Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


École des dieux RPG


Forum RPG
 
 

 Lonely together, Partners forever [PFA ♥]

 
Aller à la page : 1, 2, 3, 4, 5  Suivant
Invité
Anonymous
Invité
Lonely together, Partners forever [PFA ♥] Empty
Lonely together, Partners forever [PFA ♥] - Ven 5 Avr 2013 - 19:19
Une bonne semaine déjà, c’est le temps qui s’est écoulé depuis leur arrivée à la Deus Académie. Tous deux s’adaptaient progressivement à leur nouvelle vie, même s’ils s’y retrouvaient plus ou moins par rapport à leur existence passée. Professeur de philosophie, qu’est ce qui lui était passé par la tête pour en arriver là ? Mieux valait ne pas trop se poser la question…peu lui importait après tout, cela lui convenait et il avait quelques notions en la matière alors il s’en sortait. Que ses élèves apprécient ou pas, c’était le dernier de ses problèmes.

Ryouko quant à elle menait sa petite vie d’élève tranquille, avec maintenant de nouvelles matières un peu moins ennuyeuses à travailler, et peut-être des camarades un peu moins crétins que la majorité des humains qu’elle s‘était coltiné. Cela lui faisait un peu drôle d’avoir Ethan comme professeur, il fallait l’avouer, mais cela ne changeait pas grand-chose entre eux. Même s’ils se fréquentaient depuis presque deux ans, ils n’avaient pas l’air si proches que cela à première vue.

Ce jour-là, ils étaient tous deux à la bibliothèque. Tous deux occupés à lire des ouvrages plus ou moins passionnants et de manière plus ou moins distraite, mais il y avait de ça. La jeune fille jonglait distraitement avec un petit couteau de jet dans sa main gauche, le nez plongé dans un livre relatant diverses légendes antiques. Toujours faire deux choses en même temps, c’était bien elle. Depuis qu’elle avait reçut son domaine divinatoire, elle s’entrainait régulièrement avec, dès qu’elle avait une main de libre. Et elle se débrouillait bien, tant qu’on n’allait pas lui demander de trop réfléchir… elle fonctionnait encore trop par instinct, dès qu’il fallait penser technique plus rien ne réussissait.

Mais le travail n’était plus son centre d’attention depuis qu’elle avait ouvert ce bouquin. Une île perdue au milieu de l’océan, quelque de chose de merveilleux. Les plaines brillaient de couleurs dorées et les herbes hautes ondulaient gracieusement au gré du vent. Au sommet de la montagne au centre, un arbre majestueux se dressait : un cerisier gigantesque. On racontait qu’il ne se couvrait de fruits que deux semaines par an, et qu’elles avaient un gout presque divin. Des cerises célestes… quel gout pouvaient-elles avoir ? Elle n’avait jamais eut la chance de gouter à ce genre de fruits sans sa vie passée, ce devait être quelque chose de délicieux pour qu’elle soit passée à côté. Déjà elle se les imaginait, les petites perles noires et or brillantes et gonflées de soleil, éclatant presque rien qu’à les toucher.

Mais l’endroit n’était pas sans danger, malheureusement. Des fauves mystérieux, des créatures de légendes à la puissance dévastatrice même pour les dieux. Toutes sortes de créatures mortelles gardaient le précieux butin de l’arbre et le défendaient des intrus à l’âme sombre. Elle aurait pu être effrayée, mais elle s’en trouvait plutôt curieuse. Y avait-il un moyen de passer sans éveiller leur colère ? A quoi ressemblaient ces êtres si impressionnants et craints ?

La jeune fille frissonna, laissant le couteau tomber sur la table dans un bruit sec avant de disparaitre. La voilà sortie de ses rêves, elle l’avait presque oublié, plongée dans sa lecture. Bah, maintenant qu’elle en était sortie, cela ne servait plus à rien. Elle referma l’ouvrage en soupirant et se leva pour aller le remettre à sa place, quand un petit bout de papier glissa d’entre deux pages.

« Quartier est, 14 Rue Nyx, Parc Finalis. »

Elle eut un sursaut de stupeur en lisant ce qui était écrit. Le parc Finalis, sûr qu’elle le connaissait, elle y était déjà allé quelques fois dans le temps. Mais pourquoi ce mot, glissé dans ce livre ? Etait-ce à son attention ? La curiosité piquée au vif, elle avait envie de savoir… et d’un autre côté, elle se disait que ce ne serait sans doute pas une bonne idée. Cruel dilemme.

« Ethan ? Tu peux jeter un œil à ce papier ? »

Il arqua un sourcil interrogateur tandis que Ryouko lui tendait le bout de papier. Le philosophe ne sembla pas avoir de réaction, se contentant de constater qu’il s’agissait bien d’une adresse qu’ils connaissaient.

« Tu veux qu’on aille jeter un œil ?
- …Vraiment ?, laissa-t-elle échapper, des étoiles dans les yeux.
- Je pense qu’aller investiguer sur place ne sera pas inutile. »

La fillette se retient de laisser éclater sa joie. Refaire un tour dans le monde d’en bas, elle n’attendait que cela. Depuis quelques jours, elle n’arrêtait pas de rêver de ces lieux qu’elle avait envie de revoir. C’était une bonne occasion pour se rappeler des souvenirs. Ethan lui, avait autre choses derrière la tête. Cette voix qu’il avait entendu dans la chaine, il ne la connaissait pas encore. Mais il était presque sûr qu’elle se manifesterait si les circonstances s’y prêtaient, et c’était une occasion qu’il ne pouvait pas manquer. Ce mot, cela lui rappelait celui que son père avait laissé pour lui dans ses écrits. Peut-être qu’il avait un lien avec sa disparition, il ne pouvait pas se permettre d’éluder une piste potentiellement sérieuse. Et c’est ainsi que tous deux embarquèrent pour une petite croisière pour les terres hostiles du monde des humains.

*****

La vieille grille rouillée du parc. Rien que la regarder grincer au vent de la sorte, cela la transportait dans un autre monde. Il commençait à faire sombre, le ciel se teintait de couleurs roses et orangées et les rues s’emplissaient de personnes rentrant de leur travail dans une symphonie lointaine. Le parc était désert, tout comme la rue qui le longeait. Il n’y avait pas grand-chose d’anormal à cette heure tardive, mais c’était tout de même peu commun. Ethan fut le premier à avancer, l’élève suivant après quelques secondes de ressaisissement.

Le duo avançait lentement dans les allées sombres baignées des dernières lueurs du soleil filtrant à travers les feuillages. Une brise chaude soufflait, rendant l’ambiance plutôt agréable. Plus un bruit ne leur parvenait, rien d’autre que le crissement de leurs pas sur le gravier et le bruissement des feuilles. Au bout du parc, un petit mur de pierre se dressait, délimitant le plateau sur lequel reposait ce quartier de la ville. Au pied de celle-ci en contrebas, d’immenses plaines s’étendaient à l’horizon, où différents cultures s’entremêlaient à la végétation sauvage d’une année sur l’autre. Le couché de soleil donnait un côté féérique à l’endroit, un sentiment de plénitude inexplicable rien qu’à s’accouder sur le rebord pour observer. La fillette s’y trouvait comme dans un rêve, les yeux perdus dans l’infini. Les bons moments de son ancienne vie lui revenaient en tête, des souvenirs heureux qu’elle garderait au fond d’elle pour l’éternité. C’était comme un vieil album de photos que l’usure du temps aurait épargné, défilant ses pages sans qu’elle ne puisse le toucher. Nostalgie…

Ethan était resté un peu en retrait, guettant un signe quelconque. Lui aussi appréciait ce moment, il le montrait juste d’une manière différente. Il avait trop de questions en tête pour réellement s’y laisser aller, il aurait pu rater quelque chose d’important. Enfin, il n’y avait pas de mal à se détendre un peu, non ? C’est ce qu’il allait penser, lorsqu’un bruit de pas attira son attention. Ils n’étaient donc pas seuls ici ? Il tourna la tête vers la source, croisant les yeux d’une personne inconnue, voilée dans l’ombre d’un arbre de l’allée.
Invité
Anonymous
Invité
Lonely together, Partners forever [PFA ♥] Empty
Re: Lonely together, Partners forever [PFA ♥] - Ven 5 Avr 2013 - 20:16
Elle commençait à connaître les moindres recoins par cœur. À force d’errer par ici, sûr que l’endroit lui était devenu familier. Elle ne put s’empêcher de longer les écoles, mémoires des carnages de la guilde noire. Du sang avait été versé. Des mômes avaient péri. Grâce aux renégats. L’espèce humaine ne méritait plus de vivre. Il fallait les éradiquer, un par un, ces blattes de la Terre, ces fourmis nombreuses, ces nuisibles qui ne méritaient aucun véritable nom. Des nuisibles. Cela sonnait bien. Une vermine qu’il faudrait écraser de son pied, dont les os se broieraient sous la pression. Ce serait beau. Quelle belles ariettes cela produiraient ! Sans paroles ! Juste ce son, cet arpège qui viendrait la ravir. À cœur joie !

Mais trêve de rêveries. Les carnages, ce n’était pas pour elle. Ou du moins ne l’étaient plus. Elle avait suffisamment joué avec le feu. La dernière fois, elle avait failli y rester. Inutile de recommencer à se mettre en danger pour quelques gouttes rouges éparpillées au sol. Mieux valait rester discrète. Pour vivre heureux, vivons cachés, n’est-ce pas ? À dire vrai, elle en doutait. Ne serait-ce pas plutôt pour vivre cachés, vivons heureux ? Elle n’avait pas la tête aux proverbes, voilà tout ce dont elle était sûre. Seule la quiétude de l’endroit semblait la combler. Elle avait quitté les écoles où le souvenir était encore bien trop présent, quelques curieux s’agglutinaient par moment à la manière de mouches pour voir le lieu de l’horreur. Quels monstres avaient bien pu commettre de telles atrocités ? Elle eut un sourire en coin. Elle au moins connaissait la réponse.
Le parc l’accueillit. Elle observait chacun des gens présents ici. Elle allait se tenir à carreau. Promis. Juste flâner parmi les fleurs. Les arbres, aussi. Tout ce qui méritait son respect, en soi. Quoi de plus délicat qu’une fleur ? Quoi de plus imposant qu’un arbre ? Les questions auraient pu s’accumuler ainsi, sans interruption. Mais à quoi bon ? La nature, elle au moins, était à sa place. Le vrai fléau de cette Terre était les Hommes, parasites – oh une nouvelle appellation charmante – de la belle planète bleue. Mais assez discuté d’eux. Aucune tuerie n’était au programme pour cette fin de soirée. Si ce n’est la tuerie de son ennui, peut-être. Chose délicate.

Elle errait toujours sans but parmi la végétation. Elle longeait un chemin quelconque, ne s’en souciant guère. Juste le besoin de se changer les idées la guidait ainsi. Elle devait passer pour une folle auprès de ces humains. Et bien merde. Combien de fois avait-elle fait le tour du parc déjà ? Au moins trois. Un bien grand parc, d’ailleurs. Elle ne se souciait même pas de la beauté du lieu. Juste la marche l’intéressait. Se déplacer lui permettait d’oublier. Oublier quoi ? Allez savoir.
La frondaison des arbres lui offrait l’ombre nécessaire pour étouffer le peu de chaleur présent en cette saison. Elle n’était pas friande du Soleil. Lyra, ayant grandi en Russie, ressentait sa morsure aussi intensément que les pauvres occidents craignaient la chatouille du froid. Au moins ce qu’il y a de bien avec le froid c’est que même si ce dernier peut nous glacer le sang, il existe toujours mille moyens possibles pour se réchauffer. Au contraire, avec la chaleur, difficile de se tenir au frais.

Cela se vidait peu à peu. Tant mieux. Les landaus repartaient avec à leur bord des bambins tous plus grassouillets les uns que les autres, les chiens aboyaient une dernière fois, les ballons rebondissaient à nouveau, les cris s’éteignaient peu à peu. Enfin tranquille. Le calme. La raison première de sa venue ici. Il aura fallu attendre pour que son vœu se réalise.
La lumière déclinait, les couleurs viraient à l’orange, le crépuscule gagnait peu à peu cet endroit jugé vieux par beaucoup – la porte rouillée ne faisait que ternir un peu plus son image – mais au moins Lyra s’y sentait-t-elle bien. N’était-ce pas le principal ? Encore un dernier tour et elle rentrerait. Il faut croire qu’elle craignait de retourner à la guilde noire. Notamment à cause de l’endroit en lui-même : entre ce dernier et l’académie, c’était le jour et la nuit – c’est le cas de le dire.

Elle fouilla dans ses poches à la recherche d’une cigarette. Elle en extirpa le précieux sésame. Même manœuvre en quête d’un briquet. Rien. `quoi bon avoir une clope sans feu pour l’allumer ? Bien sûr, cette soudaine envie n’avait pas pu se faire sentir plus tôt, lorsque le parc était plein à craquer ? Elle tourna la tête de droite à gauche, cherchant une âme, charitable si possible, capable de l’aider. Ses prières furent finalement récompensées : une môme et un homme étaient accoudés à un muret, observant le coucher de soleil. Elle quitta l’ombre des arbres pour parvenir à la hauteur, cigarette en main.

- Excusez-moi, vous auriez pas du feu ?

Elle avait essayé d’être polie avec eux d’eux. Essayé et réussi. C’était rare. Relevant de l’exploit ? Elle avait les jurons faciles avec les humains. Qui plus est avec les gosses. Mais désormais elle devait éviter de se faire repérer. Alors autant se fondre dans la masse. Commencer ici serait une bonne chose, peut-être.
Invité
Anonymous
Invité
Lonely together, Partners forever [PFA ♥] Empty
Re: Lonely together, Partners forever [PFA ♥] - Sam 6 Avr 2013 - 17:15
La femme sortit de l’ombre, une cigarette coincée entre ses doigts. Ethan la dévisagea un instant, son regard ne trahissait aucune émotion. Du feu ? C’était là une situation bien embêtante, une soudaine envie de fumer sans rien pour allumer son précieux fumigène. Il n’aimait pas la fumée, c’était presque insensé pour lui de se retrouver accro à ce genre de choses pour lesquelles il fallait presque se forcer les premières fois pour y arriver. Enfin, les humains savent se débrouiller pour échapper aux lois de la logique. Le professeur adressa un sourire à la demoiselle et lui répondit :

« C’est regrettable, je ne puis être en mesure de vous aider à ce sujet. »

Qu’est ce qu’il irait faire avec un briquet, de toute manière ? S’il avait un peu mieux maitrisé son domaine, peut-être qu’il aurait pu. Mais cela aurait été stupide d’y faire appel pour une simple humaine, il savait comme ces choses avaient la fuite facile. Néanmoins, celle-ci ne semblait pas d’humeur agressive. Calme, fatiguée peut-être. A la recherche d’un lieu tranquille où passer les dernières heures d’une journée monotone. Les jours se suivent et se ressemblent, éternels recommencements, jusqu’à ce qu’une rencontre vienne changer notre futur. Etait-ce le cas ce soir là ? Sans doute le saurait-il bien assez tôt.

Le jeune homme détourna le regard vers l’horizon, gardant un œil sur la gamine. Elle n’avait pas bougé depuis tout à l’heure, ne prêtant aucune attention à la nouvelle arrivante. Ses longs cheveux noirs flottaient doucement au vent, ses yeux améthyste scintillaient légèrement aux rayons du soleil. Elle aurait pu avoir l’air fragile, innocente, mais ce n’était pas le cas. Un seul regard suffisait pour faire comprendre qu’elle avait vécu bien plus que les autres gosses de son âge.

Soudain, une perturbation attira son attention. Fugitive, imperceptible, comme une légère fêlure dans l’air. La jeune fille concentra son attention, mais ne remarqua rien d’anormal. Ce devait n’être que son imagination. Troublée par cette vision, elle croisa les bras sur le muret et appuya sa tête dessus. Qu’est ce que cela pouvait-être... ? Elle repensait au mot qu’elle avait trouvé dans ce livre de légendes. Ces plaines s’étendant au loin, les descriptions lui semblaient correspondre parfaitement. Du moins, si l’on en exceptait tout ce qui l’entourait : pas plus de cerisier millénaire sur ce rocher que de noyaux d’abricots dans une pomme verte. Et puis, il n’était nulle part fait mention d’une ville. Serait-ce simplement le produit d’une folle imagination, remémorant ce lieu au temps jadis ?

La fillette se recroquevilla, enfouissant un peu plus son menton entre ses bras. Il commençait à faire froid, et le déclin de l’astre solaire n’arrangeait pas les choses. Son raisonnement tenait la route, ce devait être ça. Elle ne pouvait pas lui en vouloir non plus, cet endroit était tellement beau, elle était tout de même heureuse d’avoir pu y revenir aujourd’hui. Mais ce serait mentir que de dire qu’il n’y avait pas une pointe de déception dans tout cela.

« ...Tu l’a vu, n’est-ce pas ? »

Tiens, elle n’aura pas mit si longtemps à revenir. Cette voix... Ethan était légèrement surprit de l’entendre maintenant, cette dernière n’avait pas coutume de se montrer en présence d’autres personnes. Etait-il bien le seul à l’entendre ? Visiblement c’était le cas, aucune réaction particulière n’était à noter chez les deux filles.

« Quoi donc ?
- Je te pensais plus attentif, mon cher Ethan. »

La présence s’évapora, aussi simplement qu’elle était apparue. Il ne le laissait pas transparaitre, mais il était un peu décontenancé par cette attitude. Cette personne l’accompagnant depuis ce jour restait un mystère. Quelque chose qu’il aurait manqué, juste sous ses yeux ? Cette chose, quelle qu’elle soit, devait avoir disparu pour qu’il en parle de la sorte. Il devait guetter le prochain signe, c’était la seule chose à faire.

Son regard erra dans le parc, s’arrêtant quelques instants sur Ryouko, puis sur cette inconnue. L’une d’elles avait-elle vu quelque chose ? C’était peu probable, mais cela ne coutait rien d’essayer. Encore que... passer pour un fou, il en avait l’habitude, là n’était pas le problème. Non, il résidait plus en le simple fait de se faire comprendre. Qu’à cela ne tienne, il essaierait de ne pas trop embrouiller son interlocutrice pour cette fois. La vivacité d’esprit des hommes n’était clairement pas leur qualité première, il fallait bien l’avouer, mais il y avait des exceptions. Rien que le fait de trouver une femme seule dans ce parc à une telle heure relevait en soit d’un évènement plutôt singulier, alors qui sait.

« Vous venez souvent-ici ? Auriez-vous remarqué quelque-chose d’anormal – j’entends par là un évènement qui ne soit pas naturel – ou simplement illusoire ? »

Succès... mitigé ? Il ignorait totalement si elle allait pouvoir lui soumettre une réponse viable, éclater de rire ou simplement s’enfuir en courant. Ryouko sembla tiquer à sa question, mais se contenta d’attendre l’air de rien. Elle n’avait juste pas envie d’en parler devant cette inconnue, cela la mettrait trop mal à l’aise. Il y avait des choses dont on ne pouvait pas parler avec tout le monde, ce genre de sensations étranges en faisaient partie. La jeune fille attendrait qu’elle parte, rien ne la pressait de toute manière. Mais les choses se passeraient-elles comme elle le prévoyait, habituelle routine de son ancienne vie ?
Invité
Anonymous
Invité
Lonely together, Partners forever [PFA ♥] Empty
Re: Lonely together, Partners forever [PFA ♥] - Ven 12 Avr 2013 - 19:36
La cigarette pendait toujours au bout du bec de la demoiselle. Eteinte. Elle étouffa un juron alors que l’homme venait de lui apprendre qu’il ne possédait encore un briquet. C’était bien sa chance. Ces humains étaient réputés pour leur don à fumer quotidiennement et voilà que sa bonne étoile la guidait vers le seul crétin (oh pardon !) ne possédant pas de feu. Inutile de rester ici plus longtemps. Du moins près de lui.
Elle reporta son attention sur la môme. Pas le genre de fille à fumer. Mais qui sait ? Cela valait le coup d’essayer. Qui ne tente rien n’a rien. Cette gamine avait tout l’air du modèle de petite fille parfait : sage (ou coincée), rêveuse (un peu trop), docile. Tout ce que Lyra n’était pas, en somme. Ni pendant son enfance, ni aujourd’hui, ni jamais. Rien que de s’imaginer ainsi la rendait mal à l’aise. Non, jamais elle ne lui ressemblerait. Elle jeta un regard à la dérobée à la mioche, puis un nouveau à l’adulte.

- J’suppose que la p’tite non plus ne fume pas ?

Un espoir. Mince. Fragile. Mais un espoir tout de même. Une lueur l’éclairant parmi ces ténèbres. Pas qu’elle soit dépendante de la nicotine mais pouvoir fumer un bon coups lui aurait permis de mieux souffler de cette longue journée. Le mot décompresser aurait enfin pris tout son sens entre deux taffes.
Jusqu’à présent, la gamine l’avait à peine regardée. À vrai dire, Lyra avait fait du même. Du moins jusqu’à ce que son rêve de fumer soit détruit par cet homme aux allures d’albinos. En était-ce vraiment un ? Elle n’en avait jamais rencontré ? Chevelure argentée, virant au blanc, yeux rouges. Ses prunelles lui donnaient l’illusion d’avoir un rat en face d’elle-même. Curieuse comparaison. Mais ce n’est pas tous les jours que la Russe rencontrait un albinos – cela devait en être un malgré tout. L’enfant, elle, paraissait être l’exact opposé de son aîné. Cheveux noirs, yeux mauves. Tout était en contraste avec l’un et l’autre.

La renégate se détache des deux inconnus pour observer le paysage qui s’offrait à elle. Voilà l’une des raisons de sa venue ici. Changer d’air. Oublier l’espace d’un instant les tréfonds de la guilde noire pour venir renouer avec la nature. Cette charmante nature sauvage qu’elle avait côtoyée lors de sa fugue en Russie. Celle-ci semblait bien plus calme, domptée par les hommes. C’était un sentiment étrange que d’avoir en face de soi un simple arbre alors qu’elle avait dû vivre parmi eux pendant plusieurs jours, dans le seul but de survivre. Un cache-cache aux dimensions de la taïga. Malheureusement, la fin du compte à rebours avait signifié pour elle le début de cette sombre partie. Être retrouvée aurait été synonyme de mort. Mais elle avait remporté la partie. Elle avait gagné. Le jeu était loin derrière elle, désormais. Elle avait su vivre. Deux ans de plus grâce à cette victoire sur l’Homme.
Eclipse de sourire. Que de souvenirs, la Russie. Peut-être cela avait-il changé depuis la dernière fois. Forcément. Tout évoluait en ce monde. Même cet arbre juste devant elle n’était pas le même qu’il y a deux ans. Elle n’avait pas été là pour constater son évolution – ignorant jusqu’à son existence – mais tout est en perpétuel mouvement. Même son pays d’origine.

La question de l’homme l’a pris au dépourvu. Elle avait cru en finir avec lui. Il faut croire que non. Elle se retourna vers lui, croisant ses yeux de braise. Elle n’aimait pas sa question. Ah ça non. Cet humain aurait-il remarqué des changements dans l’air ? Un apprenti dieu aurait-il été aussi discret qu’une baleine dans une demeure ? Elle s’attendait à tout, de la part des membres de l’académie. Même aux pires conneries. Les élèves étaient pour la plupart irresponsables et se plaisaient à faire une démonstration de leurs dons en public. Cet humain aurait-il pu être un spectateur ?

- J’viens ici quand j’peux. Alors ça dépend des semaines, en fait. C’est surtout pour décompresser que j’traîne là alors allez savoir… P’têt plusieurs fois par semaine ? Dès que j’ai du temps libre à tuer, souvent en soirée. Comme aujourd’hui, d’ailleurs.

Un temps. Elle n’avait répondu qu’à sa première question. La deuxième était plus délicate. Elle voulait éviter les ennuis. Il faut croire qu’elle était un aimant à emmerdes. Toute la pourriture du monde convergeait vers elle. Quel formidable don.
Elle réfléchit quelques instants. Elle ne savait pas quoi lui répondre. Elle ne devait pas trahir sa position de déesse. Mais après tout, si cet humain savait quelque chose, sans doute se confierait-il plus facilement si elle entrait dans son jeu ? Lui donner quelques éléments pour satisfaire sa curiosité et en contre-partie, elle obtiendrait des informations nouvelles. Elle ne voyait pas pourquoi cet homme irait lui mentir en inventant cette histoire d’évènements irrationnels ou d’illusions ? C’était contre son intérêt.

- Les éléments irrationnels, j’crois que c’est pas ça qui manque par ici ! s’exclama-t-elle. Non sérieusement, j’sais pas c’que vous pouvez avoir vu de bien suspect pour m’poser une telle question mais ça doit être rien qui vaille. Paraît que y a des choses pas nettes qui s’passent par ici. Des choses sans explications. Y en a qui disent que c’est d’la magie ou je n’sais quoi ! Mais c’est p’têt juste l’imagination des gens qui les fait paniquer et voir tout et n’importe quoi ? Allez savoir !


Elle observa à nouveau sa cigarette désespérément éteinte. Si seulement elle avait été la déesse du feu, cela n’aurait pas été un problème longtemps. Un simple claquement des doigts et le bout se serait embrasé ! Malheureusement, il n’en était pas ainsi. Tant pis. Inutile de se focaliser sur ce qu’elle ne possédait pas.

- J’crois que j’ai entendu des rumeurs qui circulent sur ce parc, si c’est là votre question. J’sais pas trop quoi précisément. Mais moi, hormis les chiens qui gueulent plus que d’habitude quand j’passe près d’eux et les gamins qui chialent pour un rien au moindre rayon de soleil, j’ai rien remarqué d’anormal.

Etait-il satisfait ? Elle n’allait tout de même pas lui révéler l’existence d’un autre monde où les morts se retrouvent vivants et avec de nouveaux pouvoirs défiant l’imaginaire ! Ah ça non ! Il pouvait toujours rêver. Mais quelque chose – son instinct ou une intuition peut-être – lui soufflait que cet homme n’était pas n’importe qui. Le genre d’humain moins coin que la normale. Le genre qui sait observer et écouter les signes de la nature. Mieux, qui sait les interpréter. Pas sûr que cette tempe d’Homme soit un bon point pour les demis-dieux. Il serait dommage que la vérité sur l’académie éclate au grand jour. Il serait dommage que tous soient au courant de leur essence véritable, n’est-ce pas ?
Invité
Anonymous
Invité
Lonely together, Partners forever [PFA ♥] Empty
Re: Lonely together, Partners forever [PFA ♥] - Sam 13 Avr 2013 - 16:14
Légèrement agacée. C’est tout du moins ce que laissa paraitre la demoiselle quand elle apprit que le professeur n’avait pas de feu. Le symptôme de manque avait souvent tendance à rendre les gens agressifs, sans doute un besoin d’exprimer sa frustration. Enfin, la chance n’était pas de son côté visiblement : au vu du pourcentage de fumeurs en ce bas monde, il y avait plus d’une chance sur deux pour qu’elle ait pu tomber sur la bonne personne en un lieu comme celui-ci. Cependant, le parc était désert à présent. Elle allait sans doute devoir rentrer chez elle, dommage. Cela aurait au moins le bénéfice de lui laisser le champ libre pour ses recherches.

« J’suppose que la p’tite non plus ne fume pas ? »

Ethan arqua un sourcil, Ryouko ne sembla pas l’entendre. Vaine tentative, rien que le ton de sa voix ne laissait pas transparaitre une once d’espoir. La petite, comme elle disait, n’aimait pas vraiment se voir traitée comme une gamine. Si c’était juste pour lancer une pique et passer ses nerfs, elle avait choisit la mauvaise personne. Mais elle n’était pas d’humeur à relever ce soir, préférant se laisser aller à ses rêves. Cela faisait si longtemps qu’elle n’avait pas eut l’occasion d’admirer un coucher de soleil comme celui-ci, elle n’aurait laissé personne lui gâcher ce moment.

C’est alors que virent les problèmes. Lorsque son regard croisa le sien pour répondre à la question qu’il avait posée, il put percevoir un soupçon d’hésitation. Un long silence s’installa, gagnant le parc peu à peu. Le bruissement des feuilles, les bruits de ville, tout semblait s’éteindre peu à peu, ne laissant plus que le néant. Elle cherchait ses mots, ne savait pas comment formuler sa réponse. Quelque chose à cacher, sans doute, mais en rapport avec quoi ? Quel genre de secret si difficile à avouer aurait un lien avec un quelconque évènement paranormal ? Les humains n’étaient pas tous aptes à se confier facilement, sans doute parce qu’ils se jugeaient trop facilement sur une première impression négative. Triste revers de la médaille d’une société prétendant lutter pour l’intégration. Enfin, peut-être que ses mots lui donneraient plus d’indices à travers leur sens apparent.

Elle avait commencé par combler le vide. Une banale habitude, décompresser en fumant une cigarette au calme dans les dernières lumières du soleil. Ce n’était visiblement pas une personne très sociable, préférant le calme et la solitude à première vue. Surement quelqu’un de déçu par la vie. Une de plus. Néanmoins, elle semblait manifester un certain intérêt à vouloir découvrir aussi la source de ce problème. Non pas pour coopérer, mais sans doute parce qu’elle s’en sentait concernée d’une manière ou d’une autre. Il y aurait finalement des choses intéressantes à en tirer, ce n’était peut-être pas un coup d’épée dans l’eau.

« Les éléments irrationnels, j’crois que c’est pas ça qui manque par ici ! Non sérieusement, j’sais pas c’que vous pouvez avoir vu de bien suspect pour m’poser une telle question mais ça doit être rien qui vaille. »

Comédienne, avec ça. Elle semblait jouer un rôle qui ne lui appartenait pas, c’était tout sauf naturel. Une technique étrange visant à capter l’attention – ou la curiosité – il fallait croire. L’évidence même, elle n’avait rien vu. Ce n’était là qu’un subterfuge pour l’amener à en dire plus et rien d’autre.

« Paraît que y a des choses pas nettes qui s’passent par ici. Des choses sans explications. Y en a qui disent que c’est d’la magie ou je n’sais quoi ! Mais c’est p’têt juste l’imagination des gens qui les fait paniquer et voir tout et n’importe quoi ? Allez savoir !
- Je vois. Désolé d’avoir pris de votre temps. »

Il n’avait pas quoi satisfaire la curiosité de la demoiselle, deuxième échec. Pas qu’il n’eut voulu lui en dire plus long, mais ce n’aurait été que l’embrouiller par un surplus de notions trop abstraites. Le philosophe tourna la tête vers la fillette aux cheveux noirs, qui semblait attendre qu’ils aient finit pour quitter le rebord.

Elle lança un dernier regard à l’horizon, plein de mélancolie. Une rafale de vent glaciale lui cingla le visage, la faisait grimacer. Quel froid soudain ! Elle avait été prise au dépourvu par les caprices d’Eole. Mais lorsqu’elle rouvrit les yeux, une sensation de froid semblait persister. De petites étoiles immaculées flottaient doucement dans les airs, chutant avec lenteur sur le parc. De la neige en cette époque de l’année, voilà qui était... peu commun. Le soleil était encore si chaud il y a quelques instants, voir la température chuter si brutalement relevait du miracle. Ryouko tendit l’une de ses mains au dessus du vide, recueillant quelques flocons. Cette sensation, elle lui évoquait tant de souvenirs, elle aussi...

Ethan, lui, restait perplexe. Voilà qui devrait convenir à l’humaine pour ce qui était de la nature du problème, mais il n’en était pas beaucoup plus arrangé. Le ciel était plutôt découvert, seulement décoré des quelques stries grisonnantes laissées par les fins nuages de beau temps. Les petites étoiles de glace semblaient venir de nulle part, comme si on les eut invoquées par magie. Quelques questions se posaient alors : ce changement de climat était-il localisé uniquement sur le parc, ou s’étendait-il sur toute la ville ? Ensuite, était-il de l’ordre de la bêtise d’un apprenti dieu qui aurait transgressé les règles – encore un – ou bien d’une menace toute autre ? Là était le véritable fond du problème.

« Il s’agit probablement d’une illusion liée à ce lieu. D’après les informations dont je dispose sur ce type de phénomène, nous allons devoir trouver une faille d’accès pour corriger le problème à sa source.
- Tiens donc, tu en connais choses, soupira-t-il ironiquement dans son esprit.
- Dois-je te rappeler combien d’années d’existence ai-je derrière moi ?
- Je doute que ce soit nécessaire. Il se tourna alors vers la jeune femme, visiblement calmée dans son délire par l’apparition soudaine de cette neige. – Je pense avoir trouvé ce que je cherchais. Quelques légers problèmes pourraient survenir néanmoins, quitter les lieux vous est fortement conseillé. »

Simple avertissement. Il n’allait pas l’empoigner par le col et la trainer hors du parc – il n’aurait pas pu de toute manière – et ce n’était pas vraiment son problème. La curiosité était un bien vilain défaut, et l’entêtement pouvait s’avérer encore plus néfaste dans bien des cas. Ethan n’avait pas la force de lutter contre cela, cela aurait été perdre de l’énergie pour un combat perdu d’avance. Peu importe qu’elle se retrouve coincée dans une illusion un peu trop réelle pour qu’un esprit puisse la croire vraiment factice, elle l’oublierait quand elle se réveillerait.

« Ryouko ? »

La fillette sursauta faiblement, reprenant ses esprits. Elle frotta ses doigts qui commençaient à s’engourdir sous l’effet du froid et de l’immobilité, avant de se retourner vers lui. Ses yeux améthyste croisèrent de la jeune femme, la fusillant presque du regard. Cette inconnue ne lui inspirait rien de bon, et elle ne se privait pas de le lui faire sentir. Elle en avait déjà trop vu, des personnes comme elle. Ce petit air supérieur, jouer celle que rien n’atteint par ce qu’on pensait jouer dans la cours des grands. Et finalement se faire manger par plus fort que soi, comme toujours. Elle n’était plus comme ça. Elle ne pouvait plus croire que les gens avaient encore un bon fond après sa vie passée. Tous les cœurs se faisaient corrompre un jour ou l’autre, ce n’était qu’une question de temps. Soit on sombrait, soit on mourrait. C’était les règles du jeu.

Elle lâcha le rebord de pierre, ses pas la guidant près du philosophe, mais semblant toujours garder un œil sur la jeune femme, comme si ce simple regard l’eut marquée tel une malédiction. Une présence, se sentir épiée dans tous ses faits et gestes à chaque fois qu’elle rencontrerait son image. C’était l’une des choses qui faisait que tant de monde la craignait à l’orphelinat. Maudire une personne en la regardant dans les yeux, un don qui donnerait des sueurs froides à beaucoup. Mais au fond, ce n’était pas quelque chose qui lui était réservé. Beaucoup pouvaient en faire autant.

« On peut y aller, » lui intima-t-elle du regard.

Dès l’instant où il avait croisé celui d’Ethan, son regard s’était adoucit. Son visage avait changé d’expression, reprenant ce petit air enfantin qu’elle avait il y a quelques instants. Etrange, comme une personne proche peut influer sur notre état d’esprit. Eh bien... il y a une faille à chercher à présent, non ?
Invité
Anonymous
Invité
Lonely together, Partners forever [PFA ♥] Empty
Re: Lonely together, Partners forever [PFA ♥] - Sam 13 Avr 2013 - 19:11
Alors c’était tout ? Elle évoquait quelques phénomènes surnaturels et voilà sa seule réaction ? Ah mais quel humain discret ! Pas le genre à demander plus que nécessaire. Elle ne pouvait pas lire dans son esprit pour savoir à quoi il faisait allusion alors il aurait été gentil de sa part de lui livrer ses pensées sur un plateau d’argent. Cela aurait pu être intéressant, qui plus est.
La demoiselle rangea sa cigarette. Elle ne s’allumerait pas par la seule volonté de son esprit, malheureusement. C’était bien dommage. Elle allait devoir se passer de ce petit plaisir. Tant pis. Ce n’était pas comme si elle était dépendante à la nicotine. Une fois de temps en temps pour décompresser, cela lui faisait du bien. Mais cela s’arrêtait là. Tournant la tête à droite et à gauche, elle s’aperçut que le parc était désormais totalement désert. Il n’y avait plus qu’eux trois. Adieu frêle espoir de fumer au milieu des arbres en cette belle fin de soirée.

- Merci quand même.

Elle n’avait plus rien à faire ici. Elle était sur le point de se remettre en route, de quitter ce parc maudit pour finalement retrouver les ténèbres de la gilde noire lorsqu’elle tressaillit sous l’effet du froid. Quelque chose l’avait refroidie. Elle cligna des paupières, surprise. Son index frôla le bout de son nez. Humide. Quelque chose avait fondu. Elle leva les yeux vers le ciel et vit une pluie de flocons s’abattre sur elle.
Elle tourna la tête vers les deux inconnus, voulant être sûre qu’elle n’était pas en plein rêve et que tout ceci était bien réel. Eux-aussi voyaient les flocons. On se serait cru en plein hiver. Pourtant le printemps était bien là. Même si les températures n’étaient pas très hautes, il n’aurait jamais dû neiger en une telle période ! Alors quoi ? Un apprenti s’amusait-il à dérégler le temps, s’entraînait-il à maîtriser son pouvoir ? Etait-ce lié à l’environnement des dieux, tout d’abord ? Elle n’en savait rien.

Elle tendit la main, laissant des perles blanches se déposer sur sa paume. Tout cela lui rappelait la Russie. Elle avait passé son premier hiver à l’académie et n’avait pu s’empêcher d’être nostalgique en voyant ces paysages blancs. Voilà que la même sensation ressurgissait alors qu’elle avait cru laisser cela derrière elle. Elle s’était trompée. Son cœur se serra. Mais le passé était le passé ; elle ne pouvait rien y faire.

- Pour peu, j’me croirais de retour dans mon pays d’origine, souffla-t-elle davantage pour elle-même.

La voix de l’albinos la coupa de ses souvenirs, la ramenant de force dans la réalité. La neige tombait toujours, recouvrant peu à peu la nature comme si de rien n’était, la température avait chuté, les flocons venaient se perdre dans la chevelure de jais de la renégate. Et tout ceci était bien réel. Le froid aurait dû suffire pour la réveiller. Mais rien. Alors ce n’était pas un songe. Encore moins le songe d’un rêve. Mais l’irrationnel n’avait pas sa place dans cette atmosphère saturée de mystique et de magie. Alors à qui la faute, cette mystérieuse tempête de neige ?

Si l’homme espérait qu’elle rentre sagement chez elle, i les trompait lourdement. Elle était bien trop intriguée par ce qui se passait pour pouvoir tout oublier. Son calme la surprit. Elle s’était attendue à ce que cet humain panique, tout comme la môme. Mais rien de rien. Ils semblaient insensibles à cette soudaine magie. À peine un haussement de sourcils de la part, un doux émerveillement laissant sa place à une lassitude. Comme si tous deux avaient suffisamment vécu pour ne plus s’étonner d’un tel événement. À moins d’avoir déjà vécu une fois, elle ne connaissait personne pouvant réagir ainsi. Les seuls aptes à penser de cette manière étaient les dieux. En étaient-ils, finalement ? Elle l’ignorait. Elle n’avait pas la prétention de connaître toute la population de l’académie, loin de là ! Alors le doute persistait. Une chose était sûre, la nature humaine de ces deux-là était louche.

- Vous croyez vraiment pouvoir vous débarrasser aussi facilement après… ça ? Désolée mes cocos mais vous allez devoir me supporter encore un peu.

Ces deux-là cachaient quelque chose. Ils semblaient bien au courant de ce qui se tramait dans ce parc. Ils cherchaient quelque chose ? Quoi donc ? Un simple phénomène surnaturel ? Ils en avaient trouvé un. Et maintenant ? Leur quête s’arrêterait-elle là ? Lyra en doutait. Ils avaient l’air de comploter quelque chose. La Russe était bien décidée à rester dans leurs pattes encore quelques temps. Suffisamment pour comprendre ce qui se passait.

- Vous connaissez la cause de ce dérèglement climatique, n’est-ce pas ? Et si c’est pas l’cas, alors j’suppose que vous êtes ici pour justement comprendre pourquoi il neige en plein printemps. J’ai pas raison, p’têt ?

La brune croisa les bras. Ils avaient réussi à attiser sa curiosité. Si seulement cet homme s’était montré plus précautionneux, peut-être serait-elle partie sans faire d’histoires. Malheureusement, ce fut sa propre curiosité qui attisa celle de Lyra. Il ne pouvait sen prendre qu’à lui-même.
La renégate avait bien l’intention de rester ici jusqu’à ce qu’elle puisse enfin comprendre. Ou du moins obtenir les clefs nécessaires. La gamine ne semblait pas beaucoup l’apprécier. Qu’importe. Elle serait un fardeau pour eux deux tant qu’ils se tairont. Avoir des secrets était difficile en présence de Lyra. Il fallait toujours qu’elle s’en même, comme aujourd’hui. Elles ne les connaissaient ni d’Eve ni d’Adam et voilà qu’elle était déjà un fardeau pour eux deux. Ou du moins jouait-elle le fardeau. La boulette de service. Elle savait juste que la petite s’appelait Ryouko, elle avait entendu l’albinos prononcer son nom il y a quelques instants. Pas de quoi suffire pour sympathiser avec deux parfaits inconnus. La logique aurait voulu qu’elle se présente mais les règles de politesse ne semblaient pas respectées ni par l’un, ni par l’autre. La demoiselle ignorait où cette curiosité la mènerait. Mais à rien de bon, ça, elle en était certaine. Elle pressentait les ennuis. De très gros ennuis. Aimant à emmerdes, hein ?

Invité
Anonymous
Invité
Lonely together, Partners forever [PFA ♥] Empty
Re: Lonely together, Partners forever [PFA ♥] - Dim 14 Avr 2013 - 17:57
La neige continuait de tomber doucement sur le parc, couvrant peu à peu le sol d’une fine couverture blanche immaculée. Les fragiles étoiles de glace se perdaient dans leurs chevelures, allant en virevoltant au gré du vent qui soufflait doucement. Néanmoins, l’inconnue semblait réagir de manière bien différente à ce qu’il aurait pu croire. Rêveuse tout d’abord, puis curieuse. Il était assez aisé de deviner qu’elle n’allait pas lâcher l’affaire aussi facilement. Pourtant, le danger et le caractère surnaturel du problème en aurait fait réfléchir d’autres à deux fois ; pour elle, cela semblait tout réfléchit déjà. Témérité ou expérience, cela restait à démontrer.

« Vous croyez vraiment pouvoir vous débarrasser aussi facilement après… ça ? Désolée mes cocos mais vous allez devoir me supporter encore un peu. »

Alors à présent, c’était à elle d’espérer une coopération ? L’albinos esquissa un sourire, intéressé par sa réaction. Non pas que cela l’enchantait plus que cela de se voir imposer un genre de cinglée égocentrique, mais il était clair qu’elle serait bien plus utile à chercher avec eux que contre eux. Il aurait été difficile de définir cette intervention comme une aide, mais il allait devoir faire avec. Question de bon sens.

« Vous connaissez la cause de ce dérèglement climatique, n’est-ce pas ? Et si c’est pas l’cas, alors j’suppose que vous êtes ici pour justement comprendre pourquoi il neige en plein printemps. J’ai pas raison, p’têt ?
- Je crains que votre compréhension du phénomène auquel nous assistons actuellement ne soit encore lacunaire. En d’autres termes...
- Si on savait ce qu’on cherchait, on vous aurait pas demandé. »

La petite l’avait coupé net, mettant les choses au clair d’entrée de jeu. Non elle ne l’aimait pas, non elle n’était pas d’accord pour qu’elle s’en mêle, et non elle n’avait pas envie qu’Ethan perde son temps – et le sien – à tenter d’expliquer l’inexplicable à cette empêcheuse de tourner en rond tout en restant un tant soit peu compréhensible pour que son cerveau puisse arriver à suivre. Elle voulait bien être tolérante, ne pas faire d’histoire, d’accord, ça va cinq minutes. Mais là, cela commençait à faire trop, et ils venaient à peine de la rencontrer. Autant dire que c’était bien mal partit entre eux.

Instinctivement, Ryouko détourna les yeux, comme fuyant les reproches qu’elle sentait venir. Non pas qu’il lui en faisait souvent, en vérité il n’avait jamais eut à s’en plaindre, mais elle avait le sentiment que ce genre de comportement ne pouvait que leur causer d’avantage de désagréments. Mais bon, c’était une erreur humaine, non ?

« Une faille présente en ce lieu a probablement créé une illusion de zone, poursuivit-il comme si de rien n’était, altérant le climat de ce lieu. Je ne pense pas qu’elle puisse être visible de l’extérieur... néanmoins, elle pourrait s’étendre à un espace plus important et nous ne disposons d’aucune capacité de détection.
- En effet, cela risque de s’avérer compliqué. Peut-être réagira-t-elle à une présence ?
- C’est une idée. »

Une présence, hein ? Mais de quel type ? Et restait l’interrogation principale : qui avait invoqué cette faille ? Beaucoup d’hypothèses étaient envisageables, il aurait été aisé pour une personne expérimentée de déclencher un sort par un évènement insignifiant et ainsi brouiller les pistes. S’il avait appris quelque chose des hommes, c’est qu’au delà des contraintes physiques, un brin d’imagination suffisait à contourner toutes les règles.

Le trio se sépara alors, Ethan partant par l’allée centrale et Ryouko par celle à l’est. Ils auraient pu passer devant ce qu’ils cherchaient à maintes reprises sans même s’en rendre compte, sans même soupçonner quoique ce soit, mais cela restait la solution la plus fiable pour couvrir tout l’espace. Le parc n’était pas très grand, mais ils n’étaient que trois, et le succès de leur entreprise reposait entièrement sur la chance. Et puis, cela convenait le mieux à la jeune fille. Elle n’aurait pas à supporter la présence de cette inconnue pour quelques instants, cela l’aiderait à éviter de se faire une trop mauvaise impression d’elle tout de suite. Après tout, elle n’avait jamais été très accueillante avec qui que ce soit au premier contact.

Les pelouses, parterres fleuris et autres arbustes défilaient sous leurs yeux, mais rien ne semblait sortir de l’ordinaire. Hormis cette neige persistante, aussi entêtée que pouvait l’être cette femme, tout était normal, calme. Le vent commençait à se faire frais et le ciel s’assombrissait, laissant place aux premières étoiles du soir. Agacée de chercher vainement, la jeune fille se laissa tomber sur un banc et leva les yeux au ciel, contemplant les astres à travers les feuillages. Elles étaient belles ce soir là. Aussi brillantes que cette nuit à l’orphelinat, où elle les avait regardé avec Azuki. Elle ne pleurait plus, il faut croire qu’elle s’y était faite. Cela lui faisait juste un peu mal, comme un pincement au cœur, d’y repenser par moment.

« J’aimerais tant qu’elle... que nous soyons encore en vie... »

Elle avait murmuré ces mots, comme une prière emportée au loin par le souffle du vent. On ne pouvait pas revenir en arrière, elle le savait. Cette deuxième vie n’était pas un cadeau, elle avait un prix. Elle n’était peut-être plus seule, mais ce n’en était pas moins difficile à vivre pour une enfant comme elle. Elle avait vieillit trop vite, son innocence piétinée, comme on avait tendance à dire. Et pourtant, elle continuait de rêver, pâle lueur d’espoir dans un monde où la vie n’avait plus d’intérêt.

Soupir. Elle s’étira puis passa une main dans ses cheveux d’ébène pour les débarrasser de la neige qui s’y déposait et se releva. Peut-être que les autres auront trouvé quelque chose pendant qu’elle rêvassait, qui sait. Elle l’espérait du moins, cela la fatiguait déjà d’user le regard dans l’obscurité. Oui, elle en venait même à prier pour que cette coopération forcée puisse les aider. Quitte à les ennuyer, autant qu’elle se rende utile. Finalement, elle retrouva Ethan au centre du parc, seul. L’expression sur son visage était toujours aussi neutre qu’à l’ordinaire, mais elle pouvait deviner qu’il n’avait rien trouvé non plus. La fumeuse n’était pas encore revenue, peut-être aura-t-elle eut plus de chance. Si ce n’était pas le cas...

Ryouko sortit alors le petit papier où étaient notées les coordonnées du parc. Elle s’en était rappelée en plongeant les mains dans ses poches à l’instant, c’était ce message la cause de leur présence. Rien de plus qu’une adresse, que devaient-ils en faire ? Cela ne disait rien à propos d’une météo capricieuse ou d’une quelconque déformation de l’espace.

La fillette tressaillit. La main du philosophe venait de se refermer fermement sur son épaule, l’incitant à lever les yeux. Elle le fixa d’un air interrogateur, puis regarda dans la direction qu’il lui indiquait d’un regard. Quelque chose troublait. L’air semblait se déformer faiblement, à la manière d’une image parasitée comme sur les vieux téléviseurs. Elle tendit timidement la main tenant le papier, constatant une amplification des perturbations. Visiblement, c’était bien cette note qui avait provoqué l’apparition de tout cela. Où et quoi, deux questions avaient trouvé réponse. Mais le mystère n’était qu’à moitié résolu ; à présent, restait le comment ouvrir ce passage, et explorer ce qui se trouvait derrière. Une autre paire de manches, en somme.
Invité
Anonymous
Invité
Lonely together, Partners forever [PFA ♥] Empty
Re: Lonely together, Partners forever [PFA ♥] - Lun 15 Avr 2013 - 15:36
Lyra ne releva pas la remarque cinglante de la gamine. Inutile de faire de vagues par ici. Rester calme. Ou du moins essayer. La môme tourna les yeux. C’était mieux ainsi. Inutile que la Russe crache tout son fiel sur cette sale morveuse. Elle n’avait jamais apprécié les enfants. Et celle-ci ne semblait pas beaucoup l’aimer non plus. Après tout, elle n’était pas ici pour se faire des amis. Alors peu lui importait que Ryouko la déteste, ce n’était pas ça qui allait l’empêcher de dormir cette nuit. Ce n’était qu’une rencontre banale, après tout. Une rencontre placée sous le signe de la neige. Mais une simple rencontre.
L’albinos lui expliqua la situation, évoquant une faille, source de ce dérèglement climatique. Soit, ils devaient chercher quelque chose de suspect. Une illusion. Quelque chose qui n’avait pas sa place ici. Lyra observa le parc. Il était immense. Impossible, même à eux trois, de pouvoir fouiller dans les moindres recoins ! Autant chercher une aiguille dans une botte de foin. Au moins était-il possible de retrouver une aiguille si l’on mettait le feu à la botte et que l’on y passait un aimant. Il suffisait juste de trouver la bonne méthode pour ce lieu. La renégate hocha simplement la tête, montrant qu’elle avait compris et tous trois se séparèrent en quête d’une chose dont même eux ignoraient l’aspect véritable. Une chasse à l’aveugle.

Lyra marcha droit devant elle, ouvrant grand les yeux. Elle connaissait ce parc par cœur. Elle y était venue maintes fois. Peut-être son don de mémoire eidétique lui permettrait-il de repérer l’élément perturbateur ? Si quelque chose n’avait pas sa place ici, peut-être s’en souviendrait-elle ? Il suffisait qu’elle songe à l’ancien parc, celui qu’elle avait arpenté des journées entières. Alors peut-être verrait-elle quelque chose que les deux autres n’apercevraient pas. Il fallait qu’elle essaye.
Des arbres, des arbres et encore des arbres. De la verdure à perpétuité. Des feuilles s’étalaient devant eux, sous leurs yeux. La neige ne rendait pas cette tâche plus aisée. À croire que le climat s’était fait passer le mot pour empêcher le trio de découvrir l’élément mystique.
Lasse de chercher, elle se laissa tomber sous un arbre, n’ayant cure de la neige déposée à ses pieds. Elle ferma les paupières quelques instants. La fatigue, sans doute.

Une carpette était là. Un tapis au beau milieu d’un parc fleurissant ? Là, c’était louche ! Elle se releva, s’approcha à pas de loup près de cette étrange tapisserie grise. Elle se pencha vers le tissu. Des bruits en émanaient. Après avoir tendu l’oreille elle reconnut des ronronnements. Elle tendit la main vers la larve assoupie et l’attrapa au niveau du cou. L’animal se débattait entre sa main. Il cracha avant de se rendre compte que la demoiselle qui le tenait était une connaissance. Un grand sourire apparut sur ses babines – ou du moins Lyra crut-elle en voir un – suivit d’un miaulement.

- Mademoiselle de la forêt noire ! J’t’ai manqué ? s’écria par télépathie le chaton, parce que moi j’dois bien t’avouer que j’rêve chaque nuit de tes gratouilles !

Lyra hésitait entre apprendre au chat à voler en le lançant à la manière d’un disque ou à l’aide d’un bon coup de pied au derrière. Elle ignorait ce qu’elle avait fait pour tomber sur ce sac à puces mais elle était bien comptée à s’en débarrasser. Lui en tout cas ne lui avait pas manqué. Profond soupir. Elle devait être maudite, oui.
Un bref coup d’œil derrière elle lui apprit que les deux autres s’étaient déjà rassemblés sur un banc. Elle n’allait pas tarder à les rejoindre. Inutile de persévérer, cela ne servait à rien. Tout ce qu’elle avait réussi à trouver était cette boule de poils.

- Azazel, ravie de t’revoir. T’auras des gratouilles si tu t’rends utile. Par hasard, tu saurais pas où trouver la faille qu’est la cause de cette tempête de neige ?

L’animal parut réfléchir. Il s’étira ensuite. Puis bailla. Il aimait toujours autant mettre la patience de la Russe à rude épreuve. Voyant qu’elle n’en tirerait rien, elle le planta là et se dépêcha de regagner les deux acolytes, l’animal sur ses talons.
Les deux amis semblaient avoir trouvé quelque chose. Une perturbation dans l’air. Mieux, une déformation. Pas mal de parasites. La faille était devant eux. Et le chat derrière.
Le passage n’était pas bien grand. Pas de quoi laisser un humain s’y engouffrer. Il allait falloir trouver un moyen de l’agrandir. Lyra se baissa par terre, y plongea sa main et ramassa un caillou. Elle le lança de toute ses forces à travers la faille. Celui-ci fut avalé aussitôt. Nulle trace de la pierre. Comment savoir où cela allait les mener ? Une pierre qui vole venait de passer de l’autre côté. Mais pour eux ? Et si rien de vivant ne pouvait s’y engouffrer ? D’abord agrandir le passage. Ensuite douter. C’était mieux ainsi.

- Ben la v’là ta faille, t’sais ! D’ailleurs maintenant que j’y pense, ce s’rait pas l’passage vers l’île…

Lyra le fusillait du regard. Ce crétin venait de parler par télépathie à elle-même ainsi qu’aux deux autres. Mais quel idiot ! Eux qui souhaitaient découvrir des phénomènes surnaturels, ils étaient servis. Entre une tempête de neige en plein printemps, un passage vers un autre monde et un chat qui parle, vive les découvertes !
Elle ne savait vraiment pas ce qui l’empêchait de lui donner un bon coup de pied au cul. C’était tout ce qu’il méritait.

Elle commençait à véritablement douter que ces deux-là soient humains. Des apprentis, peut-être. L’une élève et l’autre professeur ou repenti. Il n’avait pas vraiment la tête de l’emploi pour être repenti. Plutôt le genre à donner des cours. Alors user de ses pouvoirs ne devrait pas les étonner davantage. Et si jamais elle venait à se tromper, alors elle pourrait toujours les occire un à un. Ainsi, elle serait sûre d’avoir la paix. Le secret serait bien gardé. Muets pour l’éternité, leurs cadavres pour sceller le tout. Mais inutile de penser au meurtre de suite. Son intuition lui soufflait qu’ils étaient comme elle : des dieux. Sinon comment expliquer leurs comportements étranges ? Mieux valait qu’elle ne se trompe pas. C’était un véritable coup de poker que celui-ci.

- Ecartez-vous ! Ça va faire des étincelles !

Une épée se matérialisa dans sa paume. Inutile de compter sur ses poignards, ces cure-dents n’auraient aucun effet sur une brèche magique. Il fallait combattre le feu par le feu. La lame blanche étincela entre ses mains. Quiconque la touchait autre qu’elle-même aurait droit à de sévères douleurs.
Elle s’élança en direction de la faille, épée droit devant elle, et l’abattit de toutes ses forces sur la faille. Il y eut un grésillement. Le bruit amplifia ensuite. Comme elle l’avait songé, la rencontre des deux magies allait permettre un passage bien plus grand. Elle dirigea sa lame de l’intérieur, essayant de déchirer la faille pour offrir plus d’espace. C’était sans compter sur la résistance que lui opposait cette magie nouvelle. « Allez ! » s’encouragea-t-elle. Puis il y eut une détonation. Elle se retrouva les deux fesses au sol, légèrement étourdie. La lame de lumière rebondit à ses pieds avant de disparaître.
Lorsqu’elle eut reprit totalement ses esprits, la renégate se rendit compte que la brèche permettait désormais à un humain de passer. Ils devraient s’y engouffrer chacun leur tour. Mais au moins pourraient-ils y accéder.

La brune se releva, intriguée. Impossible de voir quoi que ce soit de l’autre côté du passage. Il y avait comme un voile d’ombre obscurcissant ce nouveau monde. Un rideau les empêchant de savoir à quoi s’attendre. Elle plongea sa main à l’intérieur. Cette dernière disparut aussitôt. Elle eut un hoquet de stupeur. Elle ne s’était pas attendue à cela. Elle a retira prestement. Toujours en un seul morceau. Elle recommença l’opération, sa main fouillant sur le sol de l’autre côté. Elle attrapa quelque chose de froid et de rond. Lorsqu’elle fut de retour dans le réel, elle se rendit compte qu’elle avait saisi le caillou jeté négligemment tout à l’heure. Cela semblait sans danger. Mais un caillou n’était pas un être humain. Une pierre n’avait rien de vivant. Ses yeux se dirigèrent instinctivement vers le chaton.

- Azazel, après toi !

L’animal fit la sourde oreille. Il était sur le point de faire demi-tour alors que la main de Lyra vint lui attraper la queue. Il eut beau se débattre, elle le traîna de force jusqu’au passage. Un léger coup de pied (enfin !) et il disparut de l’autre côté. Lui qui miaulait quelques instants plus tôt était devenu étrangement muet. À moins qu’en plus de ne rien voir, on ne pouvait rien entendre.
L’animal ressortit finalement. Trempé. Au moins était-il vivant. C’était l’essentiel.

- Je crois qu’on peut y aller. Du moins, si vous avez toujours envie de découvrir des phénomènes surnaturels. J’pense que y en a un paquet qui nous attendent derrière cette brèche.

Lyra fit signe à Azazel de passer devant. En un bond, il sauta à nouveau dans la faille. Elle avait dû jeter le félin un peu trop loin pour que ce dernier atterrisse dans de l’eau. La pierre, elle, n’avait pas su trouvé le chemin de l’one bleue. Toujours est-il que les cailloux ne savent pas nager. Ce n’est pas dans leur essence. Déjà que celle-ci avait su voler grâce au lancer de Lyra, inutile de trop modifier la nature des éléments.

- Au fait, j’m’appelle Lyra. À qui ai-je donc l’honneur ?

Les présentations. Il aurait peut-être valu commencer par ça. Mais la Russe aimait bousculer les codes, tout comme les gens. Elle ignorait où cette aventure allait la mener mais mieux valait connaître le nom de ses nouveaux alliés pour cette curieuse péripétie. Ils auraient de la chance s’ils rentraient tous en un seul morceau. Peut-être serait-ce un bon moyen pour abandonner Azazel là-bas ? Pas sûr qu’Isanagi approuve le fait que le seul allié de la guilde noire soit porté disparu. Mais assez tergiverser, il était grand temps de laisser place à l’aventure. Qui sait ce qu’ils allaient trouver derrière ce rideau d’ombre ? Cela serait amusant, Lyra n’avait aucun doute là-dessus.
Invité
Anonymous
Invité
Lonely together, Partners forever [PFA ♥] Empty
Re: Lonely together, Partners forever [PFA ♥] - Mer 17 Avr 2013 - 17:15
Des bruits de pas les avertirent de l’arrivée de leur partenaire de circonstances. Elle arrivait au bon moment, il ne restait plus qu’à ouvrir le passage et le puzzle serait résolu. Restait que la brèche, elle était encore bien trop petite pour qu’on puisse espérer y passer quelqu’un. Un doigt à la rigueur, peut-être une main, et encore. Cependant, la nature du passage restait encore bien trop obscure. Ce serait tout de même idiot d’être téléportés aux confins de la galaxie ou dans le noyau de la Terre, sans compter qu’on n’était même pas certains de se retrouver en un seul morceau de l’autre côté.

Il n’y avait qu’un seul moyen de savoir : la méthode scientifique. Utilisons donc notre raison, élaborons le protocole d’une expérience afin de juger si un homme pourrait ou non emprunter le portail sans risque. Sur quels paramètres agir ? Ces théories étaient applicables dans le cadre des connaissances humaines, mais en ce qui concernait les dieux. Créer à partir de rien, c’était déjà suffisant pour réduire à néant une bonne partie des lois de la physique. Alors une faille dimensionnelle, que dire face à ça ?

Enfin, ça, ce n’était que la théorie. En pratique, qui s’encombre d’étapes inutiles ? L’inconnue n’attendit pas longtemps avant de se courber pour ramasser une petite pierre et la lancer dans une trajectoire parfaite à travers la perturbation. Un léger sifflement, puis plus rien. Le professeur resta pensif. Cela ne les avançait en rien dans leur problème. Qu’était-il advenu de la pierre ? Et si elle avait effectivement été téléportée en un lieu inconnu, aurait-elle été altérée ? En aurait-elle eut conscience ? Il n’appartenait pas plus à l’essence minérale de voler que de se déplacer à des vitesses défiant l’imaginaire, et pourtant, voilà que l’on brisait les codes d’un simple geste.

« Ben la v’là ta faille, t’sais ! D’ailleurs maintenant que j’y pense, ce s’rait pas l’passage vers l’île...
- ... ?
- Tiens, un télépathe. Fais attention à toi, tu vas chopper des puces.
»

Le groupe se retourna d’un bloc, faisant face au petit idiot qui venait d’informer mentalement l’assistance de quelque chose qu’ils avaient pu constater depuis deux bonnes minutes. Une petite créature haute comme trois pommes se tenait là, la queue balançant doucement derrière lui, fixant la femme avec de grands yeux innocents. Une connaissance à elle ? A voir le regard qu’elle lui rendait, il serait plutôt le genre à se taper l’incruste. Même dans une équipe qui gagne, il faut bien un boulet. Question d’équilibrage.

Ryouko s’approcha du petit félin et s’accroupit face à lui, le fixant d’un air intriguée. Elle se méfiait un peu de ces animaux, beaucoup étaient aussi fourbes que les humains. Mais avec tout ce que certains leur faisaient subir, pas étonnant qu’il y ait une tendance générale à l’agressivité. Elle approcha prudemment une main et le gratouilla doucement sous le menton. Il sembla apprécier, ronronnant doucement avant d’émettre un petit miaulement de contentement. Celui là était peut-être gentil, après tout.

« Ecartez-vous ! Ça va faire des étincelles ! »

Les yeux de la fillette se levèrent vers l’épée lumineuse qu’elle venait d’invoquer, lui arrachant un hoquet de stupeur. C’est qu’elle en jetait, sa lame étincelante. Cette femme devait avoir un niveau autrement plus élevé que le sien dans la maitrise de ses pouvoirs. Ah ça, elle aurait eut l’air pitoyable à côté, avec son petit poignard. Et puis, ce n’était qu’un aperçut de ce qu’elle devait pouvoir faire. Mais d’ailleurs... elle comptait vraiment ouvrir la brèche avec ça ? Tout d’un coup, elle comprenait un peu mieux le sens de son avertissement... un peu trop tard pour s’écarter en fait. La lame rencontra la faille avec force, projetant une pluie d’étincelles aveuglantes autour de l’impact. Elle résista quelques secondes, grésillant dans un affreux bruit de friture qui fit cracher le petit chaton. Il y eut une forte détonation, et la brute se retrouva le cul par terre. Mais le résultat était là : le passage était assez large pour permettre à une personne de passer. Cependant... il semblait n’y avoir strictement rien de l’autre côté. Le néant.

Le philosophe se pencha, positionnant ses yeux face à la déchirure. Il avait beau y regarder par tous les angles, rien n’y changeait. Voyant la femme se relever, il s’écarta pour la laisser essayer. Après tout, si ses techniques étaient peu orthodoxes, elles avaient prouvé leur efficacité. Du moins, elles n’avaient pas encore échoué. Et comme il s’y attendait, elle n’y alla pas par quatre chemins : sans la moindre hésitation, ce fut toute sa main qui se retrouva engloutie par les ténèbres. Léger moment de réflexion, puis panique, avant de retirer vivement son membre. Heureusement, elle était intacte. Réfléchir avant d’agir, ce n’était pas dans ses principes, hein ? Enfin... dans le cas présent, il n’était plus utile de tergiverser plus longtemps. Plus de peur que de mal pour cette fois, mais cela lui aura servit de leçon. Avant d’y risquer sa propre tête, il fallait donc un cobaye... justement, n’avions nous pas un petit indésirable dans nos pattes depuis tout à l’heure ?

Pauvre chat. La main de la femme l’empoigna fermement et le traina de force vers son destin, malgré toutes ses protestations. Ryouko regarda la pauvre créature battre vainement l’air de ses griffes, un pincement au cœur pour le traitement qu’on lui infligeait. Elle aurait voulu l’aider, mais elle ne se sentait plus le cœur à interférer. Pour quoi faire, de toute manière ? Et hop, avant qu’elle n’ait le temps de bouger un doigt, le chaton passa l’entrée la tête la première, propulsé par un bon coup de pied à l’arrière-train. Un silence lourd s’installa alors. Le doux ronronnement, les miaulements déchirants implorant un peu de pitié... tout cela s’était tût dès l’instant où l’animal était passé de l’autre côté. Les secondes s’écoulaient lentement, chacune faisait un peu plus peser le poids de la culpabilité sur leurs épaules. Et s’ils l’avaient tué ? Rien que cette pensée faisait frissonner la gamine.

Une masse dégoulinante sortit enfin. Le pauvre chat était trempé, mais vivant. Ryouko lâcha un soupir de soulagement, esquissant l’ombre d’un sourire au petit félin.

« Je crois qu’on peut y aller. Du moins, si vous avez toujours envie de découvrir des phénomènes surnaturels. J’pense que y en a un paquet qui nous attendent derrière cette brèche. Au fait, j’m’appelle Lyra. À qui ai-je donc l’honneur ?
- Ethan, enchanté.
- ...Ryouko. »

La fillette avait hésité un instant, mais avait finit par se présenter elle aussi. L’autre avait peut-être déjà entendu son nom tout à l’heure et elle n’avait pas vraiment envie de sympathiser, mais si elle essayait de faciliter les choses, cela aurait été stupide de lui cracher à la figure. Lyra, alors ? C’était un joli nom, peut-être trop pour une personne comme elle. Un prénom est quelque chose que l’on porte toute sa vie, il devrait définir la personne qui le porte. Du moins, c’est ce qu’elle pensait. Mais il y avait tellement de gens qui les choisissaient à la légère, que cela n’avait plus aucun sens.

Ryouko secoua la tête. Les deux autres étaient déjà passés, il ne restait plus qu’Ethan et elle. Le philosophe lui tendit la main, l’invitant à venir. Elle jeta un dernier regard aux étoiles, puis attrapa la main et franchit le portail à son tour. Qu’est ce qui les attendait derrière cela ? Etait-ce l’île dont parlait la légende dans ce vieux bouquin ? Elle n’avait plus qu’à ouvrir les yeux, et elle aurait les réponses à ces questions.

******
[Porte Céleste – Croisement Temporel]

De l’autre côté, une vive lumière les accueillit. Le paysage avait changé du tout au tout : ils se trouvaient à présent au milieu d’une végétation sauvage haute et abondante, une sorte de plateau au relief accidenté, parsemée de grands arbres dont les feuillages bruns et or se mêlaient parfaitement avec les plantes locales. Tout cela se mélangeait dans une harmonie étonnante entre couleurs verdoyantes, dorées, brunes et les tons blancs grisonnants de la pierre. Le ciel lui était d’un bleu semblable à celui des jours d’été, relevé par les raies argentées des nuages transitant.

Mais le plus impressionnant, c’était sans doute l’océan s’étendant perte de vue. Aucun doute, il s’agissait d’une île, ou plutôt d’un îlot. Après un petit coup d’œil circulaire, force était de le constater, ce ridicule morceau de terre perdu devait faire deux ou trois kilomètres au carré.

« Au final, nous sommes tous des pierres..., proféra-t-il comme pour lui-même.
- Ethan, le papier il... »

En effet, la petite note brillait d’une lueur intriguante. Il commença brusquement à devenir légèrement transparent, immatériel, avant de se consumer doucement en cendres dorées s’évanouissant dans l’air. Simultanément, le passage se mit à grésiller de plus belle, se refermant peu à peu jusqu’à disparaitre avec le papier. Le voyage était donc à sens unique : la clef avait été utilisée, ils étaient coincés ici jusqu’à en trouver une autre.

Soudain, une puissante vague s’abattit tout prêt, levant une tombe d’eau submergeant la roche et s’abattant sur Azazel. Le pauvre n’eut que le temps d’écarquiller les yeux avant de se faire littéralement assommer par l’élément aqueux, éclaboussant au passage tout le monde d’eau salée. Les yeux du professeur se tournèrent alors vers l’origine de la vague, distinguant quelque chose s’agitant dans l’eau. Il n’eut que le temps de reconnaitre une nageoire dorsale avant de protéger ses yeux de la seconde vague qui arrivait, laquelle Azazel s’empressa d’éviter en allant de cacher dans les jambes de Ryouko. La petite s'accroupit et le pris dans ses bras, lui accordant quelques grattouilles au passage. Cela ne valait pas celles de Lyra, mais au moins, il avait de l’affection. Sincère, celle là.

« On dirait que quelqu’un prend un malin plaisir à nous arroser, hein ?
- Il n’y a pas assez d’âmes imprudentes qui trainent pas ici, alors quand il vient quelqu’un, c’est la fête vous pensez !
- Qui êtes-vous ?
- Approchez, j’vais pas vous manger ~ »

L’albinos s’approcha du rivage, scrutant l’écume des vagues se brisant les rochers. Une énorme gueule de requin le fixait, ses yeux rubis plantés sur lui, la gueule à demi ouverte sur deux rangées de crocs semblables à des poignards. Il avait un espèce de symbole jaune gravé sur le crâne, quelque chose ressemblant vaguement à une étoile fragmentée. Le jeune homme hésita un instant. C’était ce truc qui lui avait parlé ? Et il leur certifiait qu’il n’allait pas les manger ? Bonne blague.

Ryouko approcha à son tour, toujours le chaton dans les bras, dévisageant le prédateur. Pas la moindre lueur de peur dans le regard, pas même de surprise. Rien que la voix rauque presque métallique qui utilisait l’avait mise au parfum. En vérité, elle était plutôt partagée entre une lassitude pour toutes ces bizarreries et une fascination intense.

« Qu’est-ce que tu nous veux ?
- Hé hé, j’y viens ! Tout le monde ne peut pas aller sur l’île comme il veut petite, ça serait trop facile, et nous les gardiens on s’ennuierait grave, t’vois ? Alors d’abord, on va faire un petit jeu ! Vous relevez le défi ? »

Sa voix était plutôt enjouée, et sa gueule ouverte aurait presque pu faire penser à un sourire si on avait pu s’empêcher de s’imaginer broyer entre ses mâchoires. Enfin, il n’avait pas l’air de penser à mal pour l’instant. Peut-être que cela viendrait plus tard, mais pour l’instant, seul le jeu semblait l’intéresser. Ethan se tourna vers Ryouko, puis vers Lyra. De toute manière, ils étaient coincés ici, c’était sans doute le seul moyen de regagner leur monde. Alors, qu’allaient-ils répondre ?
Invité
Anonymous
Invité
Lonely together, Partners forever [PFA ♥] Empty
Re: Lonely together, Partners forever [PFA ♥] - Jeu 18 Avr 2013 - 18:03
Ethan et Ryouko. Le premier avait un nom assez commun, l’un de ceux que Lyra avait déjà entendu des centaines de fois dans les rues. Vraiment, pas de quoi casser trois pattes à un canard. Ryouko, cependant, avait un patronyme qui intriguait bien davantage la Russe. Elle avait entendu l’albinos l’appeler ainsi tout à l’heure mais n’avait pas relevé. Même si son nom sonnait asiatique, elle n’avait pas les yeux bridés. Peut-être ses parents appréciaient-ils seulement le Japon ? Tout en évoquant les parents, le regard de la renégate se promena sur le faciès d’Ethan. Etait-ce lui, son père. Il n’y avait aucun air de ressemblance entre eux deux. C’était le jour et la nuit. Alors quoi ? Etait-il cocu ? À moins qu’elle ne soit pas sa fille. Cette hypothèse était tout aussi plausible. Après tout, les liens de sang (existant ou non) entre ces deux-là ne la regardaient pas. Il y avait là un nouveau monde qui n’attendait plus qu’elle. Elle passa à travers la brèche, précédée du minet.

Partout de l’eau. Un seul faux pas et c’était la baignade forcée. Lyra, emportée par son élan, se rattrapa in extremis. Elle comprenait mieux pourquoi Azazel était revenu trempé désormais. La demoiselle fut bientôt rejointe par les deux autres. Eux aussi étaient tout aussi subjugués qu’elle-même. La verdure se confondait avec la pierre grisonnante, il y avait là un bien étrange contraste. On aurait pu se croire dans une jungle si les vagues n’étaient pas là pour rappeler leur existence. Bleu, vert et gris. Voilà les trois couleurs dominantes de cet autre monde. La Russe ne comprenait pas trop où ils avaient atterri. Elle était bien trop éblouie par la beauté du lieu pour s’en soucier réellement.
La voix de Ryouko la ramena à la réalité. Lyra tourna sa tête en direction du morceau que l’enfant tenait dans la main. Il se désagrégea devant eux. Comme ça. Sans aucune explication plausible. Aussitôt la feuille disparue, le portail se referma. Voilà qu’ils étaient faits comme des rats. Et merde. Et maintenant ? Que faire ? Rester ici à tourner en rond sur ce minuscule îlot, se prenant pour de nouveaux Robinson Crusoé – le copyright appartenait à Defoe alors pas sûr que ça lui plaise, de mémoire d’outre-tombe - ou essayer de franchir cette étendue vaste d’océan à la nage ? Lyra chercha à voir l’horizon mais rien. S’il y avait une terre quelconque au loin, elle était bien trop éloignée pour pouvoir être aperçue depuis cette hauteur.

Une vague vint cueillir le matou. Encore. Pauvre Azazel. Lui qui était un chat et qui devait par conséquent avoir horreur de l’eau, il était bien servie. Pas étonnant que le minet râle à chaque nouveau remous.
Une requin se présenta à eux. Un vrai requin. Enorme. Là, ils nageaient en plein délire. Quoique… Elle avait déjà affaire à un chaton qui parle alors pourquoi pas un poisson ? C’était étrange, certes. Mais depuis leur mort, toutes sortes d’évènements étranges se produisaient. Ils étaient dieux, n’était-ce pas un élément loin de toute rationalité ? Vivre une seconde fois apportait son lot de surprises. Tantôt bonnes, tantôt mauvaises.

- Hé hé, j’y viens ! Tout le monde ne peut pas aller sur l’île comme il veut petite, ça serait trop facile, et nous les gardiens on s’ennuierait grave, t’vois ? Alors d’abord, on va faire un petit jeu ! Vous relevez le défi ?

Un requin qui mourait d’envie de jouer ? Pour peu, il ressemblait davantage à un jeune chiot qu’à un puissant prédateur. Hormis les crocs menaçants et la taille imposante, pas de quoi avoir peur. Mais mieux valait éviter de trop le provoquer. Ce monde regorgeait de beau monde, il faut croire. Mais accepter le défi semblait être le seul moyen de quitter cet îlot. Alors sûr, qu’ils allaient accepter ! Plutôt deux fois qu’une.

- C’est bon, on accepte. J’ai aucune envie de moisir ici alors plus tôt on relèvera ton défi, plus tôt on dégagera. Donc, ton défi ?
- Rien de bien compliqué, j’vous assure ! Un véritable jeu d’enfant ! (Il plongea sous l’eau et revint vers eux, un poisson dans la gueule) Ici, la nourriture n’est pas super bonne, voyez. Poissons, poissons et encore du poisson ! C’est qu’c’est lassant à force ! Donc c’est tout bête, j’aimerais que vous me concoctiez un bon p’tit plat ! Pas l’genre gastronomique quoique… Si vous y arrivez, j’vais pas cracher d’ssus ! Mais un truc qui sorte de l’ordinaire, voyez ? Le poisson fade, ça va un peu ! Alors ayez de l’imagination et faîtes rêver mes papilles !

Lyra avait pris d’elle-même l’initiative d’accepter le défi du requin. À vrai dire, ils n’avaient pas eu trop le choix. C’était ça ou passer le restant de sa vie ici. Cela ne coûtait donc rien d’essayer. L’ingrédient principal serait le poisson. Il allait falloir pêcher. Ou chasser, plus précisément. Malheureusement, ils n’avaient rien à leur portée pour confectionner une canne à pêche et ils ne pouvaient pas se permettre de perdre du temps.

La demoiselle se pencha vers l’eau et vit plusieurs ombres filer à toute vitesse sous les flots. Des poissons. Des milliers de poissons. Ils ne ressemblaient à aucune espèce connue. Du moins Lyra ne les reconnaissait-elle pas. Elle n’avait jamais été très douée en matière de pêche. Tout ce qu’elle savait des poissons résidait dans le fait qu’ils aient des écailles, des branchies et des arrêtes qui les rendaient immangeables. Du moins chiant à décortiquer. Le risque de se retrouver avec une arrête coincée dans le gosier planait toujours au-dessus de la tête de tous ces innocents avalant poiscailles en déjeuner.
Seule devant cette étendue, elle était en proie à l’angoisse. L’une de ces angoisses vieilles de mille ans auxquels tous les êtres humains étaient en proie à un moment ou à un autre. Elle était libre de faire ce que bon lui semble. Libre de plonger pour nager parmi les poissons. Libre de cracher sur ce requin qui l’observait en biais, là-bas. Libre de le transformer en friture, aussi. Tant de possibles s’ouvraient à elle. Restait à faire le bon choix. Désormais, elle devait affronter son présent.

Sans aucune pudeur, elle ôta sa robe. Il faisait frais. Elle tressaillit sous le vent. Elle se reprit vite, n’étant plus qu’en sous-vêtement devant les spectateurs. Il allait falloir plonger et elle serait plus libre de ses mouvements sans ce long tissu la ralentissant. Elle se tourna vers Ethan, affichant un grand sourire.

- C’est bien, au moins tu bandes pas ! Quoique… J’sais pas comment j’dois l’prendre !

Sur ces mots, elle s’élança dans l’eau. Dommage qu’elle ne possède pas des branchies, tout comme ces poissons. Ils évoluaient par banc, chaque poisson était de la taille d’une truite. Un seul ne suffirait pas pour rassasier ce requin. Ils nageaient vite. Difficile de tous les suivre. Certains la frôlaient, d’autres s’éloignaient à peine approchait-elle. C’était étrange que de se retrouver à nager parmi tous ces poissons.
Une sphère lumineuse apparut dans sa main droite. Elle n’allait pas pouvoir les tuer à coup de poignard, ils étaient bien trop rapides pour ça. Elle espérait qu’elle viserait bien. L’adresse n’était pas une de ses qualités. Qui plus est, elle n’usait pas tout le temps de la magie des arcanes, ne s’entraînant guère lorsque l’occasion s’y prêtait, préférant apprendre sur le tas. Comme aujourd’hui.
Sa main projeta la boule blanche, le projectile s’élança à la manière d’une flèche. Un poisson fut touché de plein fouet. Elle se dépêcha de nager à sa rencontre, remontant aussitôt pour aspirer une bonne goulée d’air frais. Ethan et Ryouko étaient toujours sur le bord. Elle se dirigea vers eux. L’eau n’était pas bien chaude. Au moins avait-elle le mérite de ne pas être glaciale.

Proche du rebord, elle posa le poisson dessus. Azazel vint aussitôt tourner autour. Elle aurait dû s’en douter. Elle attrapa le chat par la peau du cou, le mouillant à nouveau par la même occasion, lui qui avait commencé à sécher sous les rayons du soleil et manqua de le plonger totalement dans l’eau. L’animal se débattit entre sa main.

- Si jamais tu touches au moindre poisson, juré, j’te fais boire la tasse !

Elle reposa le chat sur le rebord, l’entendit cracher avant de faire le dos rond. Elle s’y était attendue. Des éclaboussures vinrent saluer le comportement du félin. Voilà ce qu’elle en pensait, de ses coups de colère. Elle allait retourner sous l’eau alors qu’elle croisa le regard d’Ethan. Elle n’allait quand même pas chasser tous ces poissons à elle toute seule ! Ah ça non !
Sa main chercha la sienne. Lorsqu’elle eut sa paume à l’intérieur de la sienne, trempée, elle l’attira vers elle, dans l’eau. Il vint la rejoindre en un grand plouf. Lyra ne put s’empêcher d’éclater de rire.

- Non mais tu croyais quand même pas que j’t’avais oublié ! T’as vraiment cru que t’allais pouvoir te tourner les pouces pendant que j’essaye de trouver les ingrédients nécessaires ? Pas d’bol l’ami mais tu viens chasser avec moi !

Inutile de faire subir le même sort à Ryouko. Elle ne savait même pas si cette dernière savait nager. Sans doute serait-elle un poids plus qu’autre chose. Mieux valait qu’elle reste au sec à réfléchir à une éventuelle recette, chercher des fruits susceptibles de donner du goût à ce poisson. Pour le moment, ils n’avaient aucune idée réelle de recette. Ils improviseraient. Improviser. Lyra était douée dans ce domaine. Si seulement elle réfléchissait un minimum avant d’agir, sans doute n’excellerait-elle pas en matière d’improvisation.
Elle observa l’albinos trempé jusqu’aux os, son t-shirt l’empêchant de nager en toute liberté. Sa dégaine fit prendre conscience à Lyra qu’ils n’étaient pas sur un pied d’égalité. Elle nagea vers lui, tentant tant bien que mal de lui ôter le t-shirt. L’effet de surprise de son côté, elle y arriva finalement. Pas qu’elle soit une perverse mais cela l’aurait dérangée qu’ils n’y ait pas un minimum d’équité entre eux deux. Elle lança le vêtement sur le rivage.

- Voilà ! C’est mieux ainsi, non ? Ce sera plus pratique pour nager ! Bon, maintenant en route ! C’est pas tout mais c’est pas avec un seul poisson qu’on va l’nourrir, l’autre poiscaille !

Les dents de la mer les observaient toujours, curieux de ce ballet étonnant. Ce n’était pas la première fois que des humains venaient jusqu’ici. Pas hasard, souvent. Mais ceux-là avaient quelque chose de particulier. Leur venue n’était pas fortuite. Ils avaient tout fait pour trouver le passage. Et ils avaient réussi. Ils n’avaient pas l’air tout à fait humain. Les dons étranges de la fille en étaient la preuve vivante. Les deux autres étaient-ils tout aussi pourvus de capacités étranges, sans aucun doute ?

En un coup de nageoire, il disparut. Il aurait tout aussi bien pu croquer l’un de ces humains ou même le chat, cela l’aurait changé de son régime habituel. Mais inutile de les effrayer dès le début. Qui plus est, il n’était pas dans sa nature de manger les Hommes. Un requin mangeur d’Hommes uniquement végétarien ? Il faut croire que cela existe. Dans ce monde-ci, en tout cas.
Invité
Anonymous
Invité
Lonely together, Partners forever [PFA ♥] Empty
Re: Lonely together, Partners forever [PFA ♥] - Sam 20 Avr 2013 - 15:28
Lyra accepta le défi sans la moindre hésitation. Ethan commençait à pouvoir cerner quel genre de femme elle était, finalement. Pas le genre à tergiverser pendant des heures avant de prendre une décision. Qui vivra verra, comme on disait. Spontanée, impulsive, mais peut-être pas aussi froide qu’elle l’avait laissé penser au début. Enfin, étant donné qu’il allait devoir la supporter encore longtemps visiblement, il aurait tout le temps de confirmer ses hypothèses.

Revenons-en au défi, d’ailleurs. Un concours de cuisine ? Ce n’était pas que les requins étaient réputés pour croquer tout ce qui faisait des remous à la surface de l’eau, mais de là à apprécier la gastronomie, il y avait un sacré fossé. Faut dire qu’ils n’avaient pas le choix, il ne devait pas y avoir de quoi cuisiner convenablement au fond de l’océan. Il pouvait avoir envie de changer un peu du quotidien, cela se comprenait. S’il n’avait pas été un poisson de trois mètres de long ingurgitant au bas mot une dizaine de kilos de ses congénères par jour, du moins. Dans ces circonstances, difficile de ne pas se poser des questions.

Le regard du philosophe se tourna vers les profondeurs de la mer bordant leur ilot. En effet, on n’allait pas manquer d’ingrédients ici. Cependant, il allait falloir aller les chercher. Au moins, réussir à préparer quelque chose aurait un certain mérite, n’était-ce pas le sens d’un défi ? Certes, sans canne à pêche, cela serait bien plus délicat, mais pas impossible. Restait à trouver la bonne technique. Il reporta alors son attention sur la jeune femme, constatant qu’elle avait déjà pris sa décision. Elle avait déjà retiré sa robe, sa chevelure brune flottant doucement sous le vent frais. Heureusement que le soleil était au rendez-vous, cela aurait été un coup à attraper froid. Elle tourna alors vers lui, affichant un grand sourire qui le laissait sceptique.

« C’est bien, au moins tu bandes pas ! Quoique… J’sais pas comment j’dois l’prendre ! »

Il ne répondit pas, ne sachant pourquoi elle lui avait dit cela. Il n’aurait jamais cru une personne ordinaire capable de lui dire quelque chose de ce genre. Déjà que se déshabiller sans gêne ainsi n’était pas donné à tout le monde, voilà une bien curieuse personne. C’était un peu comme à la plage – quoi qu’il n’avait pas beaucoup eut l’occasion d’y aller – mais c’était principalement ses paroles qui le troublaient. Lui, il n’avait jamais réellement eut d’attirance pour un sexe ni pour l’autre, alors il fallait avouer qu’il avait quelques difficultés à comprendre certains comportements. Attirer les regards, mais pas trop, toujours jouer sur les nuances. Comme si ce n’était pas déjà assez compliqué, hein ?

En revanche, pour Ryouko, c’était tout l’inverse. Elle était tout sauf indifférente, surtout que, il fallait l’avouer, elle était plutôt belle. Un peu vieille pour elle, et après ? Ce n’était comme si elle se voyait avec elle pour l’éternité non plus. De toute manière, son cœur était déjà pris. Son âme sœur n’était peut-être plus de ce monde physiquement, mais elle lui avait promis de la garder près d’elle, où qu’elle aille. Elle aussi était morte à présent, mais cela n’y changeait rien. Toujours est-il que, gênée par cette vue, elle détourna timidement le regard, les joues légèrement rosées. Un plouf l’avertit qu’elle plongeait, lui autorisant un regard vers Ethan. Comment pouvait-elle se permettre ce genre de remarques, face à quelqu’un qui lui était presque un parfait inconnu ? Décidément, elle ne serait jamais en accord avec cette personne. Elle était peut-être différente de toutes celles qu’elle avait pu connaitre, mais cette divergence l’en éloignait encore plus.

Quelques secondes plus tard, elle revient à la surface, un poisson entre mes mains. Rapide, en tout cas. Comme on aurait pu s’y attendre, Azazel ne resta pas de marbre à la vue de nourriture que l’on lui délivrait telle une offrande sur un tapis rouge. Mais à voir le tempérament de Lyra, il n’allait sans doute pas risquer d’y mettre une patte. Autant de pas prendre le risque de faire partie de la recette.

Le philosophe, quant à lui, était perdu dans ses pensées. Le poisson, c’était bien, mais cela ne suffirait pas à faire une recette convenable. Qui plus est, ils n’avaient rien pour le faire cuire. Si on n’avait déjà pas de quoi allumer une cigarette, alors cuir un poisson... Il sentit une main humide agripper la sienne. Il la voyait venir. Elle allait le mettre à l’eau par la force, n’est-ce pas ? Gagné : elle le tira avec force vers elle, lui laissant à peine le temps de prendre appui pour ne pas s’écorcher sur les roches bordant la rive. Et plouf ! Un rire franc l’accueillit tandis qu’il émergeait de l’eau glaciale, hésitant quant à la réaction qu’il devait avoir.

« Non mais tu croyais quand même pas que j’t’avais oublié ! T’as vraiment cru que t’allais pouvoir te tourner les pouces pendant que j’essaye de trouver les ingrédients nécessaires ? Pas d’bol l’ami mais tu viens chasser avec moi ! »

C’était bien ce qu’il pensait. Mais maintenant, ses vêtements étaient complètement trempés. Il n’avait pas eut le temps de les enlever avant, n’ayant pas prévu cette baignade forcée. Sa chemise mouillée était un poids assez handicapant pour nager, mais l’autre ne perdait pas de temps : elle se jeta sur lui pour la lui retirer, la jetant sur le rivage. Peut-être qu’elle aurait le temps de sécher d’y à ce qu’ils finissent la recette, qui sait.

« Voilà ! C’est mieux ainsi, non ? Ce sera plus pratique pour nager ! Bon, maintenant en route ! C’est pas tout mais c’est pas avec un seul poisson qu’on va l’nourrir, l’autre poiscaille !
- Hm... je pense avoir une idée pour nous faciliter la tache. »

Il tendit une main au ciel et claqua des doigts, faisait apparaitre un petit harpon entre ses mains. Sa maitrise des lames n’était pas encore assez évoluée pour lui permettre une plus grande portée, mais il devrait avoir de quoi attraper quelques poissons imprudents avec cet outil. La forme de la pointe, agrémentée de plusieurs petits crochets, lui assurait de ne pas laisser ses cibles s’enfuir. S’il ne les tuait pas, il était au moins certain de les ramener. D’ailleurs, il joignit rapidement le geste à la parole, faisait pivoter son arme afin d’en pointer la lame vers l’eau, l’y enfonçant d’un geste précis et rapide. Lorsqu’il l’en retira, un poisson y était déjà accroché, s’agitant faiblement dans un dernier souffle de vie. Il adressa un sourire à la jeune femme, lui intimant de se remettre au travail d’un mouvement de la tête. Lui non plus n’allait pas faire le travail tout seul.

De son côté, Ryouko avait décidé de s’y mettre également, à sa manière. Tout d’abord, elle empoigna le petit chaton par la peau du coup et le pris dans ses bras, s’assurant qu’il n’aille pas voler de la nourriture en douce, pensant qu’un de moins ne se remarquerait pas. Il ne fallait pas les prendre pour des idiots non plus, il se ferait pincer, c’était évident. Et elle n’avait pas envie qu’il subisse la colère de cette femme bizarre. Elle serait bien capable de le tuer, mieux vaut prévenir que guérir – surtout que la mort est incurable, par définition.

Azazel se débattant dans ses bras, elle entreprit alors d’inspecter les arbres. Les baies qui y poussaient lui étaient inconnues pour la plupart, elle ne saurait dire si elles étaient comestibles ou pas. Elle ne voulait pas risquer d’empoisonner tout le monde, ni même faire courir le risque au chaton de servir de cobaye une fois de plus. Tiens, des abricots. Ca, au moins, elle était sûre que ça n’allait tuer personne. Et puis, peut-être que ce serait bon, le poisson fourré aux abricots. Elle déposa l’animal et entreprit alors d’escalader le tronc, un peu maladroitement d’abord, puis plus facilement en retrouvant ses réflexes. Elle se réfugiait souvent dans les arbres à l’époque, quand elle s’évadait à travers la campagne bordant l’orphelinat. Cela remontait à loin déjà pour elle, mais cela faisait partie des choses que l’on n’oublie jamais. Elle se sentait bien dans les arbres, c’était comme une sensation de liberté infinie qui la berçait. La nature lui appartenait, autant qu’elle appartenait à la nature. « L’homme ne commande à la nature qu’en lui obéissant » lui avait dit Ethan un jour. Cela ne signifiait pas grand-chose à ses yeux, mais ce n’était peut-être pas aussi dénué de sens que cela en avait l’air.

Une fois à la cime, elle entreprit de retirer son pull et cueillit quelques fruits qu’elle enveloppa à l’intérieur pour ne pas les abimer. Une petit vingtaine devrait leur suffire, peut-être qu’elle trouverait autre chose de comestible ailleurs. Elle jeta un regard vers l’océan, et l’énorme requin qui les observait s’afférer de loin. Peut-être n’était-il pas méchant non plus, malgré son air terrifiant. Enfin, elle ne pouvait pas encore savoir si son jeu irait plus loin qu’il le laissait entendre ou pas. Il aurait pu aussi bien les laisser préparer l’apéritif et les croquer en plat de résistance. Mais ce n’était pas le moment de penser à ce genre de choses. La fillette glissa furtivement une main sous sa jupe, empoignant sa dague. Elle attrapa quelques branches fines et les plia pour les casser, puis entreprit de retirer l’écorce et de les tailler en pics à brochette. Cela pourrait toujours leur servir, et dans le cas contrairement, cela tuerait l’ennui. Ce serait ça de temps en moins à s’inquiéter de ce que mijotait l’autre femme avec Ethan. Jalouse, elle ? Peut-être que oui. Peut-être que non. Elle préférait ne pas y songer, c’était aussi simple ainsi. Ne pas se prendre la tête inutilement, c’était le mieux qu’elle avait à faire.

*****

La partie de chasse s’étira encore pendant une bonne vingtaine de minutes. Les poissons n’étaient peut-être pas dotés d’une intelligence très développée, mais ils en avaient suffisamment pour comprendre que la zone devenait dangereuse. Ou peut-être avaient-ils simplement décidé de changer d’endroit, ignorant complètement la baisse significative de l’effectif du banc ? Mais là n’était pas la question : le poisson commençait à se faire rare, fuyard, et de toute manière, ils devaient en avoir assez pour cuisiner à présent. Voyant les deux adultes sortir de l’eau, Ryouko laissa tomber sa besogne et descendit, ses trois pics achevés et son paquet à la main. Azazel lorgnait toujours d’un œil sur le repas, mais Lyra avait été assez dissuasive pour lui faire passer l’envie d’en voler. Mais restait toujours le problème principal : ils n’avaient rien pour faire cuire leur plat.

« Nous avons tout, mais pas de quoi allumer un feu... la poisse. »

Tout avait commencé avec, et tout risquait bientôt de finir à cause de lui. On avait décidé de les maudire, oui, ce devait être ça. Ethan attrapa son sac dont il avait eut le temps de se débarrasser avant Lyra ne le mette à l’eau, avec ses deux épées translucides qui y étaient toujours accrochées. Peut-être lui restait-il un petit objet inutile, resté dans l’oubli tout ce temps, et qui révèlerait son potentiel maintenant ? En effet, ses mains rencontrèrent un objet en verre : une loupe. Peu orthodoxe, mais l’efficacité de cette technique devrait se révéler satisfaisante avec ce soleil.

« Comme quoi, c’est dans la pire malchance que votre bonne fortune vous sourit le plus. »

Il traça un grand cercle prêt du bord afin de délimiter la zone du brasier et commença à allumer le feu. L’herbe était assez sèche pour s’embraser sans trop de difficulté, mais il fallait être prudent. On avait de l’eau à proximité, mais avec ce vent, mettre le feu à tout l’ilot ne serait pas bien compliqué. Pendant ce temps, Ryouko s’occupait de vider le poisson. Elle aimait bien cuisiner, alors cela ne lui posait pas de problèmes. Et puis, c’était une manière comme une autre de se rendre utile, du haut de ses quinze ans. Une fois qu’elle en eut nettoyé trois ou quatre, elle coupa les fruits en tranches et fourra le poisson avec, les embrocha sur l’un des pics et le tendit à Lyra.

« Tiens. Si tu t’ennuies, occupe-toi de la cuisson, tu veux ? »

Puisqu’elle n’avait rien à faire, autant qu’elle participe aussi. Elle ne lui faisait vraiment confiance pour concocter un plat comestible, sans doute même devrait elle prier pour qu’elle ne s’endorme pas et qu’elle n’aille pas cramer le plat ; mais elle n’avait pas le choix. Ils cuisinaient pour un requin, de toute manière, la bête était bien mal placée pour faire le difficile. Elle aurait bien aimé y gouter un peu tout de même, d’autant plus qu’elle et Ethan n’avaient pas encore eut l’occasion de diner ce soir, alors si cela pouvait être bon, elle ne cracherait pas dessus. Allez, c’est la dernière ligne étape !
Invité
Anonymous
Invité
Lonely together, Partners forever [PFA ♥] Empty
Re: Lonely together, Partners forever [PFA ♥] - Sam 20 Avr 2013 - 20:28
Et la chasse, ou la pêche continua. Ethan fit apparaître un harpon, sortit de nul part. Sympa. Elle aurait bien aimé connaître des tours semblables. Ils plongèrent tous deux, nageant parmi les bancs de poissons. Les écailles luisaient à la lumière, certains s’hasardaient même à sauter hors de l’eau. Malheureusement ils étaient bien vite rattrapés par Ethan et sa lame de fer. Les poissons s’embrochaient les uns après les autres. Les deux amis se séparèrent, Ethan chassant grâce à son arme, Lyra attrapant ces énergumènes à l’aide de ses sphères d’énergie. Ils faisaient un bien beau duo. Si une compétition avait été lancée entre ces deux-là, nul doute que l’albinos en serait sorti vainqueur. La victoire de la machine sur l’Homme. Cette lame était bien plus pratique que ses balles lumineuses. Au moins avaient-elles le mérite de blesser, mieux de tuer ces poissons, les grillant légèrement par la même occasion. Le problème du feu viendrait se poser plus tard, toujours est-il qu’au moins Lyra pouvait en griller certains ainsi. Malheureusement, il lui fallait du temps avant de pouvoir recommencer à utiliser la magie des arcanes. Ils ne pouvaient se permettre d’en perdre bêtement.

Les deux adultes s’extirpèrent de l’eau, trempés. Oui, l’eau, ça mouille. Le problème du feu fut soulevé par Ryouko. Il fallait bien y penser un jour. Lyra se voyait mal frotter des silex pour faire du feu. Ils n’étaient plus à la préhistoire. Elle tâcherait de retenir la leçon à l’avenir : toujours avoir un briquet sur soi. En dehors des cigarettes qui nécessitent d’une étincelle pour être allumées, au moins serait-elle à l’abri si elle venait à tomber dans un univers parallèle ou un requin venait à lui demander de lui concocter un repas sortant de l’ordinaire. Même si elle doutait qu’une telle journée puisse survenir par deux fois. C’était bien assez énorme comme ça. Cela allait lui en faire des souvenirs. Cependant, pas sûr qu’on la croit. Elle risquait d’être prise pour une folle au sein de la guilde noire si ce jour atypique venait à sortir de sa bouche. Ce monde était empli de magie. Pourtant, il y avait des vérités que les hommes n’étaient pas encore prêts à entendre. Puissent-ils être des dieux.
Ethan alla fouiner dans son sac et en sortit une loupe qui brilla à la lumière du Soleil. Problème résolu. Comme cela devait être beau, de se trimballer un tas de bordel inutile pouvant servir au moment où on s’y attendait le moins !

Le feu fut relativement allumé, le brasier prit assez vite. Lyra s’était assise, observant les flammes comme hypnotisée. Les poissons avaient été vidés, elle espérait que cela suffirait à nourrir ce pachyderme marin. La môme avait cueilli des abricots. Mélanger le sucré et le salé ? Pourquoi pas ? Elle n’était pas friande de ce type de nourriture mais peut-être serait-ce bon. Mais un requin n’avait en aucun cas les mêmes goûts qu’un être humain. Lui, un monstre aquatique mangeur d’hommes, ne possédait pas la même notion du goût qu’eux trois.
Les fruits jaunes avaient remplacé les boyaux et entrailles du poisson. S’occuper de cette partie ne l’aurait pas dérangée. Elle en avait vu d’autres. Au moins Ryouko avait-elle eu le cœur attaché et l’estomac solide pour ne pas flancher devant une telle scène.

Elle attrapa un pique sur lequel était suspendu plusieurs poissons et fit tourner la broche au-dessus des flammes, veillant la cuisson. Elle avait l’habitude de ce genre de pratique. En Russie, elle avait dû survivre après sa fugue et heureusement qu’elle avait eu le nécessaire pour faire du feu !Cependant, le gibier qu’elle cuisait était bien plus massif que ces misérables poiscailles.
Une fournée de prête. Elle se leva et se dirigea près de la jungle. Des feuilles de palmiers poussaient sur les arbres à la manière de champignons. Elle grimpa sur l’un d’eux – un palmier, non pas un champignon – et commença à en découper une à l’aide de son poignard. La feuille retomba au sol, elle se laissa tomber à son tour. Elle traîna son butin près des deux amis.

- J’ai c’qu’il faut pour faire office d’assiette à ce requin. Si on doit s’la jouer gastronome, autant jouer l’jeu à fond !

Elle ôta les poissons de la broche, les posa sur la feuille et recommença à cuire le reste. Elle recommença jusqu’à ce que tous les poissons sont cuits. Serait-ce suffisant pour cette grosse bête ? Il le fallait. Le défi avait été relevé. De là à le remporter, elle n’en savait rien. Elle alla posa ses fesses près de la feuille de palmier, humant le doux fumet. Cela sentait si bon ! Ils n’en avaient pas goûté un seul. Peut-être pouvaient-ils se permettre ce léger écart de conduite ? Tout bon cuisiner ne devait-il pas goûter le repas qu’il concoctait ? En cuisinier amateur, il serait malheureux de ne pas faire de même ! Ce serait un grand affront que d’en faire abstraction !

- J’vous propose de goûter c’qu’on a préparé ! J’suis pas une grande fan de ce genre de cuisine, disons que j’y ai jamais vraiment été habituée… Mais il se fait tard et j’ai rien mangé d’la soirée alors manger un d’ces poissons ne pourra que nous faire du bien ! Et puis, ça s’ra l’occasion de voir c’qu’on vaut en temps que futurs grands chefs, fit-elle avec un clin d’œil aux deux autres.

Sans se faire prier, elle attrapa un poisson entre ses mains et invita les deux autres à faire de même. Elle croqua dans ce poisson, le tenant à mains nues à défaut de posséder des couverts et croqua une première bouchée. Le sucré se faisait bien ressentir. L’abricot lui explosa à l’intérieur des papilles. Le goût du poisson se mélangea bien vite à celui du fruit. Elle observa son repas. À la voir ainsi, fourré aux abricots, cela n’avait pas l’air très ragoûtant. Mais c’était plutôt bon en bouche. Elle eut un sourire, la joie se lisait sur son visage.

Les deux autres n’avaient toujours pas touché à un poisson. Ils semblaient attendre que Lyra fasse le cobaye. C’était fait. Elle avait survécu. Elle croqua à nouveau dedans, prenant du plaisir à manger, prenant son temps aussi. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas goûté un aussi bon mets. Les cuisines de la guilde noire n’étaient pas réputées pour leur excellence. Au moins avait-elle l’occasion de se rattraper ici. Elle dévora son poisson, crachant des arrêtes par moment. De vrais cure-dents ! Elle espérait que le requin ne ferait pas la fine bouche avec toutes ces arrêtes. Ce n’était pas filet. Après tout, ils avaient été vidés et les écailles ôtées alors que souhaitait-il de plus ? Ils faisaient avec les moyens du bord, après tout.
Elle observa les regards échangés entre les deux amis. Ils n’étaient pas tout à fait rassurés. Elle n’était pas morte sur place, que souhaitaient-ils de plus ? Un borborygme de leurs estomacs les fit sourire. Inutile de les torturer plus longtemps. Ces deux ventres criaient famine alors autant y remédier.

- C’est bon, c’est comestible, vous inquiétez pas ! Pendant qu’vous mangez, j’vais m’occuper d’aller nourrir le pachyderme marin !

Elle donna un poisson à chacun et commença à tirer la feuille de palmier en direction de l’océan. Il n’y avait pas une grande distance à parcourir. Heureusement d’ailleurs car cela commençait à être lourd avec toutes ces victuailles ! Il y avait là de quoi nourrir un régiment !
À peine s’approcha-t-elle du rebord que le requin se dirigea vers elle. À croire que ses branchies faisaient aussi office de radar. Il trépignait d’impatience. Elle prit le premier poisson dans ses mains et le tendit au-dessus de l’océan.

- Alors ça monsieur, c’est du poisson fourré à l’abricot ! Un mets subtile et délicat comme vous n’en trouverez nul part ailleurs ! Unique en son genre !

Elle lança le premier poisson. L’animal se jeta dessus, impatient. Lui non plus n’avait pas mangé depuis un siècle. Toujours le même régime, cela devait être ennuyeux à force. Elle fit un bond en arrière alors que le requin retournant dans les profondeurs, éclaboussant le rebord. Elle commençait à sécher, inutile de finir trempée à nouveau. Elle avait déjà donné. Rester auprès du feu avait été ne bonne idée, elle était quasiment sèche. Sa robe l’attendait toujours au coin du feu. Les deux autres n’allaient pas tarder pour nourrir le mastodonte, elle pourrait aller se rhabiller.

Elle lança d’autres poissons puis tourna les talons, entendant des bruits de pas derrière elle. Les voilà qui les rejoignaient. Elle alla au coin du feu, enfila à nouveau sa robe et observa à nouveau les flammes briller. Inutile de l’éteindre de suite. Après tout, peut-être en auraient-ils encore besoin ? Elle avisa la chemise d’Ethan. Mieux valait ne pas prendre d’initiative, son vêtement regorgerait d’eau, sans doute souhaitait-il le faire sécher encore un peu. Elle revint vers eux, attrapa un nouveau poisson et le lança en direction de cette gueule béante. Les mâchoires se refermèrent sur le pauvre petit poisson. Dire que ces crocs auraient été capables de les dépecer tous les trois, pauvres humains qu’ils étaient.

- Bon, assez de manières. On a réussi le défi oui ou merde ?

Toujours cette même subtilité. Cette même classe légendaire, ce vocabulaire si élaboré qui aurait de quoi chavirer de nombreux cœurs ! Non mais vraiment, un jour peut-être apprendra-t-elle à parler correctement, sans user d’insulter toutes les trois phrases. Ce jour-ci n’était pas prêt d’arriver mais l’espoir faire vivre, n’est-ce pas ?
Elle attendait toujours la réponse du géant des mers. Il n’avait pas intérêt à les faire languir trop longtemps sinon la gentille Lyra – vraiment ? – risquait de changer de bord et de sortir les armes. Jouer les commis, cela va un peu. Sa patience avait des limites. Si jamais ils ne pouvaient pas passer cet océan après un tel repas, elle ignorait ce qui permettrait de le franchir. Un repas digne des dieux et monsieur aurait le cran de détester ? Ah ça non !
Invité
Anonymous
Invité
Lonely together, Partners forever [PFA ♥] Empty
Re: Lonely together, Partners forever [PFA ♥] - Lun 22 Avr 2013 - 17:31
La cuisson se passa plutôt bien. Un fumet agréable s’en dégageait, réveillant les estomacs endormis. Elle n’avait pas encore finit la préparation qu’elle serait déjà bien tentée d’y gouter. La première brochette cuite, Lyra quitta son poste pour aller faire une promenade. Bah tiens, et puis quoi encore ? Ryouko la foudroya du regard avant de se remettre à la tache. Serait-ce trop demander qu’exiger un minimum de sérieux ? Ce n’était pas qu’elle n’avait pas envie de rester ici toute sa vie, mais un peu quand même.

« J’ai c’qu’il faut pour faire office d’assiette à ce requin. Si on doit s’la jouer gastronome, autant jouer l’jeu à fond ! »

Elle était revenue, trainant une grande feuille de palmier derrière elle. Alors c’était ça ? La gamine baissa les yeux, s’en voulant un peu de l’avoir mal jugée. Sans doute ne s’en était-elle pas rendu compte, mais cela la gênait un peu tout de même. Ah... décidément, leur relation était vraiment mal partie. Peut-être même que ce ne serait déjà plus rattrapable. Tant pis.

Les fournées s’enchainèrent, les poissons s’accumulèrent sur la feuille. En tout, cela devrait bien en faire une vingtaine. Tandis qu’elle se réchauffait un peu près du feu, elle lorgnait sur tous ces mets qui n’attendaient qu’à être dévorés. Avec tout ce qu’ils avaient fait, cela ne serait pas un mal d’en piquer un ou deux chacun, non ? Il commençait à se faire tard et l’exploration nécessitait des forces. Heureusement pour elle, ce fut Lyra qui proposa d’y gouter la première. Futurs grands chefs, hein ? Etait-ce seulement mangeable ? Rien qu’à l’odeur, cela lui mettait l’eau à la bouche pourtant, mais elle ne pouvait s’empêcher de douter quant à l’association des saveurs. De toute façon, elle ne voulait pas passer pour une goinfre en se jetant dessus la première alors...

Finalement, ce fut l’autre qui se dévoua, croquant dedans à pleines dents. Visiblement, elle appréciait. Au moins, ils étaient fixés, ce n’était pas empoisonné. Ethan se saisit d’un poisson, l’examinant à la lueur du feu. Un mince filet de jus coulait du ventre farcit, brillant d’une douce couleur ambrée. Ryouko le regarda un instant, hésitant à faire de même, puis son ventre la ramena à la réalité. Elle mourrait de faim la pauvre, ce n’était pas la peine de faire des manières.

« C’est bon, c’est comestible, vous inquiétez pas ! Pendant qu’vous mangez, j’vais m’occuper d’aller nourrir le pachyderme marin ! »

La fillette lui sourit timidement et accepta le poisson qu’elle lui présentait et croqua dedans. Elle fut étonnamment surprise du résultat : l’abricot fondait en bouche, se mariant parfaitement avec le poisson. Une association unique, mais réussie il fallait l’avouer. De son côté, Ethan n’avait pas attendu pour faire de même, savourant sa part en silence. Son expression semblait toujours aussi neutre qu’à l’ordinaire, mais il avait l’air d’aimer tout de même. Une fois qu’il eut terminé, il se leva et rejoignit Lyra pour voir ce que cela donnait. Ryouko le regarda partir, mais préféra rester au chaud pour finir son repas. Elle n’était pas obligée de le suivre partout, de toute manière, et cela la gênait un peu de jouer les pots de colle face à des inconnus. Il fallait qu’elle se débrouille un peu seule aussi, elle ne voulait pas donner l’air d‘être dépendante et faible. Non pas qu’elle le soit réellement, surtout pour son âge, mais ce n’était jamais une bonne impression face à de potentiels ennemis.

Mauvaise idée peut-être ? L’autre passait le relais à Ethan et rejoignait le feu, en profitant pour se rhabiller. C’est vrai qu’il commençait à faire frais à cette heure. Pourtant, le ciel restait encore relativement clair, un peu comme une nuit polaire. Etait-ce une particularité de ce monde ?

De son côté, le philosophe achevait de lancer les victuailles dans la gueule béante du poisson, la mâchoire claquant avec violence dans l’eau. Cela laissait un peu imaginer ce qu’il arriverait si cela avait été un de leurs bras. Cette rapidité était vraiment effrayante, oui. Il était toujours impossible de savoir s’il appréciait ou non le met, en revanche. Comme s’il n’était pas dans l’essence de ces prédateurs d’avoir le sens du gout. Peut-être devrait-il essayer les cailloux en ce cas, cela aurait au moins le mérite d’être plus croustillant.

« Bon, assez de manières. On a réussi le défi oui ou merde ? »

La voilà qui revenait, elle qui ne jurait que par trois mots : discrétion, tact, élégance. On faisait difficilement mieux dans ces domaines. Pourtant, elle avait ce petit truc qui faisait qu’on s’y attachait tout de même. Ou du moins qu’on ne la haïssait pas de suite. Enfin, voyons donc le jugement de la poiscaille, si celui-ci daignait mettre fin au suspense en arrêtant d’essayer d’ôter les arrêtes qui se coinçaient entre ses dents.

« Bien, voici le verdict ! s’exclama-t-il avant de plonger brutalement, émergeant quelques secondes plus tard de l’écume qu’il venait de créer, mastiquant l’air bizarrement. – J’sais pas c’que vous m’avez préparé, mais ça mérite un 4 étoiles, bravo ! Par contre... votre espèce de colle sur les arrêtes c’est un peu chiant... mais j’vais pas faire le difficile, hein ! Très bien, vous pouvez passer. Le portail s’ouvrira dans quelques minutes, préparez-vous et on embarque ! »

Un portail ? Etait-ce le même genre que celui qui nous avait emmenés ici ? Ou alors, il parlait d’un autre type de passage. Peut-être que l’île en question était protégée d’une façon un peu spéciale, qui sait. Enfin, le test était réussit, c’était une bonne chose. Ethan rejoignit le feu et enfila sa chemise, encore un peu humide tout comme son pantalon, mais il ferait avec. Ils avaient déjà bien séché près des flammes. Une fois tout le matériel rangé et le feu éteint, il ne restait qu’à embarquer... attendez, sur le dos du requin ?

« Allez, trainez pas, on va être en retard !
- Tu nous fais un coup tordu, je te plante, l’avertit Ryouko avec un regard méfiant.
- T’inquiète pas va, vais pas vous noyer, déjà que vous venez juste de sécher ! »

Ryouko sauta la première, s’agrippant à l’aileron pour ne pas glisser, les deux autres suivirent, Azazel ferma la marche – bah oui, faudrait pas l’oublier le pauvre – et une fois le signal du départ donné, le poisson se propulsa dans une violente accélération, voguant vers l’infinité de l’azur. Il semblait n’y avoir rien au delà de cette étendue bleue, c’est ce qu’il pensait jusqu’à apercevoir une ombre au loin, masquée dans les nuages. On ne pouvait pas voir jusqu’où elle s’élevait, mais il était fort probable qu’il y ait de l’escalade à faire. L’Himalaya, à côté, il aurait fait pitié le pauvre.

Malgré la vitesse du transport, le trajet dura un bon quart d’heure. Lorsque le requin déposa tout ce beau monde sur la terre ferme. Le paysage semblait légèrement différent cette fois : la végétation était plus rare, la pierre blanche avait cédé la place à ses homologues plus sombres et bruns. De nombreuses cavités semblaient y être creusées, peut-être faudrait-il prévoir d’explorer ces grottes également. Pour l’heure, un sentier escarpé longeait l’île sur un kilomètre ou deux, et on pouvait vaguement distinguer une grande arche de pierre blanche à sa fin. Eh bien, ils avaient bien fait de casser la croute avant, une bonne marche les attendait à présent.

« Au fait les gens ! Moi c’est Timmy, et vous ? Si vous avez besoin de mes services, hésitez pas hein, on pourra toujours s’arranger !
- On s’en souviendra. Moi c’est Ryouko.
- Ethan. Au plaisir. »

C’était gentil de proposer ses services, mais s’il fallait qu’on se plie en quatre pour lui cuisiner un plat à chaque, il pouvait toujours se brosser. Mais qui sait, peut-être se révèlera-t-il à nouveau utile en temps voulu. Allez, en route !
Invité
Anonymous
Invité
Lonely together, Partners forever [PFA ♥] Empty
Re: Lonely together, Partners forever [PFA ♥] - Mar 23 Avr 2013 - 19:05
Les trois personnages attendirent le verdict. Ils trépignaient d’impatience. Ils ressemblaient à des écoliers venant de rendre un devoir, dans l’attente d’une bonne ou mauvaise note. La note en question serait leur sésame pour une autre terre et de nouvelles découvertes. Ils ne pouvaient pas avoir échoué. C’était impossible. Pas avec tout le mal qu’ils s’étaient donné.
Le requin prit enfin la parole. Il avait adoré. Parfait ! ils allaient enfin pouvoir dire adieu à cet océan de malheur !

Les dieux s’activèrent pour les derniers préparatifs. Lyra jugea la croupe du requin. Il allait falloir monter dessus. L’un après l’autre, ils se hissèrent sur cette peau dure, le chat derrière eux. Dommage qu’ils ne l’aient pas oublié par accident. Mais difficile de croire à un réel accident avec l’esprit tordu de la Russe. Lyra attrapa la nageoire dorsale, s’agrippant du mieux qu’elle put. Cela secouait. Ils fendaient les flots, à la manière d’un monstre marin, roi des océans, aucun obstacle ne pourrait jamais les arrêter. L’écume se dessinait derrière eux, seuls vestiges du passage du prédateur marin. Les poissons s’écartaient devant eux. Si Moïse avait fendu la Mer Rouge en deux, eux pouvaient se vanter d’avoir traversé à dos de requin, où les misérables poissons, piètres sujets, s’éloignaient, se dispersaient, formant une haie d’honneur pour ce petit groupe.
Le trajet dura de longues minutes. Plus d’une dizaine. Le temps s’écoulait lentement à moins que ce ne soit simplement l’ennui qui se profilait à l’horizon. Des ombres s’apercevaient, au loin. La Russe plissa les yeux pour voir des contours prendre forme peu à peu. Un relief apparaissait. Terre en vue.
Des montagnes leur faisaient face. De la pierre partout autour d’eux. Inutile d’espérer grimper, il y avait tant de mètres à grimper que c’était impossible. Une épreuve qu’il fallait mieux oublier. Inutile de vouloir jouer les héros.

Ils mirent pied à terre. Enfin. Un sentier s’étendait devant eux. Il semblait ne pas avoir de fin. Inutile de perdre son temps en paroles. Le requin se présenta, attendant que les autres fassent de même.

- Lyra.

Corvée vite expédiée. Elle n’arrivait pas à croire qu’elle avait donné son nom à un poisson ! Aussi imposant soit-il, aussi doué de parole soit-il, il n’en restait pas moins un simple animal. Ce nouveau monde leur réservait bien des surprises. Qu’allaient-ils trouver la prochaine fois ? Un écureuil chantant ? Un lampadaire dansant la salsa ? Plus rien n’allait les étonner à force d’errer dans ce monde parallèle. Elle espérait juste que la folie de ce lieu ne les contaminerait pas.

- Allez en route. Plus tôt on commencera notre marche, plus tôt on arrivera à notre but. D’ailleurs, c’est quoi notre but ? J’suppose que quand vous cherchiez ce passage dans l’parc, c’était avec une idée bien précise en tête, non ? Il s’rait p’têt temps qu’on arrête les cachotteries, vous croyez pas ?

Ils étaient dans un environnement hostile et Lyra souhaitait pouvoir avoir toute confiance en eux. Ils semblaient bien informés. Depuis le début, ils jouaient avec sa vie. En se taisant, ils la mettaient en danger. Elle refusait de continuer ainsi plus longtemps. Autant jouer cartes sur table. Vu la marche qui les attendait, ils auraient tout le temps de discuter en route. De faire plus ample connaissance, peut-être. Et peut-être de se lier d’amitié avec eux, qui sait ? Les rapports étaient tendus mais rien n’était perdu.
Azazel sauta des bras de Lyra pour rejoindre le sol. Il n’allait pas faire le trajet blotti dans ses bras. Il avait des pattes, qu’il s’en serve ! Mais quel feignant, ce félin !
Lyra commença à marcher, précédée des deux autres.

- Vu que vous êtes de l’académie, j’peux p’têt connaître vos domaines divinatoires ? C’est l’genre de truc qui peut être utile si jamais on tombe sur des monstres. Parce que j’pense pas qu’ils seront tous comme ce requin. Les prochains, ils s’contenteront sans doute de nous pour repas.

Elle ignorait si cet endroit grouillait de créatures malfaisantes. Il y avait déjà un requin. C’était beaucoup. Elle ne pouvait pas exclure la possibilité qu’il n’était pas le seul. Ce lieu avait l’air bien gardé. Par quoi ? Et pourquoi ? Ils auraient les réponses bien assez tôt. Inutile de vouloir se précipiter.
Le sentier grimpait toujours plus haut. Marcher devenait épuisant. Le Soleil n’aidait pas à faciliter la tâche de nos randonneurs. Le chat s’arrêtait plus d’une fois pour se reposer, léchant ses coussinets s’abîmant peu à peu. À ce rythme-là, leurs chaussures allaient s’user à leurs tours.
Mais s’arrêter, c’était prendre le risque de ne jamais retrouver la force de se lever à nouveau. Alors il fallait serrer les dents et avancer. Cette promenade prendrait bien fin un jour. Tout avait une fin. Même ce sentier tortueux et sinueux. Il ne pouvait pas s’étendre sans fin.

Lyra avait sorti son poignard. Au cas où. Elle n’avait pas envie de perdre de précieuses secondes si jamais un monstre venait à faire irruption dans leur calvaire. Elle jeta un coup d’œil à Azazel, traînant toujours plus les pattes. Serait-il utile si du grabuge avait lieu ? À moins qu’il ne se terre dans son coin et n’en bouge plus. La brune se souvenait qu’il était un roi des monstres, pas un simple sbire. Monsieur n’apprécierait peut-être pas de se salir les coussinets pour trois humains. C’est qu’il avait sa dignité, le chaton !

- Et vous avez quels postes à l’académie ? Ryouko, vu ton âge, j’suppose que t’es élève. Mais toi Ethan, t’es quoi ? Repenti ou professeur ?

Elle essayait de meubler le silence en apprenant toujours davantage sur les deux acolytes. Cela pourrait toujours servir. Au conseil des élèves, ils disposaient d’une banque de données, contenant de nombreuses informations sur les renégats. Ils s’organisaient bien, à l’académie. À la guilde noire, la mémoire était la principale banque de données. Plus Lyra en saurait sur eux, mieux ce serait. Ils étaient tous de potentiels ennemis, il ne fallait pas l’oublier.

Un bruit stoppa net Lyra, elle intima aux autres de ne plus bouger. Elle avait suffisamment d’expérience en matière d’ennuis qu’elle commençait à savoir les repérer rien qu’au bruit. Ce qu’elle avait entendu ne signalait rien de bon. Cela ressemblait à un sifflement aigu. De la pierre à perte de vue. Quelques fourrés ici et là. C’est de ces derniers d’où provenait le danger. L’un d’entre eux remuait étrangement. Des cornes en sortirent. Une paire d’ailes vinrent compléter cette drôle de parure. Un bec claquant au vent. Les yeux haineux. Pas de doute, ils étaient bien en présence d’un monstre. Elle en avait déjà vu de tels. Une gargouille. Mini, pour être exact. D’ordinaire, ces créatures sont en horde. Voilà d’où réside leur force. Là, cet hybride était inoffensif. Il fallait juste prendre garde aux boules de feu de l’animal. Son regards alla d’Azazel à la créature proche.

- Vas-y Azazel, rends-toi utile, débarrasse-nous en. Ça devrait être un jeu d’enfant, pour toi.

Le félin fit la sourde oreille. Avait-il peur ? Lui, le grand roi des monstres ? Le regard insistant sur la boule de poils, l’animal finit par abdiquer et s’avança près de la gargouille. C’était une scène pittoresque que celle-ci. Un chaton face à une gargouille. Deux monstres prêts à en découdre. Le visage de la renégate s’illumina d’un sourire. Y avait-il scène plus pathétique ?
Un seul coup de patte et tout fut réglé. Cela ne devait être qu’un bébé gargouille. Elle ne savait même pas si c’était possible. L’animal s’enfuit à tire d’ailes, cicatrices sur la gueule. Mieux vaut prévenir que guérir. Elle ignorait si ce monstre avait l’intention de les attaquer mais ce n’est pas une fois brûlés qu’ils allaient réagir.
Elle fit signe aux autres de se remettre en route. Ce monstre n’était qu’un amuse-gueule. Elle espérait en croiser d’autres sur le chemin, de bien plus imposant. Celui-ci n’avait été qu’un adversaire pour Azazel. Même pas un adversaire digne de ce nom. Un simple jouet. Mais au moins avait-il pu s’entraîner – si on peut appeler ça s’entraîner – à grands coups de griffes. Si user de ses griffes ou de ses crocs étaient l à les seuls dons à la portée du minet, inutile de compter sur lui pendant une bataille. Il se ferait tailler en pièces à coup sûr. Mais inutile de juger trop vite. Peut-être le quadrupède possédait-il des talents particuliers, incroyables même ? Elle n’attendait qu’à voir. Voir aussi de quoi étaient capables les deux humains qui l’accompagnaient. Hormis cuisiner, bien entendu.
Invité
Anonymous
Invité
Lonely together, Partners forever [PFA ♥] Empty
Re: Lonely together, Partners forever [PFA ♥] - Jeu 25 Avr 2013 - 16:14
Tiens, voilà qu’il lui prenait l’envie de faire connaissance. Elle voulait connaitre leurs objectifs, comme ça ? Ethan esquissa un sourire. Bien curieuse jeune femme, on tout cas. Il n’avait parlé à personne de cette chaine qui tintait doucement à chacun de ses pas, ni même de cette voix qui l’y accompagnait. Il n’en savait grand-chose non plus, d’ailleurs. Juste qu’il devait l’aider, et que cela impliquait de tuer. Peut-être pas des hommes, ni même des animaux à proprement parler, mais cela restait un acte qu’il préférait ne pas avoir à faire. Il ne connaissait pas même la nature de ses cibles. Ni même qui avait besoin de ces crimes. Ne serait-ce pas une base de confiance que de s’expliquer sur ce point ?

Parlant de confiance... hm, pourrait-il l’expliquer à Lyra ? C’était compliqué, trop compliqué. De toute manière, ce n’était qu’une hypothèse. Peut-être ne trouveraient-ils rien qui puisse lui servir. Le fond de leur présence ici, c’était le mot qu’avait trouvé Ryouko dans ce vieux livre. Qui l’avait laissé là, était-ce à leur intention ? Une stupide curiosité, voilà ce qui les avait amenés ici. Autant le dire en ces termes, cela éviterait d’avoir à se poser d’autres questions plus délicates.

« A dire vrai, nous n’avons aucune idée de ce qui nous attend. La raison de notre présence se résume au bout de papier que tenait Ryouko tout à l’heure.
- Hm... en fait, je crois c’est au sujet d’une légende que j’ai lue dans un livre. Cela parlait de fruits légendaires, d’un cerisier qui pousserait au sommet de l’île, au centre d’une plaine immense, mais aussi de gardiens très puissants qui y vivraient. »

Gardiens. Elle était certaine d’avoir entendu le requin prononcer ce mot. Seraient-ils tous aussi gentil que celui-ci ? Lui les avait amenés ici en échange d’un repas, mais les autres ? Sans doute qu’ils ne seraient pas aussi amicaux. Peut-être même essaieraient-ils de les chasser par la force. Et d’après la légende en question, Timmy n’était qu’un petit amuse-gueule à côté des prochains. Pas très rassurant tout ça.

« Vu que vous êtes de l’académie, j’peux p’têt connaître vos domaines divinatoires ? C’est l’genre de truc qui peut être utile si jamais on tombe sur des monstres. Parce que j’pense pas qu’ils seront tous comme ce requin. Les prochains, ils s’contenteront sans doute de nous pour repas.
- Tu le découvriras bien assez vite, n’est-ce pas ? Nous ne savons toujours rien du tien non plus, mais il semble que tu maitrises au moins les arcanes. »

La marche commençait à se faire longue. C’était bien de meubler le silence, mais le professeur commençait à se demander pourquoi tant de curiosité soudainement. De toute manière, il n’avait pas envie d’en dévoiler plus sur eux que nécessaire. Cette personne ne lui inspirait pas suffisamment confiance pour le moment. Si elle ne tentait de coup tordu tant qu’ils seraient piégés ici, on ne pouvait prévoir ce qui se passerait après. De toute manière, son pouvoir était encore trop faible pour avoir une réelle utilité.

Cela dit, toute aide ne serait pas négligeable face à des adversaires plus puissants. Peut-être même qu’Azazel révèlerait son utilité, qui sait ? A le voir trainer les pattes à l’arrière, il n’allait certainement pas apprécier de farcir le sale boulot. Qui était-il, d’ailleurs ? A sa connaissance, les chats n’étaient pas doués de télépathie, sans doute était-il bien plus qu’un félin ordinaire. De plus, il ne semblait pas aussi idiot qu’un monstre ordinaire. Au moins la raison faisait-elle partie de ses facultés ? Du peu qu’il avait pu en voir, il prenait un malin plaisir à taquiner Lyra. La pauvre.

Le temps passait, et cette dernière continuait de dégainer les questions. Cette fois-ci, il l’ignora complètement, l’utilité de cette dernière lui apparaissant trop limitée. De toute manière, s’il n’avait pas la tête d’un professeur, il avait encore moins celle d’un repenti. Par ailleurs, un bruit vint les interrompre, lui accordant une parfaite excuse de circonstances. Une créature sortit des buissons à leur gauche, déployant d’étranges petites ailes. Une petite gargouille ? Pas bien dangereuse, en tout cas.

« Vas-y Azazel, rends-toi utile, débarrasse-nous en. Ça devrait être un jeu d’enfant, pour toi. »

Ryouko roula les yeux. Pauvre félin. C’était presque insultant de lui ordonner pareille chose sur ce ton. Elle ne pouvait s’en charger, l’autre pipelette ? Si c’était ça qu’elle entendait par une alliance, le pauvre était mal tombé. Cela ne se résumait pas à l’utiliser comme un vulgaire sbire pour la débarrasser de la vermine, non mais ! Enfin, il se rattraperait en lui mettant les nerfs en pelote. Plus facile pour jouer avec sous sa forme de chat.

Enfin. Azazel finit par capituler et expédia le combat d’un coup de patte. S’en était presque déprimant, je vous jure. Le groupe se remit en route, arrivant bientôt en vue de l’arche de pierre. Encore quelques centaines de mètres de pentes et ils y seraient. Mais il ne fallait pas crier victoire trop vite, ce n’était que le début.

« Hm ? Il y a de drôles d’inscriptions sur la pierre, regardez. »

Des lettres bleues légèrement lumineuses semblaient gravées dans la pierre blanche. Ce n’était pas une langue qu’ils connaissaient en tout cas. Peut-être un dialecte ancien, ou quelque chose s’en approchant ?

« Voici notre première destination. Le village d’Arkeyis est droit devant.
- Comment le sais-tu ?
- C’est ce qui est écrit sur l’arche. »

Tiens, il arrivait à comprendre cette langue ? Ethan resta songeur face à cette révélation. D’où pouvait-il bien venir pour avoir tant de connaissances ? Enfin, peut importe, il ferait sans doute mieux d’en informer les autres. Cependant, quelque chose de plus problématique attira son attention : le chemin se poursuivait à présent au travers de la montagne, par une galerie souterraine, mais celle-ci semblait en partie obstruée par des éboulements. Ils devraient sans doute pouvoir s’y faufiler uns à uns pour le moment, mais il doutait de pouvoir en sortir s’ils se retrouvaient bloqués. Peut-être que les arcanes de la demoiselle pourraient pallier ponctuellement à ce problème, s’il ne les emmurait pas vivants du même coup. Restait un autre problème : ils n’avaient pas de lumière, pas même de quoi se faire une torche. Décidément, ce manque de feu les poursuivait partout depuis leur rencontre.

« Nous devrons poursuivre par cette galerie visiblement. A qui l’honneur ?
- J’y vais avec le chat. Viens Azazel. »

Inutile de dire qu’il tenait ces informations de l’arche. Cela n’aurait fait qu’attiser inutile sa curiosité et l’aurait mis dans l’embarras. Le félin sembla hésiter un instant puis céda et sauta à travers l’ouverture suivit de Ryouko. Ethan laissa Lyra suivre et ferma la marche. Aussi étrange que cela pouvait paraitre, l’intérieur était plutôt bien éclairé. De petits cristaux étaient dispersés un peu partout sur les parois sur des réceptacles forgés, émettant une douce lumière bleutée. Si la nature de l’éclairage était différente de ce qu’ils avaient l’habitude de voir, cela prouvait que les lieux étaient habités. Ou avaient été habités fut un temps, du moins. La fillette progressait aisément à travers les rochers, se jouant des obstacles par son agilité naturelle, mais les deux adultes n’avaient pas toujours le gabarit pour en profiter. Enfin, ils n’avaient pas encore eut à user de leurs pouvoirs pour ouvrir le passage, c’était déjà ça. Ils rejoignirent rapidement l’enfant qui les attendait, le chaton se léchant les coussinets à ses pieds, donnant vaguement l’air de s’ennuyer d’une attente trop longue. Sans doute cette provocation était-elle adressée à la brune.

« Le chemin se sépare en deux... on va par où ?
- Hm... il y peut-être une indication sur les murs ? »

Le philosophe examina les murs à la lueur des cristaux, cherchant une autre trace d’information. En effet il en trouva une, mais elle était... en partie effacée. Suffisament pour être illisible du moins, ce que lui confirma son interprète. Les voilà bien avancés. Il y avait deux chemins, soit une chance sur deux, pour peu qu’il ne bifurque pas une nouvelle fois un peu plus loin. Ils auraient pu se séparer, mais ce n’était pas chose prudente en ces lieux. Ils n’avaient plus qu’à conter sur la chance.

« Pas de chance. Une préférence, ou quelqu’un à une pièce pour tirer au sort ? »

Oui, il avait une loupe dans son sac, ainsi que tout un tas de choses inutiles, mais ni pièce ni dynamite ou autre kit de survie qui leur aurait facilité la tache. Peut-être avait-il gardé une boussole dans une poche pour les orienter plus tard, et encore, il n’en était même pas certain. Comme dans cette situation, tout reposait sur la chance, et uniquement la chance. Il préférait laisser la responsabilité de ce choix à d’autres, et il s’en contenterait. Les jeux de hasard, ça n’avait jamais été sa tasse de thé.
Contenu sponsorisé
Lonely together, Partners forever [PFA ♥] Empty
Re: Lonely together, Partners forever [PFA ♥] -
Lonely together, Partners forever [PFA ♥]
Page 1 sur 5Aller à la page : 1, 2, 3, 4, 5  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Deus Academia :: Le Monde des Humains :: Périphérie-
Sauter vers:

Attention :
Ce RP contient des passages violents ou/et particulièrement gores. Il est déconseillé à la lecture aux moins de 18 ans.
Continuer à lireQuitter cette page