesse. Vous faites déjà tant pour moi… »
 
Je la vois sourire, ravie de ma réponse. Nous entrons donc dans le palais, elle me guide vers une chambre, libre, bien évidemment, et me la désigne comme mienne. Elle me quitte en me promettant que demain, j’aurais de beaux habits pour faire choir tous les hommes du palais, et qu’elle trouverait un moyen de me faire entrer et accepter à la cour, en plus que d’être une de ces dames de compagnies. Lorsqu’elle ferme la porte j’explose de rire, tentant cependant de rester discret. Dame de compagnie de Marie Antoinette ! Par tous les dieux, que c’est drôle ! Et le pire, c’est qu’elle ne sait que trop bien que je suis un homme. Qu’a-t-elle donc derrière la tête… ? JE m’en moque. Je sens que cette histoire va être fortement amusante. Je me déshabille donc, restant en chemise, et me couche dans cet immense lit pour moi tout seul.
 
Le bruit de la porte qui s’ouvre, la voix de Marie Antoinette qui retentit, les rideaux que l’on tire vivement, laissant entrer la lumière dans ma chambre. Et moi qui grogne que je veux dormir encore un peu. Son rire, doux et cristallin qui me chatouille l’oreille…
 
J’ouvre un œil. Une femme se tient dans l’encadrement de la porte, avec derrière elle des hommes qui portent des cartons. Marie Antoinette qui me somme de me lever. Elle me tend une chemise propre, ferme les tentures de mon lit à baldaquin, m’ordonnant de l’enfiler fissa et de sortir de là pour me faire habiller. Elle, elle est déjà entièrement prête, coiffée, maquillée, habillée. Je m’exécute, n’ayant pas envie de finir aux fers tout de suite pour une fausse accusation de sa part ou de celle de son amie ici présente. Une fois chose faite, je sors de ma cachette. Les femmes de chambres présentes pour m’habiller me dévisagent. Je n’arrive pas à savoir si c’est de la stupeur ou de l’admiration… La reine leur ordonne alors de m’aider à enfiler une tenue correcte, elles s’exécutent sans poser de question. Je me retrouve rapidement avec un panier, une sorte de crinoline souple, faite pour supporter le reste de tissu qui va venir s’entasser. De ce que j’en sais, la mode en France, pour les dames, est aux robes à taille basse, mettant ainsi en avant de petites tailles et de larges hanches. Par-dessus ma chemise, on m’enfile donc un corps baleiné, un corset donc, et des jupons, afin d’y rajouter, au final, ce qui sera la partie visible de l’ice berg... Ou de ma tenue. Je me retrouve finalement vêtu d’une robe en satin rose. Puis le coiffeur de la reine est convié. Il était hors de question pour elle que l’on cache mon « aussi merveilleuse chevelure sous une perruque enfarinée », aussi, c’est à lui qu’incombe la tâche fastidieuse de dresser mes longs et fins cheveux.
 
« On dirait de la soie… ils sont si doux ! »
 
S’extasie-t-il en faisant moult compliment sur ma crinière. Je sourie, fièrement.
 
« Où avez-vous déniché pareille créature, Majesté ? »
 
Demanda-t-il pour la flatter, elle. Je m’attendais à ce qu’elle réponde qu’elle m’avait recueilli. Mais non. Les mensonges commençaient. Elle lui sourit, gracieusement. Je dois bien avouer qu’elle est de toute beauté, cette femme.
 
« Eh bien je dois vous avouez que ce n’est autre que l’une de mes cousines, Josépha. Elle n’a malheureusement pas de titre pour l’instant, et c’est la raison pour laquelle son père, mon cousin, m’a demandé de la faire entrer à la cour de Versailles. »
 
« Mais quel âge a-t-elle donc pour ne pas encore être mariée ? »
 
Son ton est outré. Je lui lance un regard pur et innocent.

« C’est qu’elle est la favorite de son père, et celui-ci lui a laissé trop longtemps le choix quant à son mari, avant de finalement estimer qu’il était plus que temps pour elle d’en trouver un. »
 
Il me jauge du regard, avant de conclure d’acquiescer.
 
« Belle comme elle est, vous lui trouverez rapidement un excellent partie, votre Altesse. »
 
Elle lui sourit, et acquiesce à son tour, avant de me faire un discret clin d’œil, ce qui m’arrache un sourire. Tout le monde sait à quel point les secrets ne font pas longs feux dans une cour royale. Après tous, les potins en tout genre sont les seules occupations de ces dames.
 
Pour en revenir à ma coiffure, le pauvre en a bien bavé. Il lui a fallu plus d’une heure pour réussir à  dresser mes cheveux qui refusent d’ailleurs toujours à se laisser boucler. A la place, il me trouva quelque chose de présentable pour mes cheveux lisses.
 
« Eh bien, elle n’en sera que plus remarquable, votre Altesse… »
 
« Oui. C’est là bien ce que je voulais. »
 
« Mais elle va vous voler la vedette, Majesté ! »
 
« Et elle l’aura bien mérité. Vous pouvez disposer, vous avez fait de l’excellent travail. »
 
L’homme se courba devant elle, la saluant comme les mœurs de l’époque l’exigent. Son amie s’approcha doucement, comme pour observer le travail final. La reine renvoya les femmes de chambres qui m’ont habillé, si bien que l’on ne se retrouve plus qu’à être trois dans la pièce.
 
« Eh bien, ma chère amie, je dois avouer que je suis bluffée. Qui irait imaginer que votre cousine Josépha est un homme ? Moi, en tout cas, si vous ne m’aviez mis dans la confession, j’aurais été prise à votre piège. Mais pourquoi faire cela ? »
 
Marie Antoinette se contente de rire, en guise de réponse. Peu importe sa raison. Moi j’aime bien être ici. Touche finale à ma tenue : une parure simple, mais ornée de diamants blancs pour mettre en valeur ma « pureté ». Je me suis retenu de tousser à ces mots.
 
« Madame… Allez annoncer mon arrivée au château de Versailles. Et dites bien que je suis accompagnée de ma nouvelle dame de compagnie. »
 
Son amie s’incline, avant de tourner les talons. La reine se dirige ensuite vers une nouvelle boîte en carton.
 
« Mon petit instrument de torture pour vous, Sven… »
 
Elle en sortit une paire de souliers brodés, assortis à ma robe, et à talons, bien sûr. Je m’assois, pour les essayer. Ils me vont comme un gant… Je la remercie du fond du cœur. Elle me rétorque d’attendre d’avoir passé la journée avec pour la remercier. Je ris. Elle rit aussi. Je me sens à ma place, ici… Je n’ai pas envie de rentrer chez moi, au XXIème, à l’académie.
 
Elle me fait me lever, me prend par le bras, et m’entraine à travers les jardins, me faisant un peu visiter au passage, ses lieux favoris. Nous croisons des groupes de nobles, qu’elle salue au passage, mais ne me présente pas. Elle veut d’abord les faires « jacasser », avant de répondre à leurs interrogations. Je me contente de sourire, comme la parfaite potiche que je suis. Puis nous arrivons au palais. Elle m’entraine dans la galerie des glaces. Il est l’heure de saluer les nobles présents. Elle m’emmène avec elle à la rencontre de sa tante, ou plutôt celle de son époux. Cette dame me dévisage, avant de finalement me sourire chaleureusement, une fois que je lui fu présenté.
 
« Bien sûr, nous lui trouverons le meilleur parti possible, ma nièce. »
 
Déclara-t-elle après que je me sois relevé de ma révérence sans faute. Je suis, de leur côté, plutôt bien accepté. Le roi, son époux, vient également à notre rencontre, et me baise la main, un petit sourire sur les lèvres.  Je lui rends un sourire remplit d’innocence, n’étant pas des plus intéressés par sa personne physique, mais devant plus que le respect à son Altesse Louis XVI, et par son argent, bien décidé à profiter de la bonté du couple royal. Le midi, je ne suis pas autorisé à assisté au soupé royal, aussi m’en vais-je dans le jardin, me dégourdir un peu les jambes, seul. Mais je ne le reste pas bien longtemps. Des amis de la reine me rejoignent bien rapidement, et je fais la connaissance de certains d’entre eux, comme la duchesse de Polignac. Nous passons le reste de la journée à rire, avant de finir la soirée dans les salons privés où l’on s’adonne au jeu. Je reste un peu à l’écart, laissant les amis jouer entre eux, écoutant une des comtesses chanter –faux à cause du champagne ingurgité- et à manger des pâtisseries toutes aussi bonnes les unes que les autres. Et puis je finis par me sentir lasse. Aussi je demande l’autorisation de rentrer à mes appartements. La reine se propose de me raccompagner. Je lui dis que ce n’est pas la peine de se déranger pour moi, que je saurais retrouver le chemin.
 
Je file alors à un pas rapide dans les allées du jardin royal, me cachant dès que je croise âme qui vive. Ce que l’on ignore, c’est que mes doigts experts ont réussis à s’emparer de quelques bijoux, discrètement. Je réussis tant bien que mal à arriver jusqu’à ma chambre, au petit Trianon, sans me faire repérer, et à étaler mon butin sur une commode, à laquelle je m’assois. Des rubis, des saphirs… Qu’ils sont beaux… Il ne faudra pas que je les oublies lorsqu’il sera temps pour moi de rentrer chez moi, à mon époque. En attendant, je les cache quelque part, bien à l’abri des regards, et je me déshabille comme je peux, tout seul, laissant les masses de tissus sur un coffre, avant d’aller me coucher.
 
Nouveau réveille en fanfare. Sans Marie Antoinette ce coup-ci. Mais il me faut me presser car celle-ci requiert ma présence pour participer à un bal pour les soldats rentrant d’Amérique. Je me retrouve ainsi à être habillé en conséquence. Belle robe, belle coiffure, beau chapeau. Non. On abandonne l’idée du chapeau. Beaux souliers, beaux gants, beau collier… Et en route pour le palais.
 
Je retrouve la reine devant la galerie des glaces, elle m’accueille, m’embrasse, avant d’entrer, moi  à sa suite avec ses dames de compagnie. Je reste en retrait, avec celles-ci, tandis que les présentations sont faites à la reine. Je remarque son regard appuyé sur le dénommé Fersen. Bel homme, je dois l’avouer. Et un compatriote, qui plus est. Je le détail du regard. On me murmure à l’oreille.
 
« Homme de fréquentation peu recommandée… »
 
Tout est dit, c’est un coureur de jupons. Et en cet instant, c’est la reine, qu’il dévore du regard. Par la suite, nous allons faire la fête dans les jardins. Il fait, certes, un peu frisquet, mais le temps de prête encore aux amusements en extérieur, et aux soirées nocturnes. Après un festin digne des plus grands, nous buvons du champagne, et jouons à des jeux, tel que se coller un papier sur le front avec écrit le nom de quelqu’un de célèbre ou tout du moins assez pour que nous le connaissions tous, pour deviner qui nous sommes, et autres amusements. Je remarque les regards de plus en plus fougueux de la reine à ce Fersen. D’après mes cours d’histoires, toute cette liaison ne sera pas bonne pour sa réputation. Le reste de la nuit se passe de la même manière que le début, si ce n’est que plus le temps passe, plus nous sommes ivres… Aussi, j’ai passé ma journée à cuver dans mon lit, pour ne me lever que le soir, convié à une fête dans les appartements privés de la reine, dans les appartements privés de la reine, au Petit Trianon. Toujours aussi bien habillé, les cheveux biens coiffés, le visage bien maquillé, bien parfumé et tout le reste, je me rends donc là où je suis demandé. La reine accueil avec un grand sourire, embrassade et présentation aux hommes présents. Tous me dévorent du regard. Y compris Fersen, que j’évite farouchement, celui-ci étant réservé à mon amie. Mais lui, il passe sa soirée à me jeter des regards à la dérobée, tandis que Marie Antoinette est pendue à ses lèvres. Je finis par en avoir assez. Je ne veux pas risquer ma tête pour avoir volé l’amant de la reine. Je me lève dans un soupire, demande l’autorisation de sortir, que l’on m’accorde sans trop me prêter attention. J’entends des murmures sur mon passage. Je crois que l’on se met à raconter des ragots sur moi. Certaines me lancent des regards mauvais. Je ne comprends pas… Et puis j’entends.
 
« Il paraîtrait qu’en réalité, ce n’est pas la cousine de son Altesse. J’ai demandé à une amie si elle la connaissait, elle qui vit en Autriche, elle m’a répondu que non. Cette jeune demoiselle n’existe apparemment pas. »
 
J’ignore ces cancans, bien qu’ils soient vrais, et vais me dégourdir les jambes, dans le jardin, allant me poser avec un mouton à câliner.
 
Au bout de longues minutes de calme, j’entends des pas s’approcher de moi. Je sursaute, me relève brusquement.
 
« Je suis désolé de vous avoir fait peur de la sorte, Josépha… »
 
Ce n’est autre que le comte Axel von Fersen. Je lui souris poliment, lui demande pourquoi il n’est plus avec les autres. Il me répond qu’il étouffait, et qu’il manquait quelque éclat à ses yeux. Je soupire. Encore un beau parleur.
 
« Dites-moi donc votre vrai prénom… »
 
Pardon ? Je le regarde, étonné.
 
« Ne faites pas votre timide, je sais bien que vous n’êtes pas la cousine de la reine, elle me l’a elle-même avouée… »
 
Une confession sur l’oreiller, sans aucun doute. Je soupire.
 
« Non. En effet. Mais je ne suis pas sûr que vous sachiez garder un secret, monsieur de Fersen. »
 
Il me regarde, prend mon menton entre ses doigts, et m’embrasse. Je le repousse, farouche. Je ne sais pas pourquoi j’ai fais ça. Ah. Si. Je ne veux pas me mettre Marie Antoinette à dos.
 
« C’est donc ainsi que vous réagissez dès que l’on vous touche ? Tel une vierge effarouchée ? »
 
Je souris, charmeur.
 
« Ho non, monsieur. Habituellement je réagis bien mieux que cela. Cependant, je n’ai nulle envie de m’attirer les foudres de mon amie qui m’a introduit dans un si beau monde. »
 
Il rit.
 
« Je vois. Ainsi donc voilà votre vrai visage, Josépha… ou qui que vous soyez. »
 
Il tente encore de connaitre mon vrai prénom. Mais je m’y refuse. Il s’approche à nouveau de moi, m’embrasse le creux du cou, à la limite avec mon épaule. Ce contact m’électrifie. Je n’arrive plus à lutter, mais je le dois.
 
« Monsieur, je ne suis pas sûr que vous saurez apprécier ce que vous risquez de découvrir en allant plus loin dans pareille entreprise. »
 
"Foutaises". Son unique réponse.
 
« Monsieur… Je suis un homme. »
 
Il rit. Moi pas. Il comprend que je suis sérieux. Mais il continue tout de même. « Qu’importe ! » Me répond-t-il. Avec une telle beauté, tout le monde deviendrait sodomite. Ajoute-t-il. Je soupire. Tant pis, je n’ai plus envie de lutter, moi.
 
Ici, là, à même l’herbe du jardin de la reine. Dans la discrétion de la nuit, sans personne pour le savoir… Du moins, c’est ce que je pensais, en allant me coucher.
 
Le matin, c’est par la garde royale que je suis réveillé. Je suis accusé de tromperie à la reine, et d’agression sexuelle sur celle-ci, et de vols de bijoux au sein de la cour et de prostitution. Je crie que c’est faux, mais la parole d’un roturier « prostitué » face à celle de la reine ne vaut rien. Je suis emmené jusqu’à la guillotine, et place publique. On me coupe les cheveux face à une foule en délire. On me rase le crâne. Je reste fier, même sans ma merveilleuse chevelure. Droit, bien campé sur mes pieds. L’acclamation de la foule me remplit d’une certaine joie. Je n’ai pas peur de la mort. J’ai vécu quelques jours heureux à la cour du roi, et je vais connaitre la fin que la reine connaître elle-même un peu plus tard. Je lui souris, machiavéliquement. Elle me rend mon sourire, tendre, sadique. Elle m’envoie un baiser invisible et silencieux, ainsi qu’un petit clin d’œil. Je n’étais qu’une distraction pour elle… C’est là tout ce que j’ai toujours été. Je souris, j’explose de rire. On me met en place, je continue de rire… Ils font s’abattre la lame sur ma nuque…
 
Je me réveille en sursaut. Dans ma chambre, à l’académie. Je suis dans la pénombre, essoufflée, en sueur… Un rêve. Tout cela n’était qu’un vulgaire cauchemar… Je me lève, allume la lumière. Je touche ma tête. Mes cheveux sont toujours là, je n’ai nulle marque sur le cou, mes vêtements sont ceux avec lesquels je me suis endormis, à savoir un jean et un débardeur… Je souffle un bon coup. Whoa… Tout était… tellement réel. La douleur lorsque l’on me peignait en tirant bien pour me tirer les cheveux, le souffle coupé en portant des corsets…  Axel de Fersen…
 
Je me rassois, sous le choc. Tout n’était issu que de mon imagination… Eh bien ça alors…

Spoiler:
 
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Re: [quête] Un bond dans le passé - Un Sven à la cour de Louis XVI. - Mar 2 Juil 2013 - 12:17

J'me suis régalée à la lecture de cette quête ! C'est la seule quête qui se passe à cette époque et j'trouves que ça lui donne un petit plus.

SvenT. Loki : Récompense : 300 xps + 200 xps

Xps attribués : Oui
[quête] Un bond dans le passé - Un Sven à la cour de Louis XVI.
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